TRENTE ET UNIÈME LEURS
auxquelles est intimement liée la conservation des fonctions vitales*
En même temps que le sang change ainsi de couleur, l'air subit un changement de composition esscn^ tiel que nous allons examiner.
Les parties essentielles de Tair atmosphérique sont roxygène, Tazeta, ime petite quantité d'acide carbonique et d'ammoniaque, ainsi que des traces à peine sensibles de gaz combustibles; de môme, lair contient toujours de Thumidité, en proportioiis fort variables.
Les moyens employés par les chimistes, pour l'analyse de l'air, sont de la plus grande simplicité. La potasse caustique absorbant plus àe 100 fois son volume d'acide carbonique, il est aisé de déterminer combien, par exemple, un mètre cube d'air renferme d*acide carbonique, en emplissant un tube d'une le»* sive de potasse et en y faisant doucement passer ce volume d'air préalablement desséché. L'oxygène de Tair se comporte d'une manière semblable avec du cuivre métallique cliauâé au rouge : lorsqu'on dirige un mètre cube d'air, sec et privé d'acide carbonique, à travers un lube incandescent, rempli de tournure de cuivre, tout l'oxygène £e ûxe sur le métal, et l'augmentation de poids du tube indique, après l'opéralion, la quantité d'oxygène contenue dans l'air employé.
C'est par de semblables procédés qu'on a trouvé que l'air sec, exempt d'acide carbonique, contient en poids^
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sur 1000 parties, 2;^1 parties d'oxygène; le reste es4 de Tazote. Comme le gaz oxygène est, à volume égal, un peu plus pesant que razute, .ces nombres donnent, pour 100 volumes d'air, 21 volumes d*oxygèiie (ou plus exactement 20,9, selon MH. Dumas, Brunner, Bunsen, Regnault). Quant à l'acide carbonique, 2U0U volumes d'air renferment, terme moyen, un peu plus de 1 volume de ce gaz, ou 1000 volumes d'air eu contiennent 3/4 de volume.
L'air exhalé dans la respiration présente une composition fort diffàcente de la composition de Fair atmosphérique.
Lorsqu'on introduit une lessive concentrée de po* tasse (environ i/h^ volume de l'air) dans un tube de verre, fermé par un bout, divisé en parties égales et rempli d'air exhalé sec» on voit immédiatement di-minuer le volume de l'air, tout Tacide carbonique étant absorbé par la potasse. Si l'on fait arriver ensuite, dans la même lessive, une solution concentrée d'aodepyrogallique (la moitié environ du volume de la lessive), le mélange absorbe l'oxygène de l'air aussi rapidement que le ferait le cuivre métallique à la chaleur rouge; il s'opère ainsi une nouvelle diminution de volume, correspondant exactement à la proportion de l'oxygène contenu dans l'air. Le gaz restant est Tasote.
On trouve ainsi que 100 volumes d'air exhalé contiennent^ la respiration étant normale» â 1/2 à 5 volumes d*acide carbonique, et 16 1/2 à 15 volumes
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d'oxygène. Au commencement de Texpérience l'air expiré renferme moins d'acide carbonique; lorsque les inspirations sont très proibndes, on en trouve davantage, quelqueiois jusqu'à 8 1/2 et 9 pour 100.
D'après cela, la proportion de Toiygène diminue, dans l'air, d'un quart à un ciiK[uième, par son contact avec le sang des poumons, tandis que la proportion de l'acide carbonique y devient plus de 100 fois plus forte.
La transformation du sang veineux en sang artériel, et le changement de couleur qui l'accompagne, repo** sent donc sur l'élimination d*une 'certaine cpiantité d'acide carbonique, qui est exhalée, et sur l'absorption d'une certaine quantité d*oxygène qui se combine avec les principes du sang. Une partie de l'oxygène de Vair se fixe conséquemment sur le sang, et, à sa place, l'air reçoit ordinairement un volume un peu plus faible d'acide carbonique.
Suivant les expériences de Prout, la proportion de l'acide cariMmique exhalé augmente dans l'état de calme parfait ou de mouvement modéré, ainsi que par tme basse pression atmosfrfiériquQ; elle dimimie, au contraire, lorsque la respiration est activée et brusque ; toutefois la somme totale de l'acide carbonique est, dans ce dernier cas^ plus grande. Les expériences qu'on . a faites à cet égard indiquent qu'à 6 inspirations par minute, l'air exlialé contient 5,7, à 12 inspirations /i,l, à 26 inspirations 3,3, et à US inspirations 2,9 centièmes d'acide carbonique. Pour 6 inspirations par minutOi la quantité de l'acide carbonique exhalé s'élève
8à NOUVEIXES LETTRES SUR LÀ CHIMIE.
à 171, pour 12 inspirations à 396, et pour 68 inspii^tioQS à 696 centimètres cubes (Vierordt).
Ces nombres dénotent Tinfluenee des inspirations fortes et fréquentes sur l'acte môme de la respiration : elles ont évidemment pour efiet d'augmenter puissamment réliminatioQ de l'aeide carbonique, c'est-à-dire la décarburation du sang.
On a tout lieu de croire que la quantité d'oxygène qui passe dans le sang est en relation directe avec l'aeeroissement ou la dlmînulion de la proportion de ' l'acide carbonique exhalé ; que, par conséquent, le sang reçoit d'autant plus d'oxygène qu'il rcyette à l'air, dans le même tamps, plus d'acide carbonique.
