‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 23 sur 110 · C. de Cavour · texte numérisé non relu

C. de Cavour

L'affaire des rails est-elle finie?

2 avril 1849.

Mon cher ami,

Ce matin, Mr Scaravaglio, que vous connaissez, est venil me dire que Mr Nigra lui avait proposé de prêter de 6 à S millions aux finances, pour un an, sur dépôt de rentes-

été officiellement signée, tenter de rassembler les débris de l'armée (le corps lombard commandé par Fanti et la division Lamarmora étaient encore intacts), continuer la guerre à outrance, en s' entendant avec le? gouvernements de Florence, Home et Venise, réunir le Parlement sarde dans l'enceinte fortifiée de Gênes et faire de cette ville le boulevard de la liberté et de l'indépendance de l'Italie, ce n'était certes pas un plan antipatriotique, et si le mouvement se fourvoya ensuite et prit un caractère qu'il ne devait certainement pas avoir à son début, on ne saurait accepter, sans bénéfice d'inventaire, les violentes accusations* qu'on ne lui a pas épargnées, en particulier Lamarmora.

du 19 que possèdent les finances (douaire de Marie-Christine). Il se contenterait d'une avance de 60 francs par inscription de 5 francs.

Il payerait le 5 % et de plus, une commission d'un et demi.

Scaravaglio prétend que c'est une affaire superbe, pourvu qu'on pût la combiner avec des maisons étrangères, qui consentiraient à ce qu'on tirât sur elles, à 3 mois. On gagnerait d'après cela, le change, qui est encore très élevé, bien qu'avec une tendance marquée à la baisse.

H est certain que les affaires s'arrangeant, les billets reviendront au pair et les changes, aussi. De plus, en déposant les titres à la Banque de Gênes, on pourrait avoir de l'argent au 3 */« ou au 4 au plus. Ainsi on gagnerait:

Différence sur l'intérêt 1 %

Commission 1 f/«

Différence sur le change 3

J'ai répondu à Scaravaglio que je vous en écrirai.

L'affaire me paraît bien claire, elle ne pourrait être avantageuse qu'autant qu'elle serait traitée de compte à demi avec une maison de Londres, sur laquelle on tirerait à ■26,60, dans l'espoir de la rembourser dans trois mois, à 25,60.

Lamarmora (1) a couché jeudi à Casteggio, il sera aujourd'hui ou demain à Gênes. Je ne doute pas que sa présence ne suffise pour rétablir l'ordre. Il a l'énergie nécessaire pour y parvenir, quand même les Pellegrini et les Jjazotti (2) voudraient pousser les choses à l'extrême.

(1) Le général Alphonse Lamarmora nommé commissaire royal extraordinaire à Gênes, ayant sons ses ordres la 6e division, forte de 7670 hommes et la division à.' avant-garde, forte de 2875 hommes.

(2) Principaux chefs du mouvement révolutionnaire de Gênes. — Voir Lettre CLXXXIV.

Belvédère (1) doit vous arriver avant Lamarmora, avec un très bon régiment. Ici, nous sommes parfaitement tranquilles. Je vous envoie une note de mon libraire de Londres, en vous priant de vérifier si le paquet de livres, dont il parle, a passé par vos mains.

Mille amitiés.

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