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RÉSULTATS COMPARÉS DES DEUX METHODES

Dans la majorité des cas douteux, le diagnostic fut ensuite confirmé, montrant ainsi d'une manière manifeste l'intérêt de la méthode. C'est ainsi par exemple qu'un enfant présentait des accidents rendant difficile le diagnostic entre tuberculose et syphilis héréditaire. Les réactions se montrèrent positives, le traitement fut institué et Tenfant guérit.

11 faut donc affirmer Tintérèt des résultats fournis par ces deux procédés et ceci pour répondre aux détracteurs des méthodes, qui prétendent qu'elles n'ont qu'une valeur relative. Ce qu'il convient seulement, dit Howards Fox, de faire remarquer, c'est que ce sont des méthodes délicates et que beaucoup de ceux qui les attaquent ne les ont jamais essayées par eux-mêmes.

Pour notre part, nous souscrivons entièrement à ce conclusions. 11 faut seulement reconnaître qu'il y a des cas difficiles. En voici un exemple : un malade est atteint de lupus érythémateux, l'échec du traitement spécifique et une biopsie confirment ce diagnostic, tandis que la réaction de Wassermann se montrait positive. En questionnant attentivement le malade on apprend qu'il a eu aussi la syphilis. De nombreux cas furent ainsi exploités pour infirmer la méthode alors qu'ils demandaient seulement à être interprétés.

Chez les 23 malades non syphilitiques, llowards a examiné les sérums,il a trouvée caspositifs.il s'agissait de lépreux et un seul cas d'eczéma s'était montré positif sans qu'on puisse retrouver une infection syphilitique précédente. llowards ajoute d'ailleurs qu'il a trouvé la réaction négative dans 30 cas d'eczéma examinés comme contrôlés.

11 conclut à la perfection de la méthode de Noguchi

/O NOUVELLES MÉTHODES DE SÉRO-DIAGNOSTIG

«[iii lui paraît la plus parfaite, et nous sommes heureux, pour notre part, de voir ses résultats concorder si parfaitement avec les nôtres.

Xoguchi croit, comme Blaschko, que la réaction peut servir de guide pour le traitement de la syphilis. Il semhle manifeste, disent ces auteurs, que si le traitement est efficace, les symptômes de la maladie s'amendent et la réaction faihlit jusqu'à devenir négative en cas de guérison. Nous n'avons pas constaté ce fait aussi nettement, et comme nous Tavons déjà fait remarquer, la réaction de Wassemiann s'est montrée positive chez la plupart des anciens syphilitiques que nous avons exaniinés, même traités et sans accidents. Ce fait est d'ailleurs d'accord avec la clinique qui nous montre ([ue le traitement mercuriel possède un pouvoir curatif sur les accidents, mais n'a pas d'action préventive.

Xous avons pratiqué, dans le service de M. le professeur Tiaucher, OG réactions de Noguchi en même temps que le Wassermann, nos résultats sont, dans l'ensemble, conformes à ceux de cet auteur.

Nous n'avons vu que deux syphilitiques dont le Wassermann ait été négatif et le Xoguchi positif. Nous f*mployons actuellement d'une façon courante ce dernier procédé.

Ces séro-diagnoslics resteront l'apanage de quelques laboratoires de clinique ; on ne saurait en outre trop se garder d'être absolu. Bien des points restent obscurs, les résultats négatifs sont moins importants que les positifs, mais après avoir formulé ces réserves,, on ne peut refuser à ces méthodes une très réelle valeur.

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Séro-diagnostic des mycoses.

Déjà les réactions de fixation et la recherche de l'agglutination ont permis à M. \Yidal et à ses élèves de montrer que les mycoses suivent les grandes lois de pathologie générale et que ces méthodes constituent de précieux moyens de diagnostic. Cet auteur a établi, en matière de mycoses, la notion des coagglutinations et des co-fîxations.

On sait en effet que le phénomène de l'agglutination n'est pas spécial, comme nous l'avons vu, aux infections microbiennes M. Roger avait montré que le sérum des animaux vaccinés contre l'oïdium albicans acquiert la propriété d'agglutiner d'une façon spéciale ce parasite. Ensemencé dans un tel sérum l'oïdium donne naissance à des levures et à des mycéliums dont la cuticule se gonfle et s'épaissit ; ces éléments finissent par se réunir en amas plus ou moins volumineux encastrés dans une véritable zooglée. Ces amas tombent au fond de la culture dont la partie supérieure se clarifie. Il était intéressant de rechercher dans le sérum d'un individu atteint de mycose en évolution si l'on pouvait constater des réactions humorales particulières, et si Fon pouvait édifier sur leur étude une méthode de diagnostic.

