‹ Nouvelles méthodes de dosage spécifique de quelques acides aminés: Alanine, valine, leucine, sérine et acide aspartiqueChapitre 2 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Chacun des vingt-trois acides aminés naturels actuellement connus n’est pas toujours susceptible d'être dosé spécifiquement, ou même seulement qualitativement caractérisé, lorsqu'il se trouve en présence d’un mélange quelconque des autres. La possibilité de mise en évidence, aussi bien quantitative que qualitative, d’un acide aminé donné repose, en effet, sur l’existence de caractères différentiels de cet acide aminé ; toutes les méthodes de dosage ont ainsi cherché à utiliser ces caractères différentiels ; et c’est ainsi que ce sont les acides aminés possédant les fonctions les plus marquantes, qui ont fait l’objet des premières méthodes de ce dosage, et qui sont le plus facilement caractérisés : des exemples classiques en sont offerts par la tyrosine et son noyau phénolique, le tryptophane et son noyau indol, la cystéine et son groupement sulfhydryl, etc...

Inversement, il existe encore actuellement une série d'acides aminés, appartenant plus particulièrement au groupe des acides monoaminés monocarboxyliques aliphatiques, dont la molécule n'offre, à première vue, aucun caractère distinctif bien net, et qui n’ont pu ainsi, jusqu'ici, donner prise à l'établissement de procédés de dosages vraiment spécifiques. C’est là une lacune qui mérite d’être comblée.

En effet, le manque de moyens actuels permettant le

iQ es

dosage spécifique de ces aminoacides rend l'étude de leur métabolisme extrêmement difficile ; l’étude de leur synthèse biologique, par exemple, particulièrement importante puisqu'il s’agit ici des acides aminés les plus simples, nécessite forcément leur isolement en nature, opération longue et pénible, sans que l’on puisse, par des expériences préliminaires, s'assurer de la formation ou de la présence de l’acide aminé en question [1]. À un autre point de vue, l’analyse complète de substances protéiques, en ce qui concerne leur teneur en aminoacides, est encore impossible à réaliser lorsque l’on ne dispose que de faibles quantités (quelques décigrammes) de ces substances.

Il m'a ainsi paru intéressant de chercher à mettre au point des procédés de dosage pour les plus déshérités à cet égard des acides aminés, notamment pour l’alanine, la valine, la leucine et la sérine.

Le présent travail comporte deux parties principales, dont la distinction repose sur la nature des techniques mises en œuvre :

I Dosage spécifique de l’alanine et de la somme sérine+acide aspartique.

IT. Dosage spécifique de la valine et de la leucine.

Ce travail a été exécuté entièrement au laboratoire de Chimie biologique de la Faculté des Sciences de Lyon, sous la direction de M. Fromageot, que je suis heureux de remercier ici.

Page 1