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SÉRO-DIAGNOSTIC DE LA LÈPRE

diagnostique que la clinique seule ne permettait pas de solutionner.

Le diagnostic des formes atypiques de la lèpre ne peut être, dans bien des cas, porté avec certitude, par suite de Tabsence de lésions cutanées ou muqueuses où l'on puisse déceler le bacille de Hansen. 11 en est ainsi pour la forme tropho- névrotique de la lèpre, dont la similitude peut être extrême avec la syringomyélie, la maladie de Morvan, la sclérodatylie.

MM. Gaucher et P. Abrami ont pensé que l'établissement d'un séro-diagnostic de la lèpre pourrait permettre de reconnaître, avec certitude, ces formes atypiques de la maladie et de les différencier des affections qui donnent lieu à des syndromes cliniques voisins.

Tout d'abord, la recherche de l'agglutination, effectuée sur l'émulsion obtenue en délayant dans l'eau chlorurée à 8 pour 1.000 le centre caséeux de lipomes ramolJis, a montré que le sérum des malades atteints de lèpre tuberculeuse agglutine le bacille de Hansen à des taux variant entre 1 pour 100 et 1 pour 400. Par contre, Tagglutination est restée négative avec le sérum de tous les sujets non lépreux. Quatre syringomyéliqucs n'ont fourni aucune réaction; un sujet atteint de lèpre à forme nerveuse a au contraire agglutiné le bacille de Hansen à 1 pour 300. Toutefois cette recherche d'agglutination ne doit pas être considérée comme un moyen pratique de diagnostic; l'observation du phénomène est rendue très délicate par la tendance spontanée que présentent les bacilles de Hansen de s'agglutiner spontanément au bout d'un temps assez court.

11 n'en est pas de même de la recherche de la réaction de fixation qui a fourni des résultats d'une très

'^<» NOUVEIXES MKTHOnES; DE SÉRO-DIAC.NOSTIC

irrande précision. Kitiior avait constaté, dans le sérum d*un lépreux, l'existence d'une sensibilisatrice, par la méthode de Bordet-tîengou. Tout récemment, MM. Slatineanu et Oanielopol ont fait les mêmes constatations, chez :i4 lépreux sur 20 qu'ils ont examinés. Les recherches de MM. Gaucher et Abrami, poursuivies parallèlement à celles de ces derniers auteurs, ont porté non seulement sur des cas de lèpre tuberculeuse, mais sur des cas de lèpre fruste, à forme nerveuse. Ils ont employé comme antigène une émulsion obtenue, en triturant dans le sérum physiologique le produit de broyage de lépromes desséchés. Le phénomène était observé après un contact de quatre heures entre l'antigène et le sérum éprouvé.

Gomme il est assez diflicile de conserver cette émulsion nous avons essayé dernièrement de moditier légèrement la méthode de MM. Gaucher et Abrami en employant comme antigène, un extrait alcoolo-éthéré de léprome. 11 a l'avantage de pouvoir en tubes scellés se conserver très longtemps. 11 suffit seulement de doser son activité comme on le fait pour les extraits alcooliques du Wassermann. X(M1s avons dans nos expériences employé une dilution de cet extrait, à 1 pour 7 dans l'eau physiologi(|ue,et nous avons toujours obtenu des résultats identiques à ceux que donnait l'extrait acpieux.

Les sérums provenant de cas de lèpres tuberculeuses ont fourni constamment iiiic réaction positive et très intense. Les résultats ont été an contraire négatifs avec de nond)reux sérums de sujets non h''j)reux. Il en a été ainsi, en parliculi<'r chez sept mahides att(;ints de syringomyélie et chez nu iniihub^ 2)rés('nt;iiil h* tal)h;au

SÉRO-DIAGNOSTIC DU MYCOSIS FONGOÏDE 87

de la maladie de Morvan, examinés par ^L\l. Gaucher et Abrami. M. Milian a trouvé la réaction positive dans un cas de lèpre autochtone du Cantal.

Ce séro-diagnostic est des plus importants puisqu'il apportera un argument de haute valeur, dans la discussion du diagnostic des cas douteux et permettra de différencier parmi les syndromes syringomyéliques ceux qui ressortissent au bacille de Hansen et ceux qui relèvent de toute autre étiologie.

Séro-diagnostic du imjcosis fonrjoide.

