‹ Nouvelles lettres inéditesChapitre 9 sur 110 · C. de Càvour · texte numérisé non relu

C. de Càvour

(1) Pour y débarquer les rails.

Mon cher ami,

19 juin 1847.

J'arrive des rizières, où j'ai reçu vos deux lettres du 12 et du 16 courant. J'ai prolongé mon séjour là-bas, dans la persuasion que ma présence n'aiderait nullement les Rayalle et Bellone à reprendre leurs payements. Ce matin, on croyait à la Bourse, que la liquidation de ces messieurs s'opérerait sans désastres, et que tout le monde serait payé intégralement. J'espère que vos amis de Marseille agissent dans mon intérêt. Veuillez leur donner vous même les directions que vous jugerez les plus convenables.

Les pauvres G. sont finis. Ceux qui n'ont pas d'acceptations de Marseille ou de Gênes, se trouveront assez mal. J'espère que les L. ne sont pas dans ce cas. À propos de ceux-ci, je vous dirai que mon opinion est qu'ils sont d'une honnêteté à toute épreuve, mais que leurs moyens sont faibles. Je ne les crois pas riches. Je les classerais dans les Maisons de second ordre. De Fernex, et même Mestrezat, ont beaucoup plus de moyens pécuniaires qu'eux. Dans les opérations que vous dirigez, vous pouvez avoir toute confiance en eux, car, je vous le répète, c'est l'honnêteté même ; mais s'il s'agissait d'une grande affaire où il fallût diviser la responsabilité, je vous conseillerais d'y regarder à deux fois.

Vous aurez su l'arrangement des V. Ils donnent le 70 p. °/0, plus 12 p. °/o à ceux qui ont des traites acceptées par les M. Je ne doute pas d' être dans cette dernière catégorie. Vous voyez que nous nous en sommes tirés à bien bon marché.

Notre mémoire sur Savigliano a produit un bon effet. On nous a répondu avec assez d'aigreur, mais en consentant à fixer le dividende maximum au 10 p. %. Cela derient passable. Lundi nous nous réunissons pour prendre un parti décisif.

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