MM. Widal et Abrami ont, d'abord, recherché si, par la méthode des dilutions qui avait déjà servi à l'un d'eux à établir le séro-diagnostic de la fièvre typhoïde, on ne pourrait pas provoquer avec le sporotriciium une agglutination utilisable en clinique. Or, un champignon

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n'a pas la simplicité morphologique d'une bactérie. Le sporotrichum présente un aspect distinct aux différents stades de son évolution sur gélose glucosée — ou maltosée — . Lorsqu'on regarde au microscope une culture de sporotrichum, au moins vieille de un mois et délayée, on voit des lîlaments de mycélium plus ou moins allongés souvent fragmentés ou enchevêtrés et des spores en abondance. Il est facile d'isoler ces spores qui seules paraissent influencées par le sérum. Voici le dispositif simple imaginé par MM. Widal et Abrami pour obtenir la séparation des spores et du mycélium.

Après avoir enlevé avec une spatule de platine, les cultures vieilles développées surgélose maltosée à 'a".,, on les broyé dans un mortier et on dilue la bouillie grise ou noire ainsi obtenue dans de l'eau physiologique. On possède alors une émulsion trouble dans laquelle le microscope montre la présence d'un très grand nombre de spores plus ou moins mélangées à des réseaux mycéliens. Si Ton filtre cette émulsion sur un filtre de papier Chardin qu'on a eu le soin de mouiller au préalable, le liquide qui traverse le filtre présente un aspect complètement homogène, il ne contient plus que des spores, le mycélium ayant été retenu sur le papier.

Il suffit alors de se servir de cette émulsion pour cliiiïrer le taux agglutinatif des sérums en suivant le procédé de mensuration proposé par ^LM. W idal et Sicard pour le séro-diagnostic de la fièvre typhoïde.

Une goutte du sérum à éprouver est mélangée dans un verre de montre à 0 gouttes de ^'tmulsion. Une goutte de cette dilution au 1/10 mélangée à 2,4 et

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à 9 gouttes de culture de sporotrichum, donne des dilutions au 1/30, au 1 50 et au 1 100. Enfin on peut pousser jusqu'au 1 1000 en mettant une goutte de la dilution au 1/100 dans 1, 2, 3, 4 et... gouttes d'émulsion pure.

Alors que l'émulsion témoin dépourvue de sérum se conserve homogène pendant toute la durée de l'expérience et que les spores qu'elle renferme restent libres sans montrer aucune tendance à se fusionner en « îlots d'archipel », on observe au contraire une immobilisation rapide puis une agglutination des plus nettes des spores, lorsqu'on ajoute à Témulsion un sérum de sporotrichosique. Le champ de la préparation est alors typique, il est parsemé d'amas volumineux faits de l'agglomération de spores nombreuses et ne laisse plus voir que de très rares éléments isolés. Le phénomène se poursuit jusqu'au 1/300 et même 1 800 lorsqu'il s'agit de sérums sporotrichosiques.

11 faut cependant choisir les cultures ; suivant leur date d'origine et le milieu où elles se trouvent, celles-ci possèdent des pouvoirs agglutinants dissemblables. « Il faut, dit M. Widal, en parlant des spores du sporotrichum, savoir les moissonner au bon moment, il semble que les cultures d'un mois fournissent les spores qui ■conviennent le mieux à Fétude de la séro-réaction. »

Lorsqu'on recherche Faction des sérums de sujets atteints des maladies les plus diverses vis-à-vis du sporotrichum, on voit qu'il est extrêmement rare d'en trouver qui agglutinent.

11 était intéressant alors de voir si le sérum de malades atteints de mycoses diverses n'était pas, lui aussi capable d'impressionner les spores sporotrichosiques,

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en d'autros termes s'il n'existait pas de coagglutinations mycosiques coinine en matière de typhoïdes et de paratyphoïdes.

MM. Widal.Abrami et nous-même,avonsainsi montré que le sérum de sujets atteints d'actinomycose, provoquaient des agglutinations qui, pour être plus faibles, n'en étaient pas moins manifestes (1 50 à 1/150).

