‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 11 sur 110 · C. DE CAVOUR · texte numérisé non relu

C. DE CAVOUR

30 juin 1847.

Mon cher ami,

Ne sachant pas si vous comptez vous reposer quelques heures en arrivant, je n'irai pas vous chercher à l'hôtel. Je vous attendrai chez moi avec beaucoup d'impatience, car nous avons beaucoup de choses à nous dire. J'ai fait prévenir Golzio, qui sera chez moi à 11 h. */«. À une heure, je vais avec Nigra chez Rével, lui annoncer l'acceptation définitive des conditions relatives à la Banque de Turin. Savigliano tourne mal; plusieurs personnes sont découragées, d'autres pensent qu'en faisant mine de se retirer on obtiendra de meilleures conditions. Je vous avoue que l'idée d'avoir à faire à ce gros lourdeau de Desambrois, m'effraye. J'ai remis votre billet h Jaillet (1) et annoncé à Romagnan (2) votre arrivée en ville pour demain au soir.

Adieu, au revoir.

Camille de Cavour.

(1) Alors Colonnel dans la Brigade de Savoie, pins tard Général en France, après l'annexion de la Savoie.

(2) Gendre du comte Guasco, capitaine de cavalerie, ami intime de Mr De la Rue.

Mon cher Emile,

Turin, 5 juillet 1817.

Davidy nous a écrit, à Golzio et à moi, une longue lettre relative au débarquement des rails. Ne sachant trop que lui répondre, nous l'avons envoyée à M... qui est à Milan, et nous vous engageons à venir au plus-tôt, en conférer avec moi.

Le gouvernement s'étant aperçu de la bêtise qu'il a faite, en ne s'assurant pas la Darse (1) au préalable, parle de donner une indemnité pour changer le lieu de débarquement.

Il paraît que nous allons conclure l'affaire des bois de la Pérouse. Golzio prétend qu'il y aura 50,000 francs à gagner. Cela me dédommagera de cet infâme Coq qui est enfin arrivé au Havre.

Adieu, je ne vous en dis pas plus long aujourd'hui, espérant vous avoir bientôt ici.

Camille de Cavour.

xcin.

Genève, 26 juillet 1847.

Mon cher Emile,

Je veux vous écrire deux mots pour me rappeler à votre souvenir, et vous donner quelques nouvelles. J'ai trouvé Genève moins bouleversée que je ne le craignais. L'aspect matériel de la ville n'a pas changé et les choses cheminent sans de trop grands désordres. Certainement il est triste de voirie pouvoir aux mains des gens les moins respectables (2),

(1) La Darse de Gênes, pour y débarquer les rails.

(2) Les radicaux, avec James Fazy à leur tête.

lO — Bbbt. Lettres de C. Cavour.

mais ces gens en font un moins mauvais usage qu'on aurait pu s'y attendre. Quant aux affaires suisses, il est dif- .ficile d'y voir clair. Toutefois, il me paraît que les radicaux ont moins envie de se battre qu'ils n'en ont l'air. Il se peut que tout se borne à des menaces et à des proclamations, mais qu'il n'y ait pas de coups de feu.

Les récoltes, dans la vallée du Rhône, sont magnifiques. Depuis longtemps les blés n'avaient autant rendu. On dit qu'il en est de même en France, voilà des raisons pour oublier tout à fait les blés et tourner nos vues sur d'autres affaires.

Si les chargements de guano arrivaient pendant mon absence, ne vous hâtez pas de les traiter. Ils seront plus difficiles à vendre qu'on ne le croit. Cette année, d'ailleurs, les frais de transport de Gênes en Piémont, doivent être fort élevés, c'est là un obstacle grave au débit du guano. Aussi, je suis bien décidé à n'acheter de cet engrais par spéculation, qu'autant qu'on me le donnera à bon marché.

Je ne sais pas au juste jusqu'à quand je resterai ici, mais pour sûr je serai à Turin du 10 au 15 du mois prochain. Si vous me répondez de suite, adressez-moi votre lettre à Genève, chez Mr Auguste De la Eive.

Adieu, mille amitiés.

Camille de Càvour.

Mon cher Emile,

Pressinge, 2 août 1847.

Je m'empresse de répondre deux mots, à la hâte, à votre lettre du 30.

Je ne pense pas que le guano arrive à Gênes avant le 20 courant ; en tout cas, s'il anticipait de quelques jours, Cabella pourrait le faire décharger, sauf quelques quintaux

du guano Pérou seconde qualité, qui est destiné à votre frère H...

