Signora mia Oss
lersèra ricevei la lettera di V. S. 111. per via del Signrc Vaidelli ; et la ringrazio umilmènte del favore chè ella mi fa di scrivermi , chè mi da mille consolazioni.
La Madré dunque per providentia particolare d'Iddio, si trovo instrada e giunta in Borges quando ricevei il memoriale del Ser. Prencipe, e cosi da Borges verra corne credo qui da Parigi per fundar un monasterio ; perche se bene la morte del Cardinale Periene mette un pocô di diflicolta aile disposizioni , chè egli vi haVeva
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messi, tutlavia vedo, dtà poqô a pocô, vanno disparendo et da que&ta città ml ritorno passera in Digione, ovo le cosc sonno apparechiate per la fondazione di un altro nionasterio e alla prima posta andare m Tonno se pur le cose si trovaranno in stato di tlovervo far la fondazione; e cosi spero, cliè senza perdere tempo, eir a impieglierà bene le giornale parche Sua Divina Maestà l'agiuti e conforti.
L'Ill. Sig. conte sta molto bene e der gratia sua mi da tutti li segni d'amorevolezza, chè si possono desiderare. E per strada mi disse cliè vol va parlai' meco délie cose di V. S. 111. ; ma sin adesso non l'ha fatte, ne credo Chè sia per farlo cosi preste essendo assai occupato intorno alli negozii, chè tutti sopra le braccia sua ricadono e sopra quelle dell' 111. Sig. Marchese suo fratello. Il viaggio e stato buonissimo. Il S. nostro Padrone essendo venuto allegramente, e havendo ricevute moltissime carezze e applausi generali de grandi e minimi, o^nune benedicendo Iddio et la casa de Prencipi nostri e testificando un fervor particolare per il motivo ricercato; et li cinque giorni di navigatione, ho havuto tempo da godero la presenza del Ser. Card. non senza parlare d' moltissime cose buone e due volte il giorno sua Altezza legena libri francesi per andar di più in più imparando la lingua e le cose di questo regno. E anco aile volte vogava e mi faceva vogare con lei : pensando al principio chè io non sapessi quell' arte , nella quale tuttavia s'è trovato chè io era dottore. Essendo giuntia Orléans, incontrati da monsieur de Betune e di Modena M.imo stati due giorni per riposare un poco e sm il porno di tutti i Santi. S.A. fece la S,na communione epoi a piccole giornate siamo venuti qui; e non si puô dire con quante honore fu ricevuta S. A. ne quanto fusse il
popolo cliè venne fuor per vederla : ne si è vcclutto di memoria d' uomo tanta folla per entrata de principe.
Il Re poi la Regina, Monsieur fratello del Re, Madama magiore et minore fecero con esso grandissime feste, ma sopra tutti il Re chè tutti li suoi dicono haver fatto segni straordinari di allegrezza. Madama magiore e compitissima havendo scolpita la maestà e benignità ne! volto; e è grande per l'età sua ; e ha una gratia incomparabile a carrezzare con modestia e gravita singolare. Il suo predicatore , molto mio amico e uomo di gran pietà mi disse, chè haveva una divozione singolare una prudenza squisita e una bontà notabilissima. É non si puô dire poi in chè conceto sià que il nostro principe magiore tutti lo chiamano specchio de' Prencipi , in bonta verso i popoli, in pietà, in fortezza, e in summa in tutte le parti chè si possono desiderare. E quanto a S. A. S. ella ha tutti spiegati quei particolari doni chè non si possono numerare e le lodi sue si pubbliche corne private e non ho torto perché so chè simandaranno relazioni particolari di tutto il viaggio e de tutte le cose successe qui.
Solamente chè ho trovato Parigi con tanto accrescimento di divozione chè è un stupore e quel chè e sopra tutto il Re ha un concetto tanto alto délie Sn,a religione catholica chè si ha da sperare ogni benedizione in questo regno.
Al buon padre D. Giusto mille et mille saluti e non mancaro di fare tutti li ufiîcy chè si potranno per sua congregazione neh" occorenze. Iddio sia eternamente lodato e egli dalla sua sancta mano tengha e benedica V. S. 111. délia quale io sono humilissimo e certissimo servitore,
Francesco, Vescovo di Ginevra .
Illustrissime Seigneur,
Hier soir j'ai reçu la lettre de V. S. 111. par le moyen de M. Vaidel, et je vous remercie humblement de la faveur que vous me faites de m'écrire qui me donne mille joies.
