V MADAME DE C1IANTAL, A LA VISITATION, A BOURGES
tuiHa réception clans le monastère , de deux sœurs , et sur le m.i riage du prince du Piémont.
A Paris, 9 janvier 161t>.
Ma très chère mère ,
Je revieDS assez tard des Bénédictines où grâces à Dieu j'ai reçu, au giron de l'église, un fort honnête gentilhomme , de bon esprit et de bonnes lettres ; et si je dois prêcher demain, c'est pourquoi je vous répondrai courtement à vos lettres précédentes. Nous ne vous enverrons pas encore ni l'une ni l'autre de ces Dames, l'une qui est la mariée, parce qu'elle ne veut donner que cinq cents francs de pension, se soumettant, quant au reste que sa fille de chambre, étant éprouvée, si elle n'est propre à demeurer , on la puisse chasser, et pour ses moyens, bien qu'elle ne se détermine à rien, si me semble-t-il qu'elle se laissera conduire. L'autre qui est, à mon gré, une brave et digne femme, parce que voulant meshuy essayer si nous pourrons Caire réussir notre dessein sans ce bon Seigneur qui • la vérité est incomparable à tenir les affaires en Ion-
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gueur, nous aurons grandement besoin d'elle et de sa conduite qui est très bonne; ce sera éternellement mon sentiment qu'on ne laisse jamais de recevoir les filles infirmes en la congrégation , sinon que ce fut des infirmités marquées aux règles, telle que n'est pas celle de fille qui n'a point d'usage de ses jambes , car sans jambes on peut faire tous les exercices essentiels de la règle, obéir, prier, chanter, garder le silence, coudre, manger ; et surtot avoir patience avec les sœurs qui la porteront quand elles ne seront pas prêtes et promptes à faire la charité. Car il faudra souvent qu'elle suppute celles qui la porteront, si l'esprit de dilection ne les porte. Si donc elle a de quoi nourrir celles qui la porteront, je ne vois rien qui doive empêcher sa réception , si elle n'est point estropiée de cœur.
Ains je l'aime la pauvre fille, de tout mon esprit.- Notre M. de Goufiier ne s'en ira pas, et je vais épiant une bonne commodité pour revoir un peu son esprit. Vous ne doutez plus de notre mariage, je m'assure, car vous aurez su meshuy qu e le contrat fut so» lennisé il y a 9 jours; que tout s'est passé avec un bonheur non pareil. Les ambassadeurs ont visité notre chère petite Madame, avec titre de Votre Altesse et conjouissance de son mariage. C'est la plus brave princesse qu'il est possible de voir. Le Roi a écrit à M. le Prince du Piémont , avec le titre de beau-frère ; le roi d'Espagne a rendu témoignage d'agrément. En Piémont, en Savoie on a fait des allégresses incroyables. Les fêtes de Noël , lorsque le prince eut reçu les couleurs des faveurs, ou les faveurs de couleurs de Madame , et le prince publia un cartel pour un tournois général , auquel il invita toute l'Italie à venir voir mourir à ses pieds tous ceux qui diront que l'amaranthe n'est pas la plus belle de
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toutes les couleurs, et la princesse qui favorise cette couleur, la plus digne qui eut jamais été, et que chevalier qui est son esclave , n'est pas le plus heureux du monde ; mais certes je ne sais pas trop bien l'histoire de ce cartel , aussi n'est-elle pas trop propre pour être lue en réfectoire. Je veux dire en somme que notre mariage est fait ; et Son Altesse ne lit jamais tant de démonstrations d'une joie véritable et extraordinaire comme il fait maintenant. M. le Prince sera ici dans trois semaines, voilà pour ce point.
