MADAME DE CIIANTAL A MONSEIGNEUR L ARCHEVEQUE DE TARANTAISE
Sainte Chantai entretient Monseigneur des difficultés d'établir les ara da !;i Visitation à Mouliers, et lui dit qu'elle s'en rapporter.» à son avis pour la réception des sœurs.
28 février.
Vive Jésus !
Monseigneur et très honoré père ,
La lettre dont il vous a plu m'honorer m'a donné
un grand contentement, voyant la sainte affection
que votre bonté nous témoigne , et la satisfaction que vous recevez en l'espérance d'avoir de nos chères sœurs en votre ville. Je croy que M. Moris soit maintenant auprès de vous , Monseigneur, pour tâcher d'avoir la permission de la ville , sans laquelle , sans doute , le sénat ne vérifiera pas les patentes; ainsi l'a-t-on assuré à nos sœurs. Ijes affaires rie Dieu reçoivent toujours de • les difficultés, et d'autant plus grandes qu'elles doivent davantage réhussir «à sa gloire ; mais enfin sa souveraine sagesse les fait aboutir selon son bon plaisir.
Quant aux jeunes filles , Monseigneur, que votre Seig. 111. trouve bon que l'on reçoive; nos sœurs suivront en cela vos avis , m'assurant , Monseigneur, que vous ne trouverez pas à propos que le nombre en fut grant , ni que leur âge fusse si tendre qu'elles fussent encore incapables de recevoir des instructions en piété et bonne éducation. Enfin nous nous en remettrons à votre jugement et sainte dilection paternelle. Notre bon Dieu vous accorde les grâces de son saint amour , et vous conserve longuement pour sa gloire et le bonbeur de votre peuple. Votre bénédiction à celle qui est de cœur et avec tout respect ,
Votre très bumble et obéissante fille et servante ,
Jeanne-Françoise Fremyot ,
3s5e LETTRE.
L'original appartient à Sa Grandeur Monseig* levêque d'Annecy.
MADAME DE CHANTAL A LA MERE SUPERIEURE DE LA VISI- TATION DE SAINTE-MARIE, A LYON.
Sur la mort d'une religieuse.
Vive Jésus !
Nous voici arrivée heureusement , grâce à notre bon Dieu , qui m'avoit privé de la consolation d'accompa-
gnor ma prrnvre sœur Blandine, à sou heureux passage : j<> l'almois certes particulièrement, car c'estoit une petite âme toute angélique : elle a témoigné sa véritable vertu en sa très grande douceur, patience et résignation; Ô ma vraye très chère tille , qu'elle est heureuse de jouir de la seule désirable présence de son Dieu; certes je mon suis revenue toute contente d'auprès de vous et de nos chères filles, et je trouve bien du bon avancement de toutes nos petites maisons ; nos sœurs sont fort aises de nous revoir, car elles sont bonnes. Voilà nos coutumiers , je n'ai le loisir d'ajouter ce que je vous dis ; je vous prie, envoyez-en une copie à notre sœur la supérieure de Marseille, et des directoires, car il nous faut faire écrire quantité d'autres choses : Simon veut partir demain de grand matin, de sorte que je ne puis envoyer les mémoires que vous désiriez pour le Md. P. Pierre. Bon soir , ma très chère fille, priez pour celle qui vous tient chèrement au milieu de son cœur. Je salue toutes nos sœurs; et s'il vous plaît tout à part notre bon M. de St. - Nizier. Envoyez-nous son attestation. Dieu soit béni éternellement.
L'original appartient à M. Anthoine , curé de Samoëns , diocèse d'Annecy.