La Mère , par une providence particulière de Dieu , s'est trouvée en chemin , et arrivée à Bourges quand j'ai reçu le mémorial du sérénissime prince , et ainsi de Bourges elle viendra comme je crois à Paris, fonder un monastère si la mort du cardinal Prince n'apporte un peu de difficultés dans les dispositions qu'il avoit suggérées; cependant je vois que peu à peu ces difficultés vont disparaissant, et de cette ville, à son retour, elle passera à Dijon où les choses sont préparées pour la fondation d'un autre monastère; ensuite elle ira àïurin si les choses se trouvent en état pour la fondation ; ainsi j'espère, que sans perdre de temps , elle emploiera bien les journées pourvu que Sa Divine Majesté l'aide et l'encourage.
L'illustrissime comte se porte fort bien, et il a la bonté de me donner toutes les preuves d'affection qu'on peut désirer. En chemin , il me dit qu'il vouloit parler avec moi des affaires de V. S. 111.; jusqu'ici il ne l'a pas fait, et je ne crois pas qu'il le fasse de si tôt étant très occupé des affaires qui lui tombent sur les bras, et de toutes celles du marquis son frère. Le voyage a été très heureux. Notre sérénissime maître a voyagé très gaîment, il a reçu beaucoup de caresses et d 'applaudisse-
mens de la part des grands et des petits, chacun bénissant Dieu et la maison de nos princes, et témoignant une ferveur particulière pour l'objet de notre demande. Pendant les cinq jours de navigation , j'ai eu le temps de jouir de la présence du sérénissime cardinal , non sans lui parler de beaucoup de choses bonnes : deux fois par jour, S.A. lisoit des livres françois pour apprendre de plus en plus la langue et les choses de ce royaume.
Quelquefois il ramoit et il me faisoit ramer avec lui, pensant d'abord que je ne connoissois pas cet art, dans lequel il s'est trouvé toutefois que je suis docteur. Etant arrivés à Orléans nous avons trouvé M. de Béthune et M. de Modène;lànous nous sommes reposés deux jours, jusqu'au jour de la fête de la Toussaint. S. A. a reçu la sainte communion, et ensuite à petites journées nous sommes venus ici. On ne peut pas dire avec combien d'honneur a été reçue S. A. ni à quel nombre étoit le peup'e qui vint au-devant de nous pour la voir. De mémoire d'homme on n'a jamais vu tant de foule pour une entrée de prince.
Le Roi, ensuite la Reine, Monsieur, frère du Roi, Madame aînée et Madame jeune firent au prince de très grandes fêtes , mais par-dessus tous , le Roi : tous les siens disent qu'il a donné des signes extraordinaires d'allégresse. Madame aînée est très agréable , ayant sur le visage l'empreinte de la majesté et de la bonté. Elle est grande pour son âge , elle met une grâce incomparable à caresser avec modestie et une gravité singulière; son prédicateur, qui est beaucoup mon ami et homme de grande piété, m'a dit qu'elle avoit une dévotion remarquable, une prudence exquise et une bonté très notable, On nepeut dire en quelle estime est ici notre
Prince aîné : tous rappellent le miroir des princes en bonté pour les peuples, en pi été, en courage, et enfin dans toutes les vertus qu'on peut désirer.
Quant à S. A. S. elle a développé tous ces dons rares qu'on ne peut compter. On ne fait que son éloge en particulier et en public, et je n'ai pas tort de le dire, car je sais qu'on enverra des relations de tout le voyage et des événemens qui ont eu lieu ici.
J'ai trouvé à Paris un tel accroissement de dévotion que j'en suis émerveillé. Le roi surtout a une si haute idée de la sainte religion catholique qu'on doit espérer mille bénédictions dans ce royaume.
Au bon père D. Juste mille et mille saints ; dans la circonstance, on ne manquera pas de faire tous les bons offices qu'on pourra pour sa congrégation.
Dieu soit éternellement loué, qu'il soutienne et bénisse de sa sainte main V. S. 111. , de laquelle je suis
Le très humble et le très assuré serviteur, François, Év. de Genève.
A S. A. VICTOR-AMEDEE , PRINCE DU PIEMONT
Sur la conclusion du mariage du Prince avec Marie-Christine de France , sur les vertus de la princesse , et sur le Prince Cardinal en la cour de France.
Paris, 18 décembre 1618.