Monsieur le baron de Chantai me lit presque mentir quand je vous écrivis, car il arriva céaux comme j'avois envoyé la lettre , et commença fort à s'apprivoiser avec moi , mais il ne me parla point de ses affaires. Je ferai tous mes efforts pour le faire entrer au service de Monseigneur le Prince, et crois qu'il ne sauroit mieux faire; mais ce que je crains , c'est que d'abord on ne le mettra pas en fortune, ains faudra qu'il la gagne par la sujétion et par sa vertu , bien que moyennant cela il la fera proportionnée à sa condition. Je lui en parlerai à la première commodité , qui lui pourroit persuader que la douceur et courtoisie est incomparablement plus honorable, que la violence et fierté le mettroit au chemin de faire des merveilles. Vous savez, ma très chère mère , que la maison du prince est un monastère, et que pour chose du monde il ne veut souffrir les désordres , et bien que venant ici il veuille s'accomoder à la liberté du pays, si est ce qu'il la veut vertueuse. Somme donc si ferai tout mon pouvoir pour le fils de ma très chère nure , le frère de ma très chère sœur et le neveu d'un tel oncle qui m'en écrit. M. de Forax le rencontra, et se firent mille caresses; mais parce que c'étoit en rue ils ne parlèrent de rien. Ce qui tient en peine M. de Forax
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c'est, premièrement, qu'il ne sait où aller prendre la finale conclusion de son mariage ou de sa présentation , puisque Mademoiselle de Chantai n'est pas auprès de vous , et que ni elle sans vous , ni vous sans elle ne ferez rien. 2° Je ne sais encore si M. de Chantai le voudra, mais de ce second il s'en pourra éclaircir. 3° Il ne sait ni combien on lui donne de dot , ni si elle sera liquide , ou s'il faudra la prendre des mains de M. de Chantai. Pour moi j'explique ces choses à ma façon n'entendant rien aux termes et cérémonies avec lesquelles il faut procéder en une affaire que je ne fis jamais, Dieu merci, et je vous assure que le pauvre garçon n'en est guères plus grand docteur que moi ; oui bien en toutes sortes de vertu , piété et courtoisie , et lui est advis qu'encore qu'il n'épouseroit pas Mademoiselle de Chantai , laquelle pourtant il a bien envie d'épouser, il ne laisseroit pas d'être votre fils.
Mon engourdissement de jambes n'est rien de douloureux ni qui m'empêche de marcher , dès que j'ai fait dix ou douze pas. Je pense que c'est que je suis vieux. En somme ce n'est rien, je vous assure.
Mon frère est au lit , mais il se porte bien. M. Flocard est toujours ici notre camarade , et toujours plein de vertu et de respect pour vous.
Dieu vous bénisse et toutes nos sœurs ; mais Dieu vous bénisse , ma très chère mère , que je chéris plus que moi-même ou comme moi-même.
Je m'envais faire réponse à Monseigneur notre Archevêque , et puis à M. du Puits d'Orbe qui m'a envoyé homme exprès. Ma très chère mère je suis tout votre.
a43c LETTRE.
L'original es) conservé aux archives do la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Saint François excuse madame de Sainl-Gcorgede n'avoir pu , à cause de sa grossesse , accompagner la Princesse en Piémont,
Paris, 19 juin 1GI9.
Monseigneur ,
La bonne Madame de St-George fait elle-mesme par lettre ses excuses à V. A., de quoi elle ne s'est peu mettre en chemin pour suivre Madame ; mays elle n'a pas l'asseurance de nommer la cause de son retardement , par ce qu'elle est extraordinaire pour elle; qui n'ayant peu devenir grosse en tant d'années de son mariage , a rencontré ce contentement en celle-ci comme plus heureuse pour la bénédiction des noces; et d'autant qu'elle m'a prié de l'escrire cà V. A. Je l'ay fait, Monseigneur, suppliant encor pour moy vostre bonté de se ressouvenir que je ne suis plus icy il y a quelques moys , que pour y attendre les commandemens qu'elle me fera au retour de M. Carron , puisqu'elle me l'a ordonné ; et qu'en tout je veux vivre De V. A. ,
Monseigneur ,
Le très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,
François , Ev. de Genève.
LETTRES INEDITES
A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Saint François se rappelle au souvenir de S. A.
A Paris, 28 juin 1619.
