ROIDEUR DU RACHIS ET DE LA POITRINE
trine, les côtes sont en outre rapprochées les unes des autres du côté concave de l'incurvation rachidienne, et éloignées entre elles du côté convexe de cette même incurvation. Par suite de ces changements de direction et de rapports, les côtes deviennent incapables des mouvements alternatifs d'élévation et d'abaissement qui sont nécessaires au jeu normal de la respiration. Leurs articulations subissent aussi les altérations que l'on a surtout étudiées dans les jointures des membres devenus immobiles; les cartilages s'absorbent, les surfaces deviennent inégales, et les ligaments acquièrent une roideur de plus en plus grande.
Des effets simultanés de la déformation et de l'immobilité résulte cette conséquence que, pour rendre un libre jeu aux os du tronc dans les déviations de la taille, il ne faut pas se contenter d'agir sur la direction vicieuse par des pressions ou des tractions prolongées, mais qu'il faut faire mouvoir avec persévérance les os dont le jeu est depuis longtemps ralenti ou supprimé.
Les moyens connus de remplir cette dernière indication, la seule que j'aie en vue dans ce mémoire, sont les efforts spontanés rendus plus énergiques par la gymnastique, ou les pressions exercées avec les mains. Mais les mouvements spontanés s'accomplissent dans les parties saines et non dans les parties enroidies; dans les lombes, par exemple, et non
dans la poitrine anciennement déformée. Les efforts exercés avec les mains ne sont pas plus efficaces ; car, dans les cas dont il s'agit, l'homme le plus vigoureux ne produit, en déployant toute sa force, aucun effet appréciable, et au bout d'un temps très-court, la lassitude ne lui permet pas de continuer les impulsions qu'il a commencées.
La gymnastique et les manipulations étant insuffisantes, j'ai été conduit à étendre aux roideurs de la poitrine compliquées de difformités de la taille le principe des appareils de mouvement que j'ai imaginés et employés d'abord pour les articulations des membres. Aucune application de ce genre n'a présenté d'aussi grandes difficultés. Je n'ai obtenu quelques résultats que par la persévérance de mes efforts réunis à ceux de M. Blanc, mécanicien orthopédiste à Lyon, qui m'a très-bien secondé dans ce travail, comme dans tous ceux du même genre que j'ai poursuivis depuis plusieurs années.
Comme ces appareils sont à peine connus, même dans leurs applications aux membres, malgré les nombreux écrits par lesquels j'ai cherché à les répandre, je crois devoir en donner une idée avant de décrire les modifications que j'ai dû y introduire pour les appliquer au tronc.