Monseigneur,
En cette ge'ne'rale allégresse de tout ce royaume sur l'heureuse conclusion du mariage de V. A., je ne puis ni ne dois m'empêcher de rendre quelque témoignage de la mienne, laquelle, certes, est d'autant plus grande, que d'un côté je suis plus obligé à la bonté de V. A. , et de l'autre j'ay reconnu plus particulièrement un très parfait assemblage de perfections en Madame, au visage , au maintien, au parler, en la conduite de laquelle on remarque tant de traits de bonté, de prudence, de douceur et de dévotion , qu'on ne sait discerner laquelle de ces perfections y est plus parfaite. Et parce que la Ste Ecriture dit que le mari d'une femme bonne est heureux, je puis dès à présent augurer toute sorte de bonheur à V. A. pour ce regard, et en bénit N. S. de tout mon cœur, puisque comme la même Ecriture nous annonce , la maison et les richesses nous sont acquises par nos pères , mais la femme sage et vertueuse ? à propre-
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ment parler, est donnée comme un précieux présent
de la libéralité divine.
Au surplus, Monseigneur, je ne sçaurois exprimer avec combien de grâce Monseigneur le Cardinal se comporte en cette cour, et combien il est adroit à mêler la qualité de grand prince que sa naissance lui a donnée, avec celle de très digne cardinal que sa profession lui fait tenir, alliant admirablement bien la franche et générale courtoisie qui est si désirée et estimée de cette nation, avec la modestie et bienséance qui y est si précieuse comme par tout le monde.
Ainsy donques, Monseigneur, à Dieu soit de toutes parts honneur et gloire avec très humble action de grâces pour les consolations qu'il donne et qu'il prépare encore à S. A. Sér. et à la vôtre, de laquelle je suis sans lin ,
Monseigneur ,
Vostre très humble, très fidèle et très obéissant orateur et serviteur,
François, Ev. de Genève.
ii. 10
a4oe LETTRE
Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au monastère de la Visitation de Pigncrol.
A MADAME DE CHANTAL
Saint François lui annonce qu'il a prêché à Paris devant la reine Marie de Médicis.
24 décembre 1618.
Oui, ma fille, j'ai prêché ce matin devant la Reine et tout son beau monde ; mais en vérité, je n'ai pas prêché avec plus de soin , plus d'affection , plus de plaisir qu'en ma pauvre petite Visitation.
Ah! ma fille, que la vive présence du Roi et de la Reine du ciel, font bien éclipser devant les yeux de notre cœur toutes autres grandeurs de la terre.
24 il LETTRE
I'iiTc de la copie authentique conservée dans les archives de la maison Verri , à Milan.
A UNE DA3IE
Saint François la console des afllictions que lui causent les égaremens de son fils.
Paris, ô janvier 1619.
Vous aurez je m'asseure , receu deux lettres, ma très chère mère, quand celle-ci arrivera, et croyez que je ne perdrai désormais null' occasion. Je suis grandement en peine de votre affliction, bien que je n'en sache pas les particularités; mais je voy bien par ce peu de paroles que vous m'écrives que vous la sentez vivement. Ma très chère mère, cette vie mortelle est toute pleine de tels accidens et les douleurs de l'enfantement durent souvi nt plus que les sages-femmes ne pensent. En quelles occurrences pouvons-nous faire les grands actes de l'invariable union de nostre cœur à la volonté de Dieu , de de la mortification de nostre propre amour, et de l'amourde nostre propre objection et en somme de nostre crucifixion, sinon en ces si aspres assauts. Ma très chère mère, vous ay-je pas souvent intimé la nudité de toutes 1 réatures pour se revestir de Nostre Seigneur crucifié?
Or sus, Dieu sera au milieu de votre cœur qui vous
affermira, et j'espère qu'il conduira ce iïls à bon port et que vous aurez encore la consolation intérieure de le savoir. Je me porte fort bien, et je pense qu'aujourd'hui on résoudra sur nostre affaire qui a esté grandement agité. Plus je vay avant en la connoissance du monde plus j'estime heureux ceux qui sont à Jésus-Christ, quoy qu'ils endurent pour luy. Je n'ay seulement pas loysir de revoir vostre lettre pour voir si j'y oublie rien. A Annessi tout va bien, grâces à Dieu. Le bon M. de Forax est un peu malade et grandement en peine sur le sujet de sa prétention. C'est, à mon gré, le plus digne d'amitié qu'il est possible de voir. Mon frère est encore aussi un peu mal de son pied. J'ai eu un certain engourdissement de jambes qui passa et ne m'a nullement empesché d'aller et faire tout ce que j'ai voulu ; j'avois grand désir de voir Monseigneur nostre Archevesque, mais puisqu'il ne vient pas je me resjouis en la consolation que vous avés de sa présence. Je luy baise très humblement les mains , et salue de tout mon cœur nos très chères sœurs. Que suis infiniment, ainsy que vous savés , ma très chère mère , même en une façon incomparable ,
Très votre ,
François, Evesque de Genève.
Dl S. FRANÇOIS DE SALES.
a4ae LETTRE.
L autographe apparlicnt à M. lo chevalier Garrou , commandant de Thonon.