‹ Nouvelles lettres inâeditesChapitre 51 sur 57 · SAINTE CIIANTAL A SAINT FRANÇOIS DE SALES · texte numérisé non relu

SAINTE CIIANTAL A SAINT FRANÇOIS DE SALES

Sur des constructions à faire dans 1 église et chœur des religieuses.

50 octobre.

Vive Jésus !

Monsieur, je crois que le balustrepour clore l'autel sepourroit différer jusqu'à ce que nous soyons là , afin que nous donnions la façon pour le faire , en sorte qu'il puisse servir pour une plus grande église. Nous les faisons assez hauts , toutefois si vous jugez qu'il soit nécessaire en ce commencement, il suffira de le faire faire légèrement f de bois de sapin , mais toujours haut assez, afin que l'on ne puisse passer par dessus aisément. Si le soupied de votre chœur n'est plus haut que de deux marches que celui de l'Eglise , ne sera nul besoin de faire une tribune, et faudra seulement prendre l'hauteur convenable du côté des séculiers , pour poser la grille ; car la notre est posée à un pied et demi d'hauteur du côté du chœur des religieuses , et de celui des séculiers il y a trois pieds ou trois et demi pour le moins. Il faut que les pilliers du balustre des grilles soient ronds tous

d'une même , sans façon, mais tournés et fort menue; Pour le tablerai, si vous le jugez nécessaire, nous vous en laisserons l'aire comme vous jugerez mieux. Puisque lé prit cle la maison est fait , et que l'on est d'accord pour les payemens, nous passerons le contrat quand il plaira à monsieur le Chevalier; mais je pense que ce sera assez à temps quand nous serons là. Je prie Dieu qu'il soit votre récompense de tant de charité et de travail par lequel vous nous obligez si étroitement. Mille très humbles saluts aux bons Pères , et à tous les amis et amies, s'il vous plaît.

Je demeure , Monseigneur, votre très humble servante en N. S. J. C. ,

Fremiot , de la Yisitaion Sainte Marie , *

327e LETTRE

Communiquée par M. le comte de Sales, ambassadeur de Sardaigue près la cour de France.

A MADAME DE MATRENS.

Saiot François s'excuse d'être parti de la Savoie sans l'avoir vue, et la prie de n'attribuer l'omission de ce devoir qu'à la force des circonstances cl non à un sentiment d'ingratitude.

Madame ma sœur,

Ne pensés pas, je vous supplie, que je sois party de Savoie sans vous voir ny par bravade ny par mescon-

noissance du devoir que je vous ay;non, ce fut par contrincte et pour ne pouvoir pas fayre autrement ; trouvés bonne ceste excuse et ne laissés pas de continuer àm'aymer et à prier pour moy et pour mon retour qui sera quant et quant que jauray donné soin aux affaires que je suis venu traiter en cette cour. Tenés vous allègre et me tenés en vostre bonne grâce et en celle

de Monsieur mon frère.

Je souhaiste mille bénédictions à mon petit neveu et à vous aussi qui estes ma bonne sœur, et je suis, s'il vous plaît ,

Madame,

Votre très humble et affectionné frère m et serviteur,

François de Sales.

P. S. Quand vous verres mesdames de La Faverge et de Limognon, de grâce salués les bien humblement de ma part et dittes à madame de La Faverge que M. l'Evesque a receu nouvelles desaffyyres démon cousin son fils.

DE S. FRANÇOIS DE SALES. 38.'i

3a8c LETTRE.

l/origiual est conservé aux archives de la cour de Turin.

LE COMTE SENCLIA DE VERRUA , AMBASSADEUR DES. A. CHARLES EMMANUEL 1er, DUC DE SAVOIE, PRES LA COUR DE FRANCE , A S. A. LE DUC DE SAVOIE.

Il lui parle de la rémission du corps de saint François de Sales.

Liouc, li 4dcl 1023.

Serenissimo mio Signore,

In esecuzione del comando di V. A. ho parlato a monsieur d'Alincourt e ail' intendente délia giustizzia di questa città, per rihavere il corpo di fu monsignore Vescovo di Ginevra , e quandô sii il gusto di V. A. siamo caduti in questo concerto :