Nous avons étudié les sérums de tuberculeux atteints de muguet. Ils agglutinaient à 1 pour 50 et à 1 pour 100 les spores de sporotrichum tandis qu'ils n'agglutinaient qu'à des taux très faibles les spores d'oïdium provenant do leurs propres cultures. On voit donc que la mesure du taux agglutinatif peut être exploitée pour le diagnostic de maladies à champignons comme Tactinomycose dont les lésions cachées sont parfois si délicates à reconnaître et dont le parasite est si difficile à cultiver.

« Lorsque le problème se pose au lit du malade, dit M. \Vidal,de savoir si l'on n'est pas en présence d'une manifestation de Factinomycose, la constatation d'une agglutination positive pour le sporotrichum ne permet évidemment pas à elle seule de porter le diagnostic spécifique. Cette constatation apporte par contre un argument puissant en faveur de rexistence d'une mycose appartenant à un groupe limité dont Tactinomycose fait . précisément partie. Va\ orientant aussi le diagnostic cette séro-réaction peut aider à trancher la question posée parla clinique et fournir les éléments d'un séro-diagnostic. »

Nous avons c<jntinué nos recherches de contrôle avec le sérum de sujets non mycosiques; flous avons obtenu des résultats complètement négatifs ou des agglutina-

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tions ne dépassant pas 1 pour 10 après deux heures de contact des spores sporotrichosiques avec le sérum de tuberculeux, de syphilitiques, de cancéreux, de typhiques,degonococciques, de cardiaques. Nos recherches ont porté d'une façon spéciale sur le sérum des pneumoniqucs et des ictériques qui donnent une légère agglutination avec les bacilles typhiques. Le sérum d'un pneumonique agglutinait les spores du sporotrichum à 1 pour 30 et le sérum d'un sujet atteint d'ictère chronique les agglutinait à 1 pour 50. Ces chiffres sont inférieurs à ceux fournis par le sérum de sujets atteints de mycose en évolution, il est en tout cas toujours facile de reconnaître si le sujet dont le sérum est à éprouver au point de vue d'un séro-diagnostic mycosique est atteint ou non de pneumonie ou d'ictère.

On pouvait en outre se demander s'il n'existait pas aussi dans le sérum des individus atteints de mycoses des sensibilisatrices spécifiques et des co-sensibilisatrices ; c'est ce qu^ont fait MM. Widal, Abrami, Joltrain et André Weill.

On peut opérer pour rechercher la réaction de fixation du complément vis-à-vis de l'antigène sporotrichosique suivant un procédé analogue à celui de Wassermann. On prend ici comme antigène une émulsion très abondante de spores et de mycéliums sporotrichosiques, comme complément le sérum de cobaye et un système hémolytique antimouton ou antihumain.

Il est bon de rechercher simultanément la réaction asr^lutinante et la réaction de fixation. Nous les avons trouvées toutes doux réunies chez des sporotrichosiques dont la maladie était en pleine période d'évolution. Par contre, chez un sujet au moment où les

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lésions s'a(Ttiil)lissaient, la réaction de fixation s*est atténuée, alors que la réaction agglutinante persistait dans toute son intensité. On assiste ainsi entre les deux phénomènes à une dissociation semblable à celle que -M. Widal avait constatée il y a longtemps déjà avec M. Le Sounl dans le sérum des typhiques.

La déviation du complément, traduite conmie on le sait par le défaut d'hémolyse, se produit en effet chaque fois qu'il s*agit de sporotrichose.

Les recherches que nous avons poursuivies avec M. A. Weill sur la co-agglutination et la co-fixation mycosique nous ont montré que le sérum des sujets qui ne sont pas atteints de sporotrichose, d'actinomycose ou de muguet, n'a aucune action de fixation sur les cultures de sporotrichum d'oïdium ou de trycophyton.

Le sérum des sujets atteints de sporotrichose, d'actinomycose ou de muguet, fournit au contraire une réaction de fixation très nette avec l'un ou l'autre de ces divers champignons, mais par contre ne donne pas plus de réaction avec les cultures d'aspergillus qu'il n'en donne avec les cultures de bacille d'Éberth.

Il est intéressant de noter ces différences d'action sur des échantillons d'espèces diverses ; il y a là des distinctions qui méritent peut-être d'être retenues par les botanistes.

Les phénomènes de co-fixation sont môme tels que si la spore du sporotrichum, qui possède toutes les qualités de l'espèce, est rélément de choix pour la recherche de l'agglutination, la culture crémeuse et abondante d'oïdium paraît fournir l'émulsion de choix pour la réaction de fixation. I^cs résultais obtenus jusqu'ici sont nettement concluants et par cette méthode

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un certain nombre de cas, — nous en avons encore eu deux récemment dans le service de M. le professeur Gaucher, — furent aisément diagnostiqués.

