CCLXXVII
Turin, 18 décembre Î849.
Mon cher ami,
Le comte Siccardi (1) remplace De Margherita. Mr Siccardi, aujourd'hui avocat général, est un homme d'un talent éminent. Si le courage ne lui fait pas défaut, ce sera le membre le plus important du ministère.
Il y aura une promotion de sénateurs
Adieu, mille amitiés.
Camille de Càvour.
Mon cher ami.
ccLxxvm.
20 décembre 1849.
Nigra compte, à l'ouverture du Parlement, demander l'autorisation de contracter dans le courant de l'année 1850, un emprunt de 4 millions de rentes. Je ne doute pas que les Chambres n'accèdent à cette demande.
Le pauvre Bisorgimento a mangé ses fonds, comme tous les autres journaux. La Concordia n'a plus que des dettes, et l' Opinione vit des subsides des riches lombards, qui en ont fait leur organe.
J'espère que le parti conservateur de Turin et de Gênes ne laissera pas tomber le seul journal qui ait toujours soutenu en Italie les principes libéraux modérés. S'il était égoïste à ce point, il faudrait désespérer de l'avenir constitutionnel du pays.
(1) Le comte Giuseppe Siccardi, dont le nom est resté justement célèbre, à cause de la fameuse loi sur l'abolition du For ecclésiastique, qu'il proposa au Parlement.
Je ne crois pas que les changes se relèvent de si tôt. Au contraire, je pense qu'ils baisseront encore, au commencement de Tannée prochaine, car, d'ordinaire, les demandes de Paris baissent sur notre place, à cette époque.
Adieu, votre dévoué.