Chè si habbi a vedere quello ne dispone il suo testamento, e trovandosi chè egli si lasei alla chiesa délia Visitatione d'Annesi, quà renderanno il corpo per esse sepolto cola. Verô è questa città e le monache di questo convento délia Visitatione di questa citta , supplicano V. A. chè vuogli trouar bono, chè essendo state fondate da esso ritenglano il cuore; essendo anco morto il suddetto in una casa loro. Quando il testamento portasse chè fosso sepolto ove si trouarrebbe che venissea moine , in questo caso converra non pubblicare il testamento , ma havendosi un ordine da S. M. a questo intendente de fur tenere questo corpo a V. A. L 'inten-

dente délia giustizzia mi ha assicurato cliè non ostante ogni opposizione di questa citta, fara rimettere il corpo a V. A. , ritenendone il cuore ; e se in quel caso Y. A. volesse lasciar quà il corpo per non rompere quello porta il testamento, il suddetto intendente fara donar il cuore a V. A. Netto questo consiste in quello risultara dalli testamente fatti da monsignore di Ginevra. Il collatérale flocardo chè era meco non ha saputo chiarire questo punto , è parte dimani , e fara quà tenir il detto testamento, il quale, quando portasse di esser sepolto in questa chiesa délia Visitatione, l'intendente délia giustizzia vole in ogni modo vedere il detto testamento e promette chè nel caso non pubblicara a persona iï testamento e attendera chè io le procuri di farle havere uno ordine del Re da Parigi : e retinendo il cuore farà havere a V. A. il corpo ; e quando per il testamento si disponghi alla chiesa d'Annesi si rimettera incontanente, il corpo a V. A., ma vogliono quà il cuore chè gia hanno fatto mettere e inbalsamare a parte. Il chè è quanto mi occorre ; far sapere à V. A. alla quali faccio umilissima riverenza.

Umillissimo fidelissimo et obbedientissimo servo et vassallo,

Senglia.

Mon Sérénissime Seigneur,

En exécution des ordres de V. A. , j'ai eu une conférence avec M. d'Alincourt et l'intendant de justice de cette ville au sujet de la rémission du corps de feu monseigneur l'Evêque de Genève. Nous avons pris la détermination suivante , sauf l'agrément de V. A. :

Il s'agit de connoître ses dispositions testamentaires.

S'il a légué son corps à l'église de la Visitation d'Aniici \ , on le rendra pour y être enseveli. Mais la ville de Lyon et les religieuses du couvent de la \ isitation de la même Mlle supplient V. A. de trouver pour agréable qu'elles retiennent son cœur connue y étant autorisées par les statuts fondamentaux dudit éréque, et encore par le motif qu'il est mort dans une de leurs maisons.

Si le testament porte qu'il doit être inhumé dans l'endroit où il viendroit à décéder, il ne faudroit pas le publier, et on pourroit obtenir un ordre de S. M. pour que L'intendant livre le corps à Y. A. Ledit intendant m'a donné l'assurance que cette remise auroit lieu nonobstant l'opposition que pourroit former la ville de Lyon , et qu'il retiendroit le cœur; et dans le cas où, pour ne pas enfreindre les dispositions du testament, il plût à V. A. de laisser le corps ici, l'intendant vous céderoit le cœur. Tout ceci se trouve subordonné au résultat des clauses du testament fait par ledit Monseigneur de Genève. Le collatéral Hocardo, qui étoit avec moi, n'a pu donner aucun éclaircissement sur ce point. 11 part demain et enverra ici le testament que L'intendant veut voir , quel que soit sou contenu. 11 promet de n'en donner connoissance à personne, s'il i enferme la clause que le défunt doit être enseveli dans l'église de la Visitation de cette ville. Il attendra le résultat des démarches que je ferai auprès du Roi de Paris pour lui faire obtenir un ordre de livraison. Alors, en retenant le cœur, il fera délivrer le corps à V. A.; et si, par le testament, il étoit fait don du corps à l'église d'Annecy, on vous le remettroit incontinent, mais on veut garder le ecour ici, qu'on a fait embaumer et naetl ôté.

Quelque chose qu'il survienne, j'en instruirai V. A., à laquelle je fais ma très humble révérence.

Le très humble , très fidèle et très obéisssant serviteur et vassal ,

Senglia.

329e LETTRE

Tirée de copie conservée aux archives de la cour de Tarin.

S. A. VICTOR-AMEDEE , PRINCE DU PIEMONT, A M. LE COMTE DE SENGLIA DE VERRUA, AMBASSADEUR DE SAVOIE A LA COUR DE FRANCE.

Sur l.i rémission du corps de sainl François de Sales. Da Torino, H 13 gennaio 1025,

Magnifico cuggino nostro carissimo ,

Perché la remissione del corpo di Monsignor di Ginevra dipende o dalla disposizione testamentaria di lui, o dalli ordinidi S. M. non accède faine maggior instanza costi, ma convienne chè vi adoperiate con la Maesta Sua, remostrandole chè questo prœlato , chè sia in cielo, fu originario e résidente délia citta de Annessy, ove siccome avesse il bastone pastorale in vita, cosi anco e ragione chè dopo morte sia restituito alla diocesi et alla chiesa sua per consolatione di quelpopolo chè tanto te-

DE S. l'UANCOlS DE SALES.