On comprendra toute l'importance pratique de ce fait en songeant qu'avec la thérapeutique par l'iodure de potassium on obtient dans les mycoses presque toujours des guérisons rapides.

Des observations rapportées par MM. de Beurmann Gougerot et Vaucher, Widal et Joltrain, Brissaud et Gy, donnèrent la preuve que la sporo-agglutination et la réaction de fixation permettaient même de faire le diagnostic rétrospectif de sporotrichose. Certains cas ignorés depuis des années, comme celui de Josset Moure pris d'abord et opéré pour une ostéomyélite, ne furent révélés que par cette méthode.

Une observation de MM. Achard et Bamond montra que le taux agglutinatif présenté par un sérum de sporotrichosique vis-à-vis des spores du parasite pouvait être très élevé, 1 pour 1.200. Chez un malade ayant une septicémie sporotrichosique, MM. Widal et A. Weill oit observé à propos du traitement ioduré et de son action sur les réactions un fait qui mérite d'être signalé. Sous l'influence de l'absorption quotidienne de 8 grammes d'iodure de potassium on assista à la rétrocession rapide des phénomèmes. Or après un mois, bien que le malade n'ait pas cessé un seul jour son traitement, trois gommes nouvelles apparurent sur la région thoracique. Les réactions humorales étaient toujours positives.

M. Widal n'a pas fait l'épreuve de la tuberculine chez les sporotrichosiques mais a recherché si le sérum de sujets atteints de formes diverses de tuberculose et en particulier de vieilles suppurations bacillaires n'ag-

glutinait pas les spores de sporotrichum ou iw déterminait pas de réaction do fixation sur ses cultures. 11 n'a jamais eu que des résultats négatifs.

Dans les recherches entreprises i)ar MM. Widal et Etienne Brissaud, sur les animaux et en particulier les bœufs atteints d'actinomycose, les résultats ont été inconstants \ En revanche dans la recherche des colixations un certain nombre de dycomyccs et d'oospora sont susceptibles de fournir des antigènes avec lesquels on obtient des résultats positifs.

Ces méthodes ignorées hier sont maintenant connues et Ton ne compte plus actuellement de semaine <jii l'on ne présente de nouveaux cas venant à Tappui de cette thèse.

Ces méthodes nous montrent toute la valeur des réactions humorales. Sortant du cadre un peu restreint de la dermatologie pure, la plupart des dermatoses rentrent dans celui de la médecine générale.

(1) Alors que le sérum des hommes acLinomycosiques fournit la rcactiou de co-agglutination el surtout la réaction si nette de co-fixation, nous avons été frappés de constater contrairement à ce qu'on pouvait attendre, qu'on ne pouvait compter sur aucune de ces deux réactions avec le sérum de bo:ufs atteints de cette maladie. Le sérum des bœufs normaux agglutine presque toujours à un taux relativement élevé les spores de sporotrichum, nous n'avons pas obtenu d'agglutination bcaucoupplus marquée avec le sérum de (juatre bœufs uctronomycosiques. La recherche de la réaction de co-fixati(jn faite avec ces sérums ne nous a donné le plus souvent que des résultats inccr:ains en présence des cultures dactinomyces. de sporotrichum et d'oïdium, ('es faits nous montrent une fois de plus combien sont variables d'une espèce ù l'autre les réactions humorales acquises au cours d'une même infection. (Widal, Abraim, Joltrain, E. Brissaud et VVeill, Soc, méd. hopit., :il juillet 1909.)

SÉRO-DIAGNOSTIG DU KYSTE IIYDATIOUE 79

SérO'diagnostlc du kyste hydatiqiie,

Weinberg, puis Laubry et Parvu ont trouve que le sérum des individus atteints d échinococcoses contenait des sensibilisatrices spécifiques faciles à mettre en évidence par la réaction de Bordet-Gengou en employant comme antigène le liquide du kyste hydatique du mouton. Usuffit pour pratiquer cette réaction de se procurer du liquide clair et non infecté d'une vésicule hydatide. L'on peut employer les mêmes doses respectives, d'antigène, de sérum et de complément que dans la réaction de Wassermann, en ayant seulement soin auparavant de titrer son antigène hydatique. Les observations qui se sont multipliées presque toutes confîrmatives ont montré la valeur que les chirurgiens sont endroit d'attribuer à cette méthode.