Je compte garder la moitié du chargement pour mon usage, l'autre est destinée à mes amis qui l'attendent avec impatience.

Dites à Balduino et Puccio que nous avons déjà deux bâtiments et que nous n'achèterons le leur, qu'autant qu'ils n'auront pas des prétentions exagérées. Us seront embarrassés à vendre directement. Je doute qu'ils trouvent des amateurs dans les Vercellais, qui, déjà plus d'une fois, ont été floués par les Génois.

J'espère que l'affaire des bois sera bonne. Si j'ai bonne mémoire, j'ai envoyé moi-même à Gênes, des lettres relatives à cette affaire. Peut-être les aurai-je oubliées sur ma table, mais certes elles ont été copiées par Tosco, mon second secrétaire.

Mr Rénaldi doit vous prier de lui indiquer une Maison <le Marseille, que nous puissions charger de nos intérêts dans la faillite Ray aile et Bellone. G. donnera 40 p. %> j'espère que les Marseillais donneront au moins 60, eux qui prétendaient avoir une marge d'un million.

J'ai dîné hier avec Davidy, chez Eugène De la Rive.

Adieu, mon cher ami, écrivez-moi à Turin la semaine prochaine.

Camille de Càvour.

Mon cher ami,

Turin, 13 août 1847.

Je suis arrivé cette nuit, j'ai trouvé ici une foule d'affaires arriérées, de sorte que je n'ai pas le temps de vous •^rire au long.

Ce matin, on m'a apporté de chez Mr Golzio, une lettre

des Castellani, qui envoyent une soumission pour différents objets accessoires du matériel du chemin. J'irai la porter au chevalier Bona (1), en lui conseillant toutefois, de ne rien conclure jusqu'à ce que nous ayons reçu des lettres d'Angleterre.

J'ai mandé à votre Maison mon entrevue nocturne avec Golzio. Je lui ai donné une lettre de recommandation pour la maison Melly de Liverpool ; quoique j'aie eu à Genève les meilleurs renseignements sur les C...

Quoique j'eusse le plus grand plaisir à vous voir à Turin, je n'ai pas le courage de vous faire faire ce détour, par la chaleur qui règne dans nos plaines. Si vous pouvez suspendre votre départ jusqu'à lundi, je vous écrirai demain, après mon entrevue avec Bona.

Je n'ai pas encore vu Bolmida. Je sais seulement que tous mes scieurs de long sont partis il y a deux jours.

À la hâte mille amitiés.

Camille de Cavour.

PS. J'ai écrit à Cabella pour le guano.

Turin, 14 août 1847.

Mon cher Emile,

Je vous écris encore deux mots, à tout hasard, à Envie, pour vous rendre compte de mon entrevue avec le chevalier Bona. Ce digne administrateur m'a confirmé ce que

(1) Le chevalier Barthélémy Bona, alors intendant général des chemins de fer du Piémont ; pins tard secrétaire général dn Ministère des travaux publics, puis ministre (1857-59). Député du Collège de Nice (Monferrato), nommé sénateur en 1854, mort à Florence en 1876. Son nom et son souvenir sont attachés à toutes les grandes créations de chemins de fer et de travaux pubUcs de cette époque.

Grolzio m'avait dit ; c'est-à-dire que le ministère lui avait donné la faculté de traiter pour son compte, 3000 tonnes de rails aux prix de M..., en lui allouant de plus, une commission de 3 p. %. Le ministère attendra en outre, les notions de (Mzio, avant de délibérer sur l'adjudication des freins, plaques tournantes, roues, etc.

S... est toujours ici, s'agitant beaucoup. Il n'est pas tout à fait aussi bas que je l'aurais imaginé.

Pour le moment, il vaut mieux que vous alliez à Gênes directement. Il sera peut-être nécessaire que vous fassiez une course à Turin, au retour de Golzio.

Bolmida m'a dit que l'affaire de la forêt cheminait rondement. Je me propose d'aller la visiter un de ces jours.

Vous apprendrez avec plaisir, que la maison Sébastien Bellone de Nice, sur laquelle je ne comptais nullement, a liquidé et va distribuer un dividende de 35 p. % au moins. Les CL donneront 40 p. %.

C'est bien le diable si les R. ne nous couvrent pas entièrement.

Adieu, mille amitiés.

Camille de Cavour.

xcvn.

20 août 1847.

Je vous adresse ces lignes à Envie, pour vous donner des nouvelles de nos affaires. Golzio n'a pas encore écrit, je n'attends plus de ses lettres avant lundi. Puisque vous ne serez plus à Envie la semaine prochaine, je me bornerai à en envoyer copie à votre Maison.

