PREMIERE PARTIE
METHODE DE DOSAGE SPECIFIQUE DE L'ALANINE ET DE LA SOMME SERINE + ACIDE ASPARTIQUE
Le dosage de l’alanine dans les mélanges d’acides aminés, résultant par exemple de l’hydrolyse de matières protéiques, n’a été généralement fait jusqu'ici que par la technique classique de E. Fischer, consistant à transformer les différents acides aminés en leurs esters éthyliques que l’on sépare ensuite par distillation fractionnée.
Cette méthode étant inapplicable à de faibles quantités d’acides aminés, il n’existe pas à l’heure actuelle de méthode pratique permettant le dosage de petites quantités d’alanine en présence d’autres acides aminés quelconques ; la méthode que A. I. Kendall et Th. E. Frieder mann {2] ont préconisée à cet effet et qui est basée sur la transformation de l’alanine en acide lactique, transformation suivie du dosage de cet acide sous forme d’acétaldéhyde par la méthode au bisulfite, est loin d’être spécifique ; elle ne permet pas, en effet, de distinguer l’alanine des autres acides aminés qui, dans les conditions expérimentales réalisées, donnent naissance à des aldéhydes supérieurs facilement entraînables par la vapeur d’eau, comme le font la valine et la leucine, ni, à plus forte raison, de ceux qui, comme le font la sérine et l'acide aspartique, donnent également de l’acétaldéhyde (voir tableau IT).
O. Furth et ses collaborateurs [3] ont cherché à remédier à ce manque de spécificité de la méthode de Kendall
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et Friedemann en essayant de séparer, par une sorte d'entraînement fractionné, l’acétaldéhyde correspondant à l’alanine, des aldéhydes supérieurs provenant des autres acides aminés ; mais la méthode qu’ils indiquent est loin d’avoir la spécificité désirée : d’une part, en effet, la séparation quantitative des aldéhydes en question apparaît comme compliquée et assez aléatoire ; d'autre part, la formation d’acétaldéhyde n’est pas caractéristique de l’alanine dans les conditions réalisées, puisque cet aldéhyde est également donné, dans ces conditions, par la sérine et l’acide aspartique.
Devant l'intérêt évident présenté par le dosage des acides monoaminés monocarboxyliques simples dans les milieux biologiques complexes, nous avons cherché à modifier la méthode de Kendall et Friedemann de façon à la rendre spécifique et nous avons ainsi mis au point une technique permettant de doser en présence d’une série d’autres acides aminés, d’une part l’alanine seule, et d'autre part la somme alanine+sérine-+acide aspartique.
Cette technique comporte les opérations suivantes :
1° Transformation, suivant la méthode de Kendall et Friedemann, du mélange des acides aminés en les hydroxyacides correspondants.
2° Oxydation de ces acides dans des conditions telles que :
a) sur une fraction déterminée, seul l'acide lactique correspondant à l’alanine donne de l’acétaldéhyde ;
b) sur une autre fraction, seuls les acides lactique, glycérique et malique, correspondant respectivement à l’alanine, à la sérine et à l’acide aspartique, donnent quantitativement de l’acétaldéhyde.
3° Dosage spécifique (par colorimétrie) de l’acétaldéhyde produit dans les opérations précédentes.
La première détermination indique la teneur en alanine ; la différence entre la deuxième et la première détermination donne la teneur en sérine+acide aspartique.
«na pas encore été possible de trouver des conditions d’oxydation telles que l’on puisse obtenir quantitativement de l’acétaldéhyde à partir de la sérine, sans qu’il s’en forme notablement à partir de l’acide aspartique, ou inversement. La méthode en question ne permet donc pas de doser isolément la sérine ou l'acide aspartique, lorque ces deux acides aminés sont en présence ; mais on sait qu’il est relativement facile d’éliminer l'acide aspartique sous forme de sel de baryum [4], ce qui permet le dosage spécifique de la sérine, et par conséquent la détermination spécifique également, par différence, de l’acide aspartique.