‹ Nouvelles méditations poétiquesChapitre 20 sur 28 · STANCES · texte numérisé non relu

STANCES

Et j'ai dit dans mon cœur : Que faire de la vie ? - Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a pas#^ Imiter des mortels l'immortelle folie?

L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit 'ses vœux et son navire; Dans le siein de la gloire oii son génie aspire , L'autre meurt enivré par l'écho d'un vajin nom.

Avec nos passions , formant sa vaste trame ^ Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber; Dans des pièges plus doux, aimant à succomber, Celui-ci lit. son sort dans les yeux d'une femme.

ia6 MÉDITATIONS

Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin.

Où vont-ils cependant? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers.

Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces généràtioiis que ie téittps sèftie et Cueille !

fis luttdtent contre lui , mais le temps a vaincu ; G)mme un fleuve engloutit le sable de ses riVes, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives.

Ils sont née, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ?

Pour moi , je chanterai le maître que j'adoiy , if

Dans le bru^jt des cités, dans la paix des déserts, ^

Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers. Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. f

La terre m'a crié : Qui donc est le Séigfieur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue^

POÉTIQUES. .ja7

Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur;

Celui qui du néant a tiré 1^ matière,

Celui qui sur le vide a fondé l'univers , *

Celui qui sans rivage a renfermé les mers,

Celui qui d'un regard a lancé la lumière;

Celui qui ne eotinoît ni jour ni lendemain ,

Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l*avenir comme à l'heure présente , ^ <Et rappelle les temps échappés de s» main :

C'est lui! c'est le Seigneut*: que majangue redise Les cent noms de ss^ gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il /ne brise....

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