‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 56 sur 110 · C. de Cavour · texte numérisé non relu

C. de Cavour

29 décembre 1849.

Je ne peux pas trouver du Turin ou du Gênes long, pour vous couvrir. Ainsi, si vous aimez mieux tirer sur moi, à trois mois, vous êtes le maître.

Quant à moi, je trouve un ample emploi de mes fonds, dans l'achat des riz nécessaires pour alimenter l'usine du parc. La Société qui l'a construite, et dont je fais partie, a dépensé, comme cela arrive toujours, tous ses fonds en bâtisses et en machines, et elle s'est trouvée sans capitaux

circulants. Or, comme elle fait un travail excessivement profitable, j'ai fait un compte à demi ayec elle, et je lui fournis à peu près 600 sacs de riz par semaine. Jusqu'à présent, l'affaire paraît fort avantageuse, seulement, elle exige beaucoup de fonds.

Le Risorgimento a mangé tout son capital, il a perdu 80,000 francs, en deux ans. Au reste, il en est arrivé de même à la Concordia et à YOpinione.

Ainsi, je m'en vais vous débiter du dernier versement de vos deux actions et de celles de Ricci et Cevasco.

Quant à la nouvelle société, je ne vous condamne à prendre qu'une seule action, ce qui vous coûtera 50 francs et vous vaudra un exemplaire du journal.

Nigra nous a annoncé hier que le budget de 1849 présentait un déficit de 101,000,000

et celui de 50 80,000,000

et qu'il allait demander l'autorisation d'émettre le million de rerites. En présence de cette nécessité, la hausse me paraît exagérée. Gardez vos actions de Turin, elles valent mieux que le Risorgimento, vous les vendrez, avant six mois, 1400.

Adieu, à la hâte. C. de Càvour.

Nous allons nommer:

Pinelli (1), président; Demarchi (2) et Palluel (3), vice-présidents de la Chambre.

(1) Pier Dionigi Pinelli, ministre de l'intérieur en 1848 (ministère Alfieri), député du collège de Cuorgnè.

(2) Demarchi Gaetano, député du collège de Mongrande, avait déjà été vice-président de la Chambre, à la Ie législature.

(3) Palluel Ferdinand, député du Collège d'Albertville en Savoie, avait été questeur lors de la Ie législature.

Il janvier 1817.

Mon cher ami,

J'ai reçu Mer la lettre de votre maison, au moment où je revenais de la Chambro. J'ai eu, à peine, le temps de lalire et de vous expédier des traites, que j'avais négociées avec mon ami M. Adriani, en rentrant, ainsi qu'une traite de 35 mille francs, que m'a remise un de mes correspondants du Vercellais. Au moyen de ces remises, mon compte seraitnon-seulement soldé, mais je resterais en avance de 30,000 francs à peu près.

Je vous serais obligé de me remettre cette somme, soit en Turin, ou Gênes, escomptable à la Banque, soit en billets; ayant du 20 au 25, à solder d'assez fortes parties de riz, achetées pour le moulin du parc.

Cette diable d'affaire Balduino me gêne un peu, car elle" me cause un déboursé de plus de 120,000 francs^somme considérable pour moi, malgré les bénéfices réalisés cette" année.

Nigra est en correspondance suivie avec Rothschild, je tâcherai qu'il ne se laisse pas mettre dedans ....

La majorité de la Chambre demeure compacte. Les violents discours de Josti et de Lanza ont produit un bon effet sur elle (1). J'espère qu'elle se dessinera d'une ma-

(1) Dans la séance du 9 janvier le député Josti protesta devant Dieu, l'Italie, l'Histoire et le Monde entier, contre le Traité de paix du 6 Août 1849, et contre les ministres, qui forcèrent le pays à en snbir 1er désastreuses conditions, tandis que l'armée sarde, même après Novare, aurait pu encore combattre et vaincre. — I*e député Lanza parla à peu près dans le même sens. La loi fut votée par 112 voix contre 17.

nière plus nette que par le passé, dans le vote de la loi

électorale qui se discute aujourd'hui.

Adieu, mille amitiés.

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