La ponction est aveugle et dangereuse. La radioscopie est incertaine, au point de vue de la nature de la tumeur comme on peut s'en rendre compte. Seule, jusqu'ici, Téosinophilie fournit des renseignements utiles, mais elle n'est pas spécifique, elle fait défaut dans les kystes anciens, à parois épaisses (Chauiïard, Boidin, Fiessinger) : elle peut exister dans les tumeurs malignes. Aussi la réaction de fixation, paraît supérieure. Elle a le défaut d'être longue et d'exiger une tecimique et des préparations antérieures minutieuses, mais ces critiques ne valent pas pour une affection lente comme les kystes hydatiques, en exigeant toutes les garanties de certitude avant l'intervention grave qu'ils comportent.

On con(;oit l'importance que peut avoir un pareil examen de laboratoire capable, suivant la réponse qu'il donne, de déterminer l'acte opératoire. Voici d'ailleurs à ce sujet les conclusions de M. Lejars à la Société de Cliirurgie :

1° Le sérum des sujets atteints de kyste hydatique quels que soient le siège et le développement de i'écliinococcose, contient des anticorps spécifiques ;

2^ Le liquide céphalo-rachidien des mêmes sujets ne donne pas de réaction de fixation, ne contient pas d'anticorps ;

3° La réaction do fixation, lors d'échinococcose, est rigoureusement spécifique, et contrairement à ce qui se passe pour la syphilis, pour la lèpre, par exemple, elle ne s'obtient jamais avec un autre antigène que le liquide de kyste liydatique ;

4" Il n'existe aucune relation constante et assurée entre l'éosinophilie et le kyste hydatique, pas plus qu'entre l'éosinophilie et la réaction de fixation ;

O' Le liquide de kyste hydatique de l'homme et le liquide de kyste hydatique du mouton se prêtent aux mêmes réactions et peuvent, expérimentalement, se substituer Tun à l'autre;

(')" En présence de toute tumeur viscérale, dont le diagnostic est malaisé à obtenir par les procédés usuels d'exploration clini([ue ou de laboratoire, la réaction de fixation est tout iridi([uée et s'impose.

^LM. Delbet, Tuilier, Jioutier, l'.iurc a])prouveiit les conclusions de M. Lejars.

Il convient de faire remarquer, que pour le sérodiagnostic du kyste hydatique comme pour celui de la syphilis, une réaction négative ne peut avoir de valeur.

SÉRO-DIAGNOSTIG PAR LES REACTIONS DE FIXATION 8l

Un point est intéressant à préciser.

Pendant combien de temps peut-on trouver les anticorps du kyste liydatique dans le sérum des malades auxquels on a extirpé un kyste ? La question est extrêmement difficile à résoudre. Cependant, les deux observations données par M. Routier apportent déjà un peu de lumière. Il extirpe ciiez une malade un kyste liydatique de l'épiploon et chez une autre un kyste du rein développé en dehors du parenchyme de l'organe.

On prélève du sang de ces malades très peu d'heures après Fintervention et la réaction est négative.

Il semble donc que le sérum perde très rapidement ses propriétés particulières lorsque le kyste s'est développé en dehors d^'un parenchyme.

Il faut cependant être prévenu des causes d'erreur. On se sert habituellement, dans le séro-diagnostic de l'échinococcose, de trois antigènes un pou difTérents.

M. Weinberg se sert du liquide hydatique du mouton qu'il a pu conserver indéfiniment par un procédé qui consiste à dessécher dans le vide le liquide hydatique et à le diluer au moment de l'expérience. M. Parvu se sert d'extrait alcoolique. Enfin M. Weinberg ayant repris par Teau physiologique le dépôt qu'on obtient par la centritugation du liquide hydatique traité par l'alcool a obtenu un troisième antigène, qu'on peut appeler le résidu alcoolique. MM. Paisseau et Tixier, en signalant avec l'extrait alcoolique des causes d'erreur qui résultent en partie de ce (jue l'antigène n'est pas complètement soluble dans Talcool, concluent à la supériorité de la méthode de Weinberg.

Séi'O diagnostic jtar les rc actions de fixation de diverses m aladies infect ie us es .