Les papiers relatifs à la Banque, sont tombés malheureusement, entre les mains de Barbaroux, qui est peu pressé

de voir notre projet mis en activité. J'espère cependant, que lundi on prendra un parti décisif.

La chaleur est ici étouffante, je dirais stupéfiante ; j'en suis à peu près imbécile.

H paraît que quelques créanciers des GL se flattent de percevoir le 80 p. °/0. Cela me paraît fort exagéré. Je crois que si Ton trouvait de bonnes cautions on ferait bien de se contenter du 50. Au reste, depuis que je sais que J. B. donne le 35, je suis sans inquiétude sur le sort de ma créance.

Les soies sont assez bien tenues. Aux prix courants, les fileurs peuvent réaliser de beaux bénéfices. Si j'étais à votre place, j'engagerais mes clients à réaliser une bonne partie de leur filature.

Les blés, les maïs et les riz continuent à baisser sans temps d'arrêt.

Adieu, au revoir à bientôt ou plus tard.

Tout à vous Camille de Cavoïïr.

Léri, 31 août 1847.

Mon cher ami,

Malgré les assurances des Messieurs Heath Furst et C, vous aurez vu que la maison H. C. a été obligée de suspendre ses payements. Cette nouvelle tragique exige, de notre part, de promptes mesures. Si, comme je le pense, cette catastrophe n'atteint pas les T... et F..., elle peut nous mettre en meilleure condition. Mais pour cela il faut que nous envoyons à G-olzio des pouvoirs pour traiter arec une autre Maison puissante, qui prenne pour son compte le traité des Castellani, ou, tout au moins, nous serve d'in-

termédiaire avec les maîtres de forges. En conséquence, je tous engage à partir sur le champ de Gênes et de venir à Turin, pour que nous combinions ce qu'il y a à faire.

Dayidy m'offre d'aller en Angleterre, je crois que ce serait fort utile qu'il s'y trouvât en même temps que Golzio. Je vous attends à Turin samedi, n'y manquez pas.

Adieu, à la hâte, mille amitiés.

Camille de Càvour.

Mon cher ami,

Tronzano, 29 août 1847.

Ne pouvant porter moi même, à Mr Bona, la lettre que vous lui avez adressée le 27 courant, je la lui ai envoyée en y ajoutant deux mots, pour lui faire sentir l'importance d'une prompte décision.

Mr Rénaldi vous a transmis copie de la lettre de Golzio du 19, vous aurez appris que le bon M... entrait dans la maison Castelain comme associé. Cela me tranquilise tout à fait, car je crois que M... père est puissamment riche, et par conséquent, il n'irait pas associer son fils unique et son seul héritier, avec des gens qui fussent chancelants.

La récolte du riz est magnifique, malheureusement la grêle tombée mercredi, m'a emporté quelques centaines de sacs.

Adieu, mon cher, je vous écrirai à peine arrivé à Turin.

Tout à vous Camille de Càvour.

Turin, 3 septembre 1847.

Mon cher Emile,

Je vous envoie copie d'une lettre de Golzio, de Londres, qui est assez rassurante. Comme il parle de partir pour le continent, il est inutile que vous veniez ici pour combiner ce que nous avons à écrire.

Toutefois, comme il paraît essentiel de faire partir sans délai les rails qui sont fabriqués, je vous prie d'écrire sur le champ à Messieurs Heath Furst et C, pour les autoriser à payer au besoin à Thomson et Foreman les avances que les Castelain avaient stipulées. Il suffit d'assurer le départ d'un seul navire.

Je m'en vais trouver le chev. Bona. Je suis désolé de la faillite de C. Je vous avoue franchement que je suis à peu près certain que jamais Davidy n'a parlé de faire l' expédition du Coq en compte à tiers avec C. Il n'a jamais été question que d'embarquer nos riz sur un bâtiment nolisé par C. Je vous fais connaître mon sentiment, cependant je m'en remets entièrement à la délicatesse de Davidy, avec lequel je vous prie de régler, cette affaire comme bon vous semblera.

Je vous écrirai demain, au long ; ce matin je suis horriblement pressé.

Mille amitiés.

Camille de Càvour.

Mon cher Emile,

4 septembre 1847.

