Conclusions. Thèse Lew, Paris
de syphilis latente ou ignorée ont été mis en lumière. Enfin sur 110 individus atteints d'affections diverses et de maladies de peau, les lépreux (12 cas) quelques scarlatines, et des malades atteints d'ictère, nous ont donné seuls des résultats positifs. Ces faits d'ailleurs ne font que confirmer les recherches de MM. Gaucher et Abrami, Esmein, Weichselmann et Meier, Levaditi et Yamanouchi sur la lèpre ; celles de Schleisner, Boas et Hanghe, Haehne Seligman, Muller Bruchk et Cohne sur la scarlatine et les travaux de Bar et Daunay sur les ictériques.
Si la réaction de Wassermann, telle qu'elle a été proposée par cet auteur, et sur laquelle nous nous sommes étendu à dessein, donne dans l'ensemble de bons résultats, il n'en est pas moins vrai qu'elle est passible de nombreux reproches et qu'il est relativement facile d'en faire la critique. De nombreux auteurs vont même jusqu'à en discuter la valeur. La complexité de celle-ci dans sa forme originale, le fait qu'elle exige une grande habitude du maniement des procédés de laboratoire constituent, comme l'a fait remarquer M. le professeur Calmette, un obstacle sérieux à son introduction dans la pratique générale. De nombreux facteurs interviennent dans la réaction, qui tous sont susceptibles de constituer des causes d'erreur. 11 faut avoir à sa disposition ; une étuve, un bain-marie, un centrifugeur électrique, des animaux, etc. C'est une perte de temps considérable, puisqu'il faut compter près de cinq à six
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heures pour une réaction, sans compter la préparation préalable des lapins et de l'antigène.
Le premier argument qu'on a pu fournir contre la réaction de Wassermann est le suivant : Lorsqu'au lieu d'employer de l'extrait de foie syphilitique, on prend du tissu hépatique d'une autre origine, on trouve des résultats analogues. L'on peut se servir aussi d'extraits d'organes de cobayes, le cœur surtout. Enfin si l'on fait des extraits alcooliques de ces organes et surtout du foie, on s'aperçoit que les substances dissoutes, qui sont des lipoïdes, ont seules la propriété de l'antigène syphilitique. Si l'on emploie cet extrait en solution, on obtient des résultats analogues ; au contraire, si l'on se sert du résidu hépatique restant, on s'aperçoit qu'il a perdu ses propriétés de fixateur. Si l'on emploie, comme l'ont fait Levaditi et Yamanouchi, Eisler, Porges et Meier, Toyosumi, des Ircithines on trouve le plus souvent les mêmes résultats positifs qu'avec la méthode de Wassermann primitive. Sachs et Rondoni ont essayé des mélanges d'oléate de soude et de lécithine ; Levaditi, puis Porges, Elias Neubauer, S domon, et plus récemment Le- Sourd et Pagniez, le taurocholate de soude et le glycochalate de soude, qui donnent des résultats assez constants.
Au contraire, les albumines, certaines globulines et la cholestérine, qui existent cependant dans l'organisme à l'état colloïdal, ne possèdent pas des propriétés de fixation du complément en présence des sérums de syphilitiques '.
l.Oii désigne sous le nom de pseudo-solutions colloïdales des suhstaaccs qui ne dialyscot pas, et sont constituées par des particules
D'une manière générale, on peut cependant faire remarquer que ces essais, qui ont donné des résultats variables aux auteurs qui les ont employés, ont fourni des renseignements moins précis que la réaction de Wassermann. De plus, beaucoup de sérums n'appartenant pas à des malades spécifiques, étaient également susceptibles d'avoir une réaction de fixation positive.
Voilà les faits : nous verrons les conséquences théoriques qui en découlent et s'il en existe une explication raisonnable. Nous n'entrerons d'ailleurs dans aucun détail de discussion, la question primordiale résidant seulement dans les résultats pratiques du séro-diagnostic de la syphilis par une méthode fixe donnée.
ultra-microscopiques en suspension dans un liquide. Ces particules sont visibles à l'ultra-microscope et donnent, aux liquides qui les contiennent, des propriétés physiques particulières. Elles ne conduisent pas réleclricité, mais chaque granule colloïdal possédant une charge électrique, toujours la même pour le même colloïde, on peut les diviser en deux grandes classes, colloïdes électro-positifs et électro-négatifs. Les colloïdes ne possèdent pas de pression osmotique. Les granules de Tordre de grandeur du ixtx (millionnième de millimètre) . représentent une surface énorme (1 mmc. de platine colloïdal = 300 mètres carrés). Les colloïdes sont précipités par des colloïdes de signe contraire, par de nombreux électrolytes, et peuvent se combinera d'autres colloïdes pour former des systèmes coUoïdaux, Suivant leur pouvoir de précipitation ou de décomposition, on les divise en colloïdes stables et instables. Un colloïde instable peut être stabilisé par sa combinaison avec un colloïde de même signe et plus stable que lui.
Dans notre organisme, un grand nombre de substances sont à l'état colloïdal le plus souvent stables et électro-négatives. Les lipoïdes, en particulier, qui se trouvent dans presque tous nos organes, et représentent des graisses phosphorées, solubles dans l'alcool, Téther ou l'acétone, sont dans l'organisme à l'état colloïdal. Ces faits permettent de comprendre un grand nombre de réactions (Voir Travaux V. Henri, Iscovesco, Presse met/ ica/e, juillet 1907) etE. Joltrain. Colloïdes. Annales des maladies vénériennes, nov. 1909).
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On ne peut donc invoquer dans la s6ro-réaction de la syphilis l'intorvention d'anticorps ou d'antigènes syphiliti(jues dans le sens habituel du mot et l'on voit que ceux-ci n'ont que des rapports assez vagues avec l'émulsion de tréponèmes, (^est ce qui a pu faire douter de la spécificité de la réaction. D'après ces faits, il semble qu'on doive plutôt l'attribuer à la présence dans le sérum et dans le liquide céphalo-rachidien des individus atteints de syphilis, de certaines substances composées non protéiques, ou albumines à Tétat colloïdal (et dans un état moins stable que dans les sérums témoins), qui, en présence des sels biliaires et lipoïdes du foie précipitent et déterminent la fixation du complément hémolytique '.
On sait (ju'au cours de Timmunisation, il y a un changement appréciable dans l'état des globulines du sérum. Chaque aiïection provoque dans les organes et les humeurs de l'organisme des réactions spécifiques, des modifications physico-chimiques, des altérations
1. L'organisme alleiiit par une maladie déterminée, ou immunisé contre elle produit bit n des anticorps : mais comme le suppose N:collo dans un récent travail sur une conception générale des anticorps, il 5' a parmi ceux-ci des « coagulincs » agissant seules et des lysincs (nécessitant laction du complément). Suivant que l'ttrganisme produit eu ces cas, l'une ou l'autre de ces substames, les elTets sont <lifTérents vis-à-vis d'une nouvelle introduction d'antigène. La production prédominante de lysincs e.\pli(pierait les états d'anapliylaxia des coagulincs, l'état d'immunité. V. Henri a montré que les anticorps constituaient avec les antigènes des complexes coUoidaux, agglutinants ou décoagulants suivant leur cliarge électrolylique. Les granules colloïdaux dun sérum conslatables à l'ultra-microscope sont susceptiblcs,commc l'a montré Maycr, de se grouper et l'adjonction d'un nouveau sérum non c' îufTé modifie simplement son état et ses propriétés phy5i(pies,d'ou ce (juc l'on a appelé : son action complémentaire.