‹ Nouvelles méthodes de séro-diagnosticChapitre 6 sur 26 · Voir note page · texte numérisé non relu

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suivre, on se sert d'eau chlorurée (\aG17,50ou 8gr.«;„,)^ (ju'on appelle encore sérum physiologique et qui est « iso/onit/Nc », au sérum sanguin.

D'autres agents physiques comme Télectricité, le froid, la chaleur, la pression mécanique, un grand nombre d'agents chimiques, les alcalis, les acides, les éthers et les alcools, certains lipoïdes, peuvent être la source de phénomènes hémolytiques, maisce sont surtout les agents biologiques qui doivent nous intéresser. Il est de notion déjà ancienne qu'il existe dans les plantes des substances, comme la saponine, l'agaricine^ la solanine, la digitaline, qui possèdent ce pouvoir et il en est de même de certaines substances bactériennes, la tétanolysine, la stapliylolysine, etc., ou toxines animales, comme le venin des serpents. Cette notion nous montre, en passant, combien dans toutes ces expériences, il faudra se garder de l'introduction de tels éléments qui pourraient devenir autant de causes d'erreur.

On sait depuis longtemps que le sérum de certaines espèces animales possède, et nous aurons à revenir sur ce fait, des propriétés hémolytiques spontanées et naturelles, vis-à-vis des globules rouges provenant d'une autre espèce animale. C'est ainsi, par exemple, que le sérum de chien peut hémolyser en partie les globules rouges du che\al, du l;4)in, du cobaye, du mouton, et le sérum humain peut produire le même phénomène vis-à-vis des globules rouges du mouton, du cobat/Cy (lu lajàn, cheval, bœuf, grenouille, etc. Knfin, on connaît le pouvoir hémolytique considérable vis-à-vis de tou? les globules rouges, (jue possède le sérum d'anguilh'.

Bordet a montré que, par l'introduction de gh)bules

HÉMOLYSE ET SÉRUMS HÉMOLYTIOUES 1 l

rouges d'une espèce animale donnée, qui agissent comme antigène, dans un autre organisme animal, on y provoque la production d'anticorps spécifiques qui hémolysent ces globules. En d'autres termes, si l'on fait à un lapin, par exemple, plusieurs injections sous-cutanées intra-veineuses ou intra-péritonéales de globules rouges de mouton, le sérum du lapin acquiert le pouvoir d'agglutiner puis de détruire les globules rouges de mouton. On dit que le sérum du lapin est devenu hémobj tique antimouton. D'une façon générale, le sérum des animaux préparés avec les globules d'une espèce étrangère acquiert des propriétés bémoly tiques pour les globules de cette espèce.

Une série de recherches ultérieures devait bientôt montrer le mécanisme de l'action des sérums hémolytiques.

Lorsqu'on prend un sérum hémolytique quelconque, par exemple celui d'un lapin antimouton, et qu'on le fait chauffer à oô" pendant une demi-heure, on voit qu'il a perdu ses propriétés hémolytiques. On peut lui ajouter une quantité variable de globules rouges de mouton, il n'est plus caj^able de les détruire. On dit qu^'il est inactivé.

Et cependant ses propriétés hémolytiques n'ont pas entièrement disparu, puisqu'il suffît de lui ajouter un sérum neuf et frais quelconque pour qu'il recouvre aussitôt la faculté d'iiémolyser les globules rouges du mouton, On dit qu'il est réactivé. Comme ce nouveau sérum n'est pas hémolytique par lui-même, il faut bien admettre que certaines substances qu'il contenait sont venues réactiver l'hémolysine encore existante dans le sérum chauffé. Tout se passe, en somme, comme s'il y

avait bien là une siibslauce active, mais dont l'action a besoin d'un coinplnnent qui n'existe que dans les sérunis non chaulTés.

Si, maintenant l'on reprend les globules rouges de mouton (jni sont restés au contact du sérum hémolytiquo t lianiTé et ainsi inactivé, pendant plusieurs heures, qu'on les lave plusieurs fois à l'eau physiologique et qu'on leur ajoute du sérum neuf, l'hémolyse se produira. Tout se passe encore comme si l'hémolysine s'était lixée sur les globules à la manière d'un mordant de teinture. On dit que les globules ont été sensibilisés à l'action du sérum frais, d'où le nom de sensibilisatrice donnée à cette substance.

Il faudrait chauiïer à 85° pour que le sérum hémolyti(jue ne puisse être réactivé, c'est-à-dire pour détruire cette sensibilisatrice.

Ces phénomènes, qui sont exprimés dans la figure I, éclairent le mécanisme par lequel un sérum hémolytiquo produit son action. Tout sérum hémolytique doit, en elTi't, ses propriétés à l'action combinée de deux substances: \<i sensibilisatrice eileco?7îplément — la sensibilisatrice qui est un produit a' i?nfnu?iisat ion. Elle est .v/y<^c///y//^, c'est-à-dire, (jn'elle n'agit que sur l'antigène employé. En d'autres ternies, elle ne peut produire riiémolyse, — s'il s'agit d'un lapin anti-mouton, — que d<'s globules rouges de mouton qui ont provoqué sa production jiar leur inti'odnction dans l'oruanisnic du lapin.

Klle est ihcnnostabih'^ c'est-à-<lir<' (ju'elle lésistci, eomme m)us l'avons vu, à une Innre de chaufTage à 55' et n'est détruite (ju'au-dessus de 80° ; on l'appelle encore arnboceptrnr.

HEMOLYSE ET SERUMS HEMOLYTIOUES

Le complément est un produit naturel. Il n'est pas spécifique, tous les sérums en contiennent une quantité variable, ou plutôt ont un pouvoir complémentaire

. L ot-nhlii-nt-nt . Pdi'= Je Cotntoltrritt^ï' Pau, d' oLfnbocsJ^kta-

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différent. Il complète, d'où son nom, l'action de la sensibilisatrice. Enfin, et cela est capital, il est thermolahile, c'est-à-dire partage avec les ferments la propriété de se détruire à 55\

On l'appelle encore alexine ou ct/fasc.

Il nous sera, par conséquent, toujours facile d'obtenir un sérum héniolytique pour les i; lobules rouges (l'une espèce animale donnée. Par chauffage à 55% nous pourrons l'inactiver, c'est-à-dire, détruire ses propriétés hémolytiques et, suivant que nons l'ajouterons ensuite à un milieu contenant, ou ne contenant pas de complément, il pourra héniolyser ou au contraire ne pas hémolyser ces globules rouges.

C'est la base même qui permet d'apprécier les réactions de fixation en général, et par suite, d'assurer la méthode du séro-diagnostic de la syphilis.

Réaction de fixation cl déviation du complément.

L'autre fait qu'il convient maintenant de bien comprendre, c'est le phénomène de la fixation ou de la déviation «lu complément. Nous avons vu que la sensibilisatrice, dans un sérum héniolytique mis au contact de globules rouges, se fixait sur ces derniers de telle façon que le sérum n'en contient plus, et d'autre part, que les globules rouges ainsi sensibilisés étaient aptes à se combiner au complément et à s'iiémolyser. C'est là un phénomène général. Au fur et à mesure qu'un antigène est introduit dans l'organisme, il provoque la formafion d'anticorps (jui se fixent sur lui, et leur combinaison devient susceptible de décier, de fixer aw. d'absorber l^Tomj)lément. Hn d'autres termes, le complément a besoin, pour se fixer sui' l'antigène, d'avoir comme intermédiaire une sensibilisatrico spécifique.

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