Monseigneur ,
Bien que je n'aye aucun autre sujet d'escrire à V. A. , si est ce que ayant prié ce gentilhomme mon ami , et qui est grandement affectionné à la Mayson de V. A. , de lui faire la révérence de ma part ; je luy donne ces quatre lignes pour gage , et en toute humilité je demeure ,
De V. A. ,
Monseigneur ,
Très humble , très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,
François , Evêq. de Genève.
DIS S. FRJtBfiOU DE SALES. '2-) I
^45e LETTRE.
L original existe aux archives de la cour de Turin.
A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Sur le duc de Nemours , et sur madame de Saint-George.
A Paris, 4 juillet 10 lt).
Monseigneur ,
Je remercie très humblement V. A. du soin qu'il luy a pieu de prendre de m'advertir du retour de M. Carî on , et attendray cependant les commandemens qu'elle me fera pour les affaires qui regardent Monsieur le duc de Nemours , qu'on m'asseure devoir revenir icy samedi , avec Madame sa femme , que l'on dit estre grosse. Dieu, par sa bonté, prospérera parfaitement V. A. , Monseigneur , s'il luy plait exaucer les vœux
De Votre très humble et très obéissant orateur et très fidèle serviteur ,
François , Evèque de Genève.
P. S. Monseigneur, j'ai veu Madame de Saint George de la part de V. A. à qui elle bayse très humblement les mains et luy fait la révérence avec actions de grâces de la souvenance qu'elle a eu d'elle.
ik& LETTRE.
L'original appartient aux archives de la cour de Turin.
A S. A. CHARLES EMMANUEL Ier, DUC DE SAVOIE.
Saint François recommande aux bontés de S. A. le collatéral de Quoex , détenu à Gliambéry pour la somme de mille ducalons.
A Paris, 11 juillet 1619.
Monseigneur ,
Ayant sceu la peine en laquelle se treuve le sieur Collatéral de Quoex détenu es prisons de Chambëri , pour la somme d'environ mille ducatons , es quelz il a esté condamné par quelques uns des seigneurs sénateurs et maistres des comptes , à ce députés spécialement. Asseuré que je suis d'ailleurs, qu'en tout ce dont il a esté chargé , il n'a commis aucune faute malitieuse , ni manqué en chose quelconque à la très humble sujettion qu'il doit à Y. A. , en laquelle et luy et tous les siens ont toujours vescu très fidèlement; et de plus estant fidèle tesmoin, qu'en l'occasion qui se présenta en Genevoys , il y a quatre ans , et lui et son frère rendirent force bons et laborieux tesmoignages de leur zèle au service de Y. A, Je ne puis m'empescher de la supplier très humblement, et si elle me permet de la conjurer par sa propre bonté de tendre sa main secourable à cet homme de bien et d'honneur , pour la retirer de la
ruine en la quelle son malheur et non aucun forfait le va précipiter. Il n'y a au monde personne si sage ni si juste, au quel on ne treuve quelque chose à censurer, si à toute rigueur et curieusement on espeluche par le menu la suite des actions de plusieurs années ; mays, Monseigneur , quand les fautes sont sans malices, sans ilol , sans mauvaise intention, et de nulle conséquence, la clémence des grands princes ni mesme l'équité ne permet pas à leur justice d'user d'autre correction que de celle d'une répréhension etd'unadvertissement. Et surtout, Monseigneur, la débonaireté et grandeur de courage de V. A. n'a jamais manqué de support pour les bons, qui me fait espérer que celuy-ci en trouvera encor abondamment , et que ma très humble supplication sera receue agréablement comme conforme à la magnanimité que chacun admire en V. A. , à laquelle souhaitant incessamment toute sainte prospérité ,
Monseigneur, je suis invariablement ,
Très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,
François, Evesque de Genève.
247e LETTRE.
L'autographe est conservé aux archives de la cour de Turin. A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Saint François parle à S. A. des revenus du duc de Nemours ; il la supplie de permettre qu'il retourne à sa résidence.
A Paris, 29 juillet 1619.
