‹ NouvellesChapitre 9 sur 20 · AVENTURES D'UN FIFRE · texte numérisé non relu

AVENTURES D'UN FIFRE

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La soixante-neuvième demi-brigade dtait citée en Egypte pour son corps de musique, l*un des mieux exercés de Tarmée expéditionnaire. Sous la république, cette branche de Fart n'était pas cultivée comme elle Test aujourd'hui où chaque régiment possède un véritable orchestre armé d'instruments à vent harmonieux et. de cuivres sonores. Quand les clarinettes ne jouaient pas trop faux et que la grosse caisse battait en mesure, on croyait avoir des artistes parfaits. Uo bon fifre surtout était regardé comme la dernière expression de la musique militaire, et c'était à qui se procurerait ce phénix rare et recherché. Sous ce rapport, la soixanteneuvième ne laissait rien à désirer : son fifre passait pour Tune des merveilles du genre. Dans les sérénades de la place de TEsbékié, où logeait Tétat-major, c'était lui qui exécutait les solo, et il s'en acquittait avec un talent qui lui valut plus d'un illustre suffrage. Quand l'entrepreneur du Tivoli égyptien voulait organiser une fête dansante, il commençait par s'assurer la collaboration du fifre de la soixante-neuvième. Plus d'une fois, Bonaparte lui-même le fit appeler pour charmer les loisirs de la dame de ses pensées. Le fifre, il faut le dire, méritait ces honneurs. Ce n'était pas un artiste ordinaire, exécutant machinalement quelques vieux airs sur le mode aigu. 11 avait un répertoire varié et se piquait de tenir la demi-brigade à la hauteur des partitions lécentes. La Marche des Tartares de Kreutzer, les chœurs de Paul et Virginie lui étaient familiers. Quand il touchait

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