‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 102 sur 110 · C. Cavour · texte numérisé non relu

C. Cavour

CCCCLXXX.

22 janvier 1861.

Mon cher ami,

Merci de votre concours électoral. Je regrette que les génois n'acceptent pas Balduino; c'est le plus intelligent d'entr'eux. Sans lui, le mobilier serait mort.

Je suis favorable à Giovanni Ricci (1). Je crois qu'il est avec moi ; d'ailleurs, comme marin, il en sait plus que tous les autres. Je le préfère à TomatL

Celui que je voudrais exclure, c'est V. Ricci (2). Comme président du comité Bertani (3), il a jeté le masque.

Je vous prie de me faire connaître, d'une manière exacte, le prix au portofranco:

(1) Le marquis Jean Ricci, contr'amiral en retraite, plus tard sénateur et ministre de la marine, (8 décembre 1862 à 22 janvier 1863, cabinet Farini).

(2) Le marqnis Vincenzo Ricci, ministre de l'intérieur en 1848 (cabinet Balbo), ami intime de Lorenzo Pareto.

(3) Le député, docteur Agostino Bertani, .né à Milan en 1815, mort & Rome, en 1836. Ami intime et collaborateur de Garibaldi, commença sa carrière en soignant les blessés de Milan, lors des célèbres cinque giornate de 1848, puis ceux de Rome, pendant la république de 1849; prit part, comme médecin, à la plupart des campagnes de Garibaldi et dirigea, en 1860, le comité siégeant à Gênes, pour envoyer hommes, argent et munitions an héros populaire, en SicUe.

1° Du sucre raffiné;

2° Du white elayed (s'il y en a);

3° Du mascovado.

J'ai besoin de ces données, pour bien apprécier la demande des frères Dufour (1), pour l'établissement d'une raffinerie à Gênes.

Votre dévoué C. Càvour.

CCCCLXXXL

Je vous remercie des lettres que vous m'avez communiquées. L'emprunt n'est pas fait. Bastogi (2) veut absolument faire voter, au préalable, la loi sur l'unification. Il en est ravi et non sans raison, car elle est fort bien rédigée.

Le projet de la Spezia est prêt. J'attends Deona, il n'y a pas une minute à perdre, si nous voulons que la Chambre l'approuve avant de se séparer.

(1) Industriels génois, fabriquants de produits chimiques et, en particulier, de sulfate de chinine.

(2) Le comte Pierre Bastogi, alors ministre des finances, banquier & Uvourne, y avait gagné une immense fortune dans l'exploitation des mines de l'île d'Elbe. Député au Parlement après l'annexion de la Toscane, il y représenta le collège de Cascina. C'est pendant son ministère que la dette nationale fut unifiée, et le Roi l'en récompensait en le créant comte. Impliqué dans la déplorable affaire de3 chemins de fer méridionaux, Bastogi, après l'enquête ordonnée par la Chambre, dut donner sa démission de député, au milieu de l'impopularité la plus générale. Il fut cependant, réélu député par le premier collège de Livourne, à la XII législature.

— Bbbt. LtUrts de C. Cawmr.

Cette queue de session est très fatigante. Je commence à en avoir assez (1).

Croyez, mon cher ami, à mes sentiments affectueux.

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