ROIDEUR DU RACHIS ET DE LA POITRINE
Appareils de mouvement dans les déviations de la taille.
Les appareils de mouvement sont des machines à l'aide desquelles les malades communiquent euxmêmes des impulsions à leurs jointures et les font mouvoir avec l'uniformité et la constance nécessaires, suivant toutes les directions que les os parcourent dans l'état normal. L'usage de ces appareils rend aux ligaments leur souplesse et aux surfaces articulaires leur poli, avec une sûreté, une absence de douleurs et une diminution progressive de sensibilité que l'on chercherait en vain dans les manipulations les plus persévérantes.
Mon intention n'est pas de résumer ici les effets de ces appareils dans les maladies des jointures : je veux seulement rappeler ce que j'ai établi ailleurs (1), à savoir que leur emploi concourt puissamment à compléter la cure des difTormités. Ainsi, lorsque par des sections tendineuses, des efforts de redressement et des appareils contentifs, on a redressé en grande partie des pieds-bots, chez des sujets de plus de 10 à 15 ans, les mouvements réguliers faits avec persévérance achèvent le rétablissement de la rectitude, rendent la souplesse
(1) Traité de thérapeutique des Maladies Articulaires. Paris, 1853, pages 504 et 514.
aux articulations depuis longtemps enroidies et déformées, et font disparaître l'excès de sensibilité qui ne permettrait pas de supporter le poids du corps.
En cherchant sur quels principes pouvaient être fondés les appareils de mouvement, si on les appliquait aux difformités de la taille, j'ai pensé d'abord à imiter l'effort des mains, par lequel on fait subir à la poitrine un mouvement de torsion inverse du sens dans lequel cette cage osseuse est fixée. Or, dès qu'on essaye de produire cet effet, on voit que les épaules et le bassin étant fixés aussi solidement que possible, une main doit appuyer en arrière sur l'angle saillant des côtes proéminentes, tandis que l'autre main presse sur les cartilages sterno-costaux, qui font saillie en a\ant, du côté opposé. *^
J'ai déjà figuré dans ma Thérapeutique des maladies articulaires^ l'appareil qui imite cette action des mains (/?^. 9). 11 se compose d'une chaise sur laquelle s'élève une tige fourchue terminée par des courroies matelassées avec lesquelles on fixe les épaules. Enavantdela chaise, une colonne verticale supporte un levier horizontal mobile. De ce levier part une sorte de main qui va embrasser l'épaule saillante, et dès qu'on lui imprime des mouvements de va-et-vient, ceux-ci se transmettent à l'épaule et font tourner la poitrine sur son axe. On remarquera que