Monseigneur ,
La lettre que V. A. a escrit à M. le duc de Nemours a esté receue par luy trois jours avant que la copie m'ayt esté remise en main , de sorte que desjà il m'avoit parlé sur le sujet d'icelle, non sans se clouloir du retardement, pour l'article qui regarde son payement, deu par le sieur Bonfilz dès il y a long-temps, à ce qu'il dit , et par le manquement du quel toute sa mayson et ses affaires sont extrêmement incommodés ; dont il ne peut espérer le remède que de la promesse qu'il a pieu à V. A. de luy faire, d'avoir du soin et de la bienveillance pour luy qui , à la vérité, n'est pas sans beaucoup d'inquiétude parmi la nécessité en laquelle il se treuve, ayant si peu de revenuz de deçà où ses terres sont presque toutes engagées, et ne jouissant de celuy qu'il est en Savoye, qui est son fond principal. Je me suis essayé de le soulager de parole et d'accroistre la confiance qu'il a en V. A. , selon le commandement de la quelle j'arresteray ou partiray ainsy qu'il lui playra ,
ne doutant pd&nt qu'elle ne fasse toute la considération requise du devoir que j'ay de retourner en ma résidence soudain , quelle jugera que mon retardement de deçà ne pourra plus estre utile à son service. Et tain lis , priant Dieu pour la prospérité de V. A. ,
Monseigneur ,
Je suis vostre très humble , très obéissant , et très lidèle orateur et serviteur ,
François , Év. de Genève.
Tirée du registre des lettres de Saint François de Sales, conservé aux archives de la cour de Turin.
I S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Sur madame de Saint-Georges.
Paris, juillet 1010.
Monseigneur ,
J'ay vu Madame de Saint George de part de V. A., à qui elle baise très humblement les mains, et lui fait U i (:véi eiu e avec action de grâces de la souvenance qu elle a eu d'elle.
\ oîre très humble et très obéissant orateur et très lidèle serviteur ,
François , Fv. de Genève.
249e LETTRE.
L'original existe aux archives de la cour de Turin. A S. A. VICTOR AMEDEE, PRINCE DU PIEMONT.
Saint François rappelle à S. A. l'ordre donné que les prébendes vacantes de Contamine fussent réservées pour la réformation des monastères, et lui parle d'un religieux de Contamine qui désire l'aire donner place et prébende à un neveu.
Anneci, 19 novembre 1C19.
Monseigneur,
Dès que V. A. eut l'heureuse pensée de contribuer son soin et son authorité à la réformation des monastères de deçà , elle donna ordre que les prébendes vacantes de celuy de Contamine fussent réservées pour estre par après appliquées selon ce dessein; or maintenant, un religieux ancien dudit Contamine ayant un désir extrême de faire avoir place et prébende à un sien neveu jeune, et ignorant, a obtenu des lettres de S. A. par lesquelles elle commande que l'on luy donne cette prébende ; mais on ne peut croire* que ces lettres soient selon l'intention de sadite Altesse, puisque elles sont contraires à la résolution prise avec tant de considération, de laquelle il se peut faire que la souvenance ne soit pas tousjours présente à S. A. ; puysque mesme, en attendant qu'on obtienne de Rome le pouvoir d'appliquer plus fructueusement ces prébendes, on les em-
DE S. FRANÇOIS DE SALES. 2f>7
ployé à réparer les domiciles nécessaires et entretenir la sacristie de ladite église. V. A. donq est suppliée très humblement de l'aire déclarer la volonté de S. A. sur cette occasion , affîn que Ion puisse asseurément ou accorder, ou ce qui est plus désirable, refuser ladite prébende. Et tandis, je prie Dieu qu'il fasse de plus en plus abonder V. A. en ses bénédictions, et suis,
Monseigneur ,
Vostre très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur ,
François, Ev. de Genève.
25o* LETTRE
Tirée du registre des lettres de saint François- de Suies, conservé aux archives de la cour de Turin.
A S. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE.
Saint François supplie S. A. d'accorder aux sœurs de Sainte- Claire d'Évianla place et les masures do château tVKvian poury bâtir leur couvent , et il lui envoie le projet pour la réformation des monastères.