Nous avons vu que MM. Widal et Le Sourd ont trouvé dans le sérum des typhiques une sensibilisatrice spécifique. Il y aurait certainement là une méthode importante de séro-diagnostic si Tagglutination ne donnait plus rapidement, et plus sûrement, un renseignement précis. Le phénomène de Bordet-Gengou appliqué à la recherche des anticorps tuberculeux, avec des cultures de bacille do Koch comme antigène, n'a pas donné à MM. Widal et Le Sourd et aux nombreux auteurs qui depuis eux, l'ont recherché, les résultats qu'on en attendait. Nous sommes d'ailleurs persuadé qu'il y a seulement une question de technique et qu'en variant l'antigène, on obtiendra de meilleurs résultats.

Au cours de septicémies déterminées par ces agents pathogènes les plus communs, comme le staphylocoque, le streptocoque, le pneumocoque et le gonocoque, les résultats obtenus sont, bien que fréquemment positifs, difficiles à interpréter. Nous avons pour notre part été frappé de ce fait qu'un grand nombre de sérums^ normaux, au moins en apparence, contenaient des anticorps vis-à-vis du pneumocoque. Nous croyons d'ailleurs que ce fait est des plus intéressants et tient à ce que ce germe pathogène existe dans la gorge de la plupart d'entre nous et n)éme que les septicémies latentes à pneumocoques sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croit.

La méthode de fixation, apjdiquée à l'examen des

SÉROrDIAGNOSTIC PAR LES REACTIONS DE FIXATION 83

maladies cholériques, en employant des selles cholériques comme antig-ène et du sérum anticholérique comme anticorps a donné à Nedrigailoff des résultats positifs.

Korschum et Leibfreid ont obtenu des réactions positives dans la fièvre récurrente en employant comme antigène de l'extrait de foie « récurrent ».Dans ces cas d'ailleurs, il y avait des phénomènes de co-fîxation avec la syphilis, la réaction de Wassermann s'étant aussi montrée positive.

Levaditi et ^lutermilch, en raison même des résultats inconstants obtenus jusqu'ici et de la confusion entre la réaction spécifique et la réaction non spécifique des lipoïdes, ont repris la question en se servant de suspensions ou d'extraits de trypanosomes. Ces auteurs ont constamment obtenu la déviation du complément en examinant les séruins d'animaux atteints de trypanosomiases analogues.

On a pu enfin déceler par ces méthodes, des cas de morve (Schutz et Schubert) et tout récemment encore tandisque MM. Vincent et Bellot appelaient l'attention sur le précipito-diagnostic de la méningite cérébro-spinale dont la réelle valeur a été rapidement confirmée par de nombreux auteurs, M. Cohen montrait que la réaction de fixation pouvait rendre des services analogues, donnait des résultats conformes à ceux de M. Vincent, et, permettait même, d'établir le diagnostic rétrospectif de méningite cérébro-spinale.

Avec M. A. Lemierre nous avons recherché si les sérums de malades récemment vaccinés n'étaient pas susceptibles de dévier le complément en prenant comme antigène la lymphe vaccinale. Il serait en elïet intéres-

St NOUVELLES METHODES DE SÉRO-DIAGNOSTIC

sant de rccherclior, s'il n\^xiste pas de co-lîxalion, avec la variole, et si l'on ne pourrait ainsi établir une méthode de séro-dia^nostic de cette afTection. La question est encore à l'étude, l;i difficulté résidant ici, dans l'obtention d'un antigène ne contenant pas de substances hémolytiques.

M. (lastox a recherché dans le laboratoire de M. Widal la présence d'anticorps spéciflques dans les sérums des malades atteints de streptococcies diverses. Les ré sultats furent positifs dans des cas de fièvre puerpérale, érysipèle, abcès streptococcique, arthrite à streptocoques, et pleurésie purulente de même nature. Sur cinq sérums de scarlatines, trois donnèrent des résultats négatifs, faits d'ailleurs d'accord avec les recherches antérieures de MM. Foix et Mallein.

Il est probable, qu'à cette liste déjà longue nous aurons, dans l'avenir, d'autres résultats à ajouter ; on peut dire que dès maintenant, ces méthodes ont une valeur indiscutable en matière de maladies infectieuses et sont toujours susceptibles de fournir (juelques renseignements utib'S.

Sérodiagnostic dr la Irprc

L'agtrlutinaliun [)ar h's sérums de lépreux, de bacilles de Hansen retirés d'un tuljercule, et la réaction de fixation en jirenant connue antigène une solution éthéro-alcoolique de léprome,ont permis à MM. le professeur Gauclier et P. Abrami d'établir dernièrement un séro-diagnostic de la lèpre. Nous avons eu l'occasion récente de réboudre par cette méthode un problème

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