ncranuMilo l'amava. (Ihèse bëtlë egîi sia niorlo in Tâone cra pcrè vehiito cola nél séguitd ribstro [ht accompa* gnàrsi in fcpleëia occasion e del viaggio ch' nabbiamo fatto per Vedere sua Maèsta, ahci impïegato liëlF âttual servifcio di Madama délia qùale era elemosinario maggÎ0T6. Chè S. A. in simili casi è ibrse ancora mono priviligiati non lia mai nogato alla rrancia i cofpi de suoi originarii, bcncho defunti ncgli stati di Ici, corne ultimamcnte avenncnella pcrsona di Monsignor diGozzia. Chè per fera paiono alquahto rigorosc le diflieolta ch'ora si t'anno di rimettere alla sua patria c alla sua cathédrale il cadaveiv di quel Monsignore : et supplicarete sua Maèsta in nome nostro di vole superare con l'autorita sua, mandando ail' intendente di guistizia di Lionc, è si fia bisogno, al signor d'Alineour, gli ordini necessarii per la remissione. Crediamo chè Sua Maèsta non ci negara questa grazia : e perché la [citta di Lione e coteste monacbè délia Visitazione diNostraSignora, hanno desiderio chè resti a loro il cuore di quel corpo, non intendiamo noi di negar glielo, et volentieri gliolo concederemo, non ostante chè il testamento, del quale sin hora non n'habbiano alcuna notizia, fosse répugnante, e cossi potete assicurarle.

Intanto Dio vi conservi.

Notre très cher cousin,

Puisque la rémission du corps de Monseigneur de Genève dépend ou des dispositions contenues dans son testament, ou des ordres de S. M., ne faites pas de plus grandes instances ta Lyon , mais agissez auprès de S. M.

Remontrez-lui que ce prélat, qui est au Ciel, étoit originaire d'Annecy où il résidoit; que s'il y a paru pendant sa vie avec le bâton pastoral, il doit, à plus forte raison , après sa mort , être restitué à son diocèse et à son église pour la consolation de ce peuple qui l'aimoit avec tant de tendresse; que, bien qu'il soit mort à Lyon , il n'y étoit venu qu'à notre suite pour nous accompagner dans ce voyage que nous avions entrepris pour voir Sa Majesté, et aussi comme étant employé au service de Madame en qualité de son grand aumônier ; que dans des cas semblables et même de moindre importance, S. A. n'a jamais refusé à la France les corps des individus d'origine française , morts dans les Etats de S. A. , ainsi qu'il est arrivé , il y a peu de temps , à l'égard de Monseigneur de Gozzia ; que jamais nous n'avons fait la moindre des difficultés qu'on nous fait éprouver aujourd'hui pour obtenir la remise du cadavre dudit Monseigneur, à sa patrie et à sa cathédrale.

Vous supplierez Sa Majesté, en notre nom, de vouloir bien interposer son autorité et intimer à l'intendant delà justice de Lyon , et, si besoin est, au seigneur d'Alincourt, les ordres nécessaires pour cette rémission.

Nous croyons que Sa Majesté ne refusera pas cette grâce ; et puisque la ville de Lyon et toutes les révérendes religieuses de la Visitation de Notre-Dame désirent que le cœur de ce corps reste en leur possession, nous n'entendons pas le leur refuser, et nous le leur concéderons bien volontiers, quand même les clauses du testament, dont nous n'avons nulle connoissance dans ce moment, y seroient contraires. Vous pouvez leur en donner l'assurance.

En attendant , Dieu vous conserve.

m s. FRANÇOIS DE SALES* $9

Traduction du latin qui se trouve dans la ID^* Lettre •, PnSe99> ^ />***&•

1 ' ' proposition : Vouloir se décharger du fardeau de Lepiscopal par des raisons de convenance, c'est un acte de vertu, ou de modestie, ou d'humilité, ou de justice, ou de charité; et je ne vois en ce fait aucun péché.

2" proposition : Celui-là est censé n'être mu que par causes justes, qui est de bonne foi dans le jugement qu'il porte de lui et dans le désir qu'il forme de se démettre, s'il s'étaye d'ailleurs sur des motifs plausibles, ou sur les conseils d'un homme prudent, et s'il est prêt à se soumettre au jugement de ses supérieurs et à supporter son sort , quel qu'il soit , avec la même traquillité.

3e proposition : Quoique nous venions d'établir qu'il n'y a aucun péché dans la pensée ou le désir de quitter l'épiscopat, cependant il arrive souvent qu'une pareille proposition peut être l'effet d'une grande tentation et une inspiration du démon. C'est ce qui paroît résulter de ce raisonnement : lorsque le temps semble être propice pour déposer le fardeau , n'arrive-t-il pas qu'au même instant on est obligé, au contraire, de faire des efforts pour le soutenir ? Il en est ainsi de celui qui , au moment où il pense à répudier sa femme, est porté à l'aimer plus tendrement. Il seroit donc plus avantageux de s'exciter à travailler avec plus de zèle qu'on ne l'a fait jusqu i ce jour, que de vouloir rejeter tout fardeau. \ «rite , il est encore mieux de lever les yeux en haut ,

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