Le mycosis fongoïde est, on le sait, une maladie cutanée chronique se manifestant le plus souvent au début par des éruptions d'aspects divers, eczématiformcs, éryhtémateuses, urticariennes, lichenoïdes et caractérisée ensuite par des tumeurs dermiques de constitution spéciale, formées de tissu conjonctif réticulé et d'éléments embryonnaires ou fibroplastiques. On sait également combien le dingnostic est difficile à poser, à la première période, dite des éruptions prémycosiques. C'est ainsi que Ton ne possède cliniquement que de très vagues symptômes pour distinguer Téruption prémycosique du psoriasis généralisé, du pityriasis rubra ^3Condaire, du pemphigus foliacé, ou même d'un lichen plan et d'un eczéma généralisé, Besnier disait : « Dans tous les cas de dermatose prurigineuse ambiguë se prolongeant avec quelque tenue, rebelle aux moyens de traitement ordinaires, qu'elle revête la forme d'une érythrodermie vague, d'un psoriasis, d'un eczéma squa-

8S NOUVELLES MLTHODES DE SKH0-DL\(.N06T1C

meux difTus, discoïde ou circiué, d'une urlicaire rebelle ou d'uu })rurigo lichenoïde, il faut aeiter la question de la possibilité d'un mycosis fongoïde à la ])ériode prémycosi(|ue. »

Les examens liistologic^uos, en montrant que ces tumeurs étaient composées de nombreuses cellules embryonnaires occupant les mailles d'un réseau fibrillaire, avaient fait considérer le mycosis fongoïde par les uns comme une lymphadénie cutanée, par les autres comme une variété de sarcome. Jl semble aujourd'bui démontré par les études de MM. Gaucher et Dominici que le mycocis doit être rangé dans le groupe des tumeurs embryoplastiques ; c'est une néoplasie voisine des sarcomes globo-cellulaires.

On ne possède pas de preuves formelles de sa nature infectieuse mais la classification du mycosis fongoïde,, en nosographie, dans le groupe des dermatoses infectieuses, se justifie par de nondireuses analogies.

L'étude des réactions humorales, nous a paru présenter dans des cas semblables, un intérêt non seulement pour préciser le diagnostic mais encore au point de vue de la biologie générale. Nous avons vu en. effet les rapprochements qu'on peut établir entre cette alTection, les inilammations chroniques, les états leucémiques et les tumeurs malignes.

C'est pour ce motif que nous avons eu l'idée, MM. Gaucher, L. Hrin «t iions-niéiiic d'appliquer au mycosis les méthodes de séro-diagnostic de la lè])re et de la syphilis. La premier*' difficulté était d'obtenir nu antigène mycosique. Voici la tcchnifjue (|ue nous avons employée : Nous nous sommes servis des tumeurs provenant d'un cas de mvcosis foniroïde généralisé, terminé

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par la mort \ Après en avoir obtenu le broyage dans un broyeur Latapie, avec quelques difficultés d'ailleurs à cause de la résistance du tissu, nous avons employé des extraits aqueux, alcooliques, alcoolo-éthérés et alcoolo-acétoniques. Le meilleur antigène nous a paru devoir être obtenu de la façon suivante ; on reprend une à deux parties de pâte mycosique obtenue par dessiccation dans le vide,par 15 parties d'alcool absolu en les laissant sept à huit jours au contact, à la température du laboratoire. Après évaporation de l'alcool on reprend le résidu par l'alcool-éther puis par l'alcoolacétone. Nous avons employé dans toutes les expériences qui vont suivre une dilution de cet extrait à 1 pour 7 ou à 1 pour 10 dans l'eau physiologique. On obtient ainsi une solution homogène blanchâtre, qui est à l'état colloïdal comme nous l'a prouvé l'examen à Tultra-microscope et que le transport électrique nou& a démontré être formée de particules électro-négatives. C'est après avoir titré l'antigène par rapport à une dose déterminée de complément et d'ambocepteur qu'on peut se rendre compte du titre exact de la dilution qu'on doit employer. Nous avons pratiqué la réaction, suivant la méthode de Wassermann et en employant indistinctement un système hémolytique antimouton et un système hémolytique antihumain.

Voici les résultats que nous avons obtenus : Le sérum d'un malade atteint d'un mycosis fongoïde à la période de tumeurs et dont le diagnostic n'était pas douteux, nous a fourni à cinq reprises différentes une réaction nettement positive. Nous avons ensuite exauiiné quatre

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