Je vous ai écrit hier deux mots qui, probablement, n'avaient pas le sens commun. La lettre de G. vous aura, j'espère, tout à fait rassuré. Elle a" produit cet effet sirf moi. H me paraît clair que G. ne considère plus la Maison Je Liverpool comme en état de pouvoir exécuter seule, son contrat, et que, par conséquent, il aura exigé une caution de premier ordre, ou il se sera décidé à traiter directement avec les maîtres de forges. Dans Tune et l'autre hypothèse, il me paraît évident que les C. de Liverpool ne peuvent songer à faire traite sur vous. Ce serait de leur part un acte de déloyauté dont je les crois incapables. D'après cette réflexion, je prends sur moi de suspendre jusqu'à lundi, l'envoi de votre lettre aux C... Lundi noussaurons quels sont les arrangements que Golzio a pris ; pour peu qu'ils laissent de doutes sur la faculté que vous avez laissée aux C..., je donne cours à votre lettre. Si vous ne trouvez pas mon opinion fondée, vous me l'écrirez lundi, et alors votre lettre partira mardi.

Je connais l'état critique de la place de Gênes et com- Men vous devez avoir à faire dans ce moment. Je ne me trouve pas, malheureusement, très en fonds dans ce moment, ayant à faire face aux frais de la récolte de riz que je paye en argent, et étant obligé de faire des avances à l'usine «lu riz. Je vous envoie 13 billets de Banque que j'ai en caisse. Je préfère cet envoi à l'achat de papier sur Gênes, qui aurait l'inconvénient de me donner de l'inquiétude.

Si la semaine prochaine, il me rentre des fonds, je vous les expédierai sans retard.

Si le papier sur France tombait beaucoup à Gênes, vous

pourriez m'en envoyer, je crois que je le négocierais facilement. Le Paris à 3 mois, se placerait à 99 15. Je vous couvrirai avec des billets, des espèces.

J'ai dit à Rossi, ScMaparelli et C, de ne plus tirer sur vous, jusqu'à nouvel avis. S'ils ont besoin d'argent plus tard, je leur ferai faire une traite à mon ordre, que je vous ferai escompter à la Banque. Leurs affaires vont bien, trop bien peut-être, car la vente est excessivement active. Quoique nous n'ayons pas encore livré une livre de phosphore et qu'ils nous ait été impossible de fournir tous les articles qu'on nous demande, nous avons déjà pour 60,000 fr. de crédits. Dès à présent on peut compter sur un mouvement d'affaires de 300,000 francs par an.

J'espère que vos nouvelles lundi seront meilleures. Si vous désirez des billets comme ceux que j'ai envoyés à Davidy, je suis à vos ordres.

J'ai quelques broches sur Paris, mais ce n'est pas le pas de vous les envoyer.

Tout à vous Camille de Cavoub.

en.

6 septembre 1847.

Je vous envoie ci-contre, copie de la lettre de Golzio du 30. Il s'est laissé attendrir par M... Cependant, étant sur les lieux, il était mieux que nous dans le cas de juger ce qu'il convenait le mieux de faire. Si, en effet, il obtient la garantie de M... père, nous pouvons être tout à fait tranquilles.

Il donne cours, ce matin, à votre lettre aux C... de Liverpool.

Je yois que Heath n'aura rien à payer aux Thomson, mais la commission que vous lui avez donnée produira toujours un bon effet.

J'ai écrit à Davidy quelques mots au sujet du Coq. J'ai relu toutes ses lettres et il n'est dans aucune, question de société avec CL. Vraiment cette affaire à été menée bien légèrement.

Vous ne me dites plus rien de la crise. Cela me fait espérer qu'elle se calme.

Adieu, mille amitiés.

Camille de Cavour.

PS. Les L... se sont plaint que vous aviez refusé de renouveler un prêt sur dépôt d'actions de la Banque. Ils croient que vous voulez rompre avec eux. J'en serais fâché, car ce sont de très-braves gens.

cm.

• Turin, 7 septembre 1847.

Mon cher ami,

Je réponds à votre lettre du 6. Puisque vous ne croyez pas opportun de m'envoyer du papier, ne faisons rien d'ici à quelque temps ; c'est le plus sage. Vous avez raison de ne pas vouloir vous prêter aux billets de comodo qu'on tous expédie de Turin, mais quant aux prêts sur dépôts factions de la Banque, je vous trouverais bien sévère de vous refuser à les faire, car enfin ce n'est pas une opération qui engage le crédit, au contraire, on prouve à la Banque qu'on est possesseur de plus de capitaux réels, de ce qu'on a besoin de fonds disponibles.