Le sang qu'on agite avec de l'air lui enlève en oiygène plus du dixième de son volume, et le gaz ainsi absorbé se dégage de nouveau , presque entièrement, lorsqu'on secoue le sang avec un excès d'acide carbonique. Si l'on agite avec de l'air le sang saturé de gaz carbonique, ce gaz se développe, et, à sa place, il s'absorbe de l'oxygène , lequel peut àson tour être ainsi déplacé par l'acide carbonique (1).
D'après les expériences de M. Magnus, le sang artériel non agité avec de l'air, mais saturé, au sortir des vaisseaux, par du gaz carbonique, fournit plus de 10
(1) II eiiste denx oplniods contraires sur la fomie aous laquelle Toxygèoe inupiré serait conleini dans le sang. IVaprès Tane, TéH-
ïi)inalion du jçaz oxygène par un excès de gaz carbonique serait ^ une i^reuve éviUeuie (^e cet oj^jrgène n'est pas chimiquemeut com-
TRENTE ET UUlftlfE LBTTIIE. 8&
potir 100 de son volume de gaz oxygène. Dans ce traitement, le sang devient alternativement TenBeil commet le
sang artériel, et rouge noirâtre coiniiic le sang veineux.
biaé aiee le sang, mais quHl y «t simpleiDedt ahêorbé. Le SOM ;qa*im altache k celte espresàion ne me iemble pas cnct En eftir tandis que iOOO volâmes d'ean agités et complètement saturés avee
de l'air n*abtforbent que 9 i/h yolumes d'oxygène et 18 4 /2 volumes d'azole (Gay-Lussac), 1000 volumes de sang, suivant les excellentes expériences de M. Magnus, fixent 100 ù 130 volumes d'oxygène et seulement 17 à 33 volumes d'asole. Ces résultats indiquent é? idem» ment que Toxygène fixé par le sang, comme liquide, ne peut y être contenu qu'en partie à Tétat absorbé, puisque Teau, le liquide du sang, absorbe elle-même, ù proportions égales, li à lA fois moins de gaz oxygène que le sang. La plus grande faculté d'absorption du «ang est due nécessairement à certaines parties constituantes qui ont plus d'affinité que Teau pour Toxygène. Sans doute, l'inleosiié de ratiricllon qui retient IVnygène dans le sang est très raSble« mais II ne s^ensuit pas que cet oxygène n*y soit pas en combinaison cbW mique. On peut augmenter la faculté d'absorption de IVau pour beaucoup de gaz, en y ajoutant des substances qui ont pour les gaz une affinité cbimique, même très faible» Jkinsl , lorsqu'on ajoute à Peau du phosphate de soude, on augmente sa faculté d^absorbcr l*adde carbonique : la présence d*un centième de ce sel donne an 'liquide la propriété d'absorber deux fois plus d'acide carbonique que n'en absorberait Tcau pure sous la pression ordinaire. Une solution aqueuse de sulfate de fer absorbe jusqu'à fois plus de bioxyde 4l*aiote que Teau pure; les gai absorbés se dégagent des deux liquides dans le vide ; on peut même déjft les en expulser en agitant le premier liquide avec de Pair, le second avec du gax carbonique.
Personne ne soiv^n à considérer ces phénomènes, si semblables à ceux que présente le sang, comme la preuve que l'acide carl)onlquet dans la solution du phosphate de soude, on le bioxyde
M ROUVBLLM LVmiES SUR LA CHIMIE.
Ces faits démontrent que l'acide carbonique et Toxygène exercent sur le sang des actions contraires. U s'opère undéplaeemenltlegaEGarboniqtte et une fixation
d*«iote» dam la tolatien du sulfaie de fer* y seraient siaipleBieBt «IwofMs et DiNi combinés chimiqneaieiit t on Mit, en effet» qae dans ces ces ta ûicnlté dîssolvanle de I^eaa pour les gai dépend de la
quantité des sels qu'elle renferme en dissolntion ; et puisque la quanlilé du gaz qui s'absorbe au?;mcnle, à un certain degré, avec la proportion du sel dissous, on en conclut nécessairemeot que l'absorption du fat dépend du sel et non de Tean.
L*idbssrftlofi d*iHi gai par un liquide est dae à dsax eaaisse l'une, eiférieare, consiste d«is la pressieo eiercée svr le gai en co»> tact avec le liquide; l'autre, chimique, est Tattraclion manifestée par les parties constituantes du liquide.
Dans tous ks cas où an gai est contenu dans un liquide simplement à féUt ailsorbé et non en combinaisoB chinufue, la qnanUté du gaz absorbé ne dépend absolmnent que de la pression eitérienie; elle augmente ou diminue à raesare que cette pression augmente ou diminue. T.orsqu'on îif^ite la solution du phosphate de soude avec le gaï carbonique, et qu'où la sature ainsi sous la pression ordinaire, elle absorbe deux fois plus d'acide carbonique que l'eaii dans ces circanstaiibes; oa^valt, en opérant «nsoite sous une preiilon doui^ que la fecullé d'absorption delà solution n'augmente pas 'dans le même rapport, mais que cette augmentation est Wen moindre* En effet, la solution saline saturée se comporte avec l'acide carbonique, ■ousoeUe douille pression, comme le ferait l'eau saturée de gaz carbonique sous la pression simple; la foculté d'absorber l'acide carbp» nique n'augmente donc pas plus pour la solution de pfaospbale de soude que pour l'eau pure, parce que l'attraction ebimique qui exalte d'abord la faculté d'absorption de l'eajB ne continue pas d'agir. Il en est de môme du sulfate de fer, saturé de bioxj de d'azote tous une forte pression : sl« soas bi pression ordinaire, une semblable