C. de Càyocr
CCLXXXH.
12 janvier 18SÔ.
Mon cher ami,
A peine j'avais pris le papier d'Adriani, que je regrettais de Tavoir fait. C'est heureux que nous nous en soyons tirés à si bon compte. Nigra m'a assuré qu'il payerait à leur échéance, les bons du trésor, à bureau ouvert. Voib pouvez, "en conséquence, compter sur ceux que vous avez en portefeuille, comme sur des billets de Banque.
Si vous trouviez à acheter au pair, vous feriez une bonne affaire.
Je talonnerai Bona et, au besoin, étant son voisin, je loi donnerai des pinçons.
La gauche, sauf Rattazzi, a été pitoyable dans la discussion de la loi électorale (1). Le second jour, je me sui< abstenu de prendre part au débat, car c'était trop misérable.
Hier, Gahagno a donné une soirée, à laquelle il avait invité tous les députés (2). L'opposition n'y est pas venue. Brofferio seul s'y est rendu pour se moquer avec nous, d? ses chers collègues.
Adieu, mille amitiés.
Camille dk Cavouk.
(1) Il s'agissait de modifier la loi électorale, en divisant les collège* électoraux, en antant de sections qu'ils comptaient de mandements, afia de faciliter le vote anx électeurs. — La loi fat votée le 11 janvier par 87 voix, contre 43.
(2) Cette soirée fat vivementrcritiqnée par la Gauche (La ConcordiaX qui trouvait que le pays n'était pas en circonstances telles, que ministres donnassent des fêtes.
CCLXXXIIL
17 janvier 1850.
Mon cher ami,
Je vous transmets la réponse de Bona aux Thompson, qui confirme pleinement ce que je vous ai mandé. Bona
m'a expliqué le tour que les G ont voulu lui jouer,
d'après lequel il ne serait plus tenu à rien. Mais il m'a assuré qu'avant le mois de mars, il ferait venir les 1000 tonnes en question.
Je suis rapporteur de la loi sur l'emprunt des 4 millions (1). J'ai un travail à faire pour le traité de commerce avec la France, de sorte que je n'ai pas un moment à moi. Pour comble de malheur mon secrétaire est malade.
Adieu, mille amitiés.
Camille de Cavour.