Anneci, 17 décembre 1019.
Monseigneur,
Les sœurs de Sainte-Claire d'Evian font supplication
à V. A. pour avoir la place et les masures du château
de ce lieu affin d'y bâtir leur couvent, puisque M. le
marquis de Lulliu témoignera que cela ne peut en rien
ir. 17
nuire à la conservation de la ville; et puisqu'elles ont encore désiré mon intercession auprès de V. A., je la fay très humblement ajoutant qu'il n'y a comme je pense aucun monastère de cet ordre-là qui fleurisse plus en véritable dévotion que celui-ci.
J'envoye aussi à V. A. le projet dressé par son commandement pour la réformation des monastères de deçà les monts; duquel la lecture ne sera point hors de saison parmi ces fêtes , puisque tout le dessein regarde la plus grande gloire du Divin Enfant, la naissance duquel on célèbre, et que je ne cesserai jamais de supplier qu'il fasse de plus en plus prospérer V. A., Monseigneur, De laquelle je suis
Très humble? très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,
François, Év. de Genève.
a5 ie LETTRE.
L'original est conservé aux archives de la cour de Turin.
A S. A. VICTOR AMÉDÉE , PRINCE DU PIEMONT
Sur la nomination de son frère , Jean-François, à une coadjulorerie.
Anneci , 6 mars 1G20.
Je ne me puis taire sur la nomination de mon frère à une coadjutorie, car les grands coups de la faveur,
comnio ceux de la douleur, excitent , qui que ce soit, à parler; et si je ne puis rien dire à V. A. sur ce sujet, qui ne soit grandement au-dessous de mon sentiment. Kt pour cela je me contenteray de luy en faire très humblement la révérence, et l'asseurer, que comme elle pouvoit gratifier grande multitude de gens de plus de mérite, aussi n'eût-elle peu en regarder de plus de iiclélité et d obéissance que mon dit frère, et moy, qui ne cesserons jamais de louer Dieu de quoy il m'a rendu par tant de devoirs,
Monseigneur,
Très humble, très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,
François, Evêque de Genève.
25a« LETTRE.
L'autographe appartient à M. Métrai, curé de Magland.
A M. DE TARDY, CONSEILLER-d'ÉTAT DE S. A., PRESIDENT AU SOUVERAIN SÉNAT DE SAVOIE.
Saint François lui recommande les religieux elles habitans de Six, qui ont un procès à soutenir devant le Sénat.
Annecy, 18 mars 1020.
Monsieur ,
Outre que les vénérables religieux de Six , pour leur bonne vie et affection à la réformation luériteni
d'être protégés, l'affaire qu'ils ont maintenant prenant son origine en partie de la visite que j'y ai faite, et en laquelle je puis bien prendre Dieu mesme à tesmoin d'avoir eu seulement son service en veue , et en laquelle de plus je n'ai presque rien ordonné qu'après avoir par raysons tiré le consentement amiable des parties; je me sens obligé de faire avec lesdits religieux une mesme supplication auprès de vous, affin qu'il vous playse de les favoriser en la conservation de leur bon droit, en quoy vous ferés chose grandement agréable à N. S. et qui m'obligera extrêmement , qui suis à jamais,
Monsieur,
Yotre serviteur très humble,
François, Év. de Genève.
P. S. Monsieur, les habitans de Six pour leur grande misère, sont dignes de compassion, et pour leur piété sont dignes d'estre affectionnés; c'est pourquoy je ne fais point de difficulté de vous supplier très humblement de leur départir votre justice et faveur en la conservation de leurs bons droits.
2j3c LETTRE.
L'original est conservé dans la bibliothèque Ambrosiaua, de Milan.
A SA GRANDEUR MONSEIGNEUR LE CARDINAL FREDERIC BORROMÉO , ARCHEVÊQUE DE MILAN.
.Saint François lui rend grâces pour l'envoi des reliques de saint Charles Borromëe.
lu Anncssi, alli 23 di nprile 1G20.