Vous aurez vu par ma lettre d'hier, que j'avais prévenu vos désirs et donné cours à votre lettre aux C... Je suis

grandement de votre avis. Dans la position où cette Maison est placée, il ne serait pas du tout convenable que vous acceptassiez ses traites pour des sommes considérables ; cela vous ferait tort aux yeux de tous les gens raisonnables.

J'ai écrit à Golzio pour le prévenir de votre détermination. J'écrirai également à M..., dès que je saurai où le prendre. Pour le moment, je ne sais s'il est à Londres, Liverpool ou Bruxelles.

Quand nous aurons reçu quelques bâtiments, alors nous pourrons nous montrer plus faciles avec ces messieurs. Il est indispensable, avant de nous mettre à découvert, d'avoir reçu au moins 3000 tonnes.

J'ai reçu trois échantillons de guano. H paraît que les Génois ont mordu à l'hameçon, trois cargaisons outre celle de Liverpool, c'est beaucoup pour le pays. D'après ce que me mande Cabella, il y a à peu près 700 tonnes ; rien qu'à 200 francs par tonne c'est 140,000 francs. C'est une affaire qui est à considérer à deux fois, avant de la tenter.

Mon guano de Liverpool est tout placé. J'ai eu soin de ne pas en vendre dans le Vercellais. Je puis, dans cette province, compter sur un débit de 50,000 francs au moins. Comme on manque de paille, cette année il sera peut-être beaucoup plus considérable.

En résumé, c'est une affaire à ne pas négliger, mais dont il ne faut pas s'engouer. Si nous pouvons l'avoir à bon compte au-dessous de 20 fr., on peut risquer ; mais quant à passer ce prix, je vous avoue que je ne m'en soucie guère.

Je n'ai pas encore fait analyser les trois échantillons, mais à en juger par la vue et l'odorat, le guano Baldoino vaut mieux que les autres.

Vous savez que le gouvernement a porté à 4 p. % létaux des prêts sur les obligations. C'est bon pour la Banque* et mauvais pour nous.

Adieu, mille amitiés.

Camille de Càvour.

Mon cher ami,

11 septembre 1847.

Golzio est arrivé. M—, fils, lui a écrit de Malines, que son père s'était décidé à aller avec lui à Liverpool, qu'arrivés dans cette ville, le père et le fils nous donneraient les plus amples garanties pour l'exécution du contrat des rails. Golzio m'a répété que, soit H..., soit T..., lui avaient, même après la faillite CL., renouvelé l'assurance qu'il n'y avait absolument rien à risquer pour nous, et que les fabricants qui s'étaient chargés de notre fourniture, étaient en état de livrer deux fois plus de rails et de coussinets que nous n'en avions besoin,

Golzio approuve beaucoup votre lettre aux C... à l'égard des traites. Au reste, il avait déjà arrangé avec M... que la Maison de Liverpool ne tirerait pas sur vous, au moins pour le moment.

Je tous prie de remercier Davidy de la détermination qu'il a prise à l'égard de nos riz. J'apprécie toute la délicatesse de sa conduite.

Vous ne me dites rien des démonstrations qui ont eu lien à Gênes. Cela a fort occupé les esprits.

J'ai remis hier au ministre les statuts de la Banque, rédigés d'accord avec lui et signés par tous les promoteurs- Adieu, mille amitiés.

Camille de Cavour.

13 septembre 1847.

Mon cher ami,

Je réponds à votre lettre du 11 courant. Grolzio doit avoir entretenu Mr Bona de l'affaire des allèges. Comme je vais partir pour Léri, veuillez vous entendre directement, à ce sujet, avec Gtolzio qui est plus au fait que moi, de la manière de négocier avec les Aziende.

Je suis convaincu que Balduino et Picino seront obligés de traiter avec moi, veuillez leur déclarer que s'ils vendent au détail, je retire mes offres. Tout ou rien.

Si vous avez quelque chose de pressé à me faire savoir, écrivez-moi à Tronzano. Pour les affaires courantes, adressez vous à Mr Rénaldi (1).

Les blés ont remonté. On dit que la récolte des maïs ne tient pas ce qu'elle promettait, que la gelée a fait beaucoup de mal en Savoie et en Suisse. Je ne puis avoir, à cet égard, d'opinion bien fondée. À Santène la récolte du maïs est fort belle. Il en est de même à Grinzano ; mais les plaintes viennent d'autres localités avec lesquelles je n'ai pas de rapports directs. Le riz aussi se soutient. Il y a eu la semaine dernière deux grêles épouvantables ; on estime le dommage qu'elles ont causé, à 60,000 sacs. Un de mes amis en a perdu 2000.

Je vous sais très-bon gré de votre conduite envers les

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