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CONCLUSIONS

Après les démonstrations que j'ai faites et les preuves que j'ai données en faveur des méthodes que j'emploie, j'ai lieu de croire que ces méthodes seront mises en pratique au moins par quelques chirurgiens. Si mes espérances à cet égard venaient à se réaliser, j'insisterais auprès de ceux qui voudraient bien suivre la voie que j'indique, pour qu'ils ne s'y engageassent qu'après s'être bien rendu compte des principes qui doivent les diriger, et pour qu'ils suivissent dans tous leurs détails les procédés dont l'expérience m'a démontré les avantages.

Il y a des opérations qui tombent dans l'oubli sans avoir pu prendre rang dans la pratique ; il y en a d'autres qui succombent pour s'être trop rapidement popularisées : telle a été, de notre temps, l'opération du strabisme. Admirable en elle-même, cette opération est d'un succès certain quand elle est faite à propos et dans la mesure convenable. Cependant elle est à peu près morte;

bien difficilement on peut vaincre les préventions défavorables qui l'accueillent. Pourquoi ? C'est qu'au début, elle s'est vulgarisée avec une facilité déplorable. On l'a pratiquée dans toutes les villes, dans tous les hôpitaux sans étude préalable, sans expérience suffisante, et les fautes avec les insuccès qui les suivent se sont multipliées en si grand nombre, que la méthode ne peut se relever des coups qu'elle a reçus.

Sans doute le redressement immédiat et la cautérisation, en raison même de leur exécution difficile, ne sont pas exposés aux dangers de cet excès de faveur : je ne crois pas moins nécessaire de proclamer combien est indispensable l'observation exacte des règles que je ne trace qu'après de longues réfi exions et de nombreux essais comparatifs.

Je m'arrête, Messieurs: je ne suis ici ni dans ma chaire, ni au milieu du service qui m'est habituellement confié, et je dois craindre d'abuser des complaisances dont on veut bien m'entourer.

Je viens dépasser six jours à Paris; j'ai exposé les méthodes que j'emploie dans le traitement des maladies articulaires, en présence de mes maîtres, dont le nombre est, hélas! bien diminué par la mort; en présence de mes anciens compagnons d'études, dont plusieurs ont eu des succès auxquels j'applaudis de grand cœur ; je les ai exposées enfin devant cette jeunesse ardente et passionnée

pour l'étude, dont vous êtes les représentants. Partout l'on a compris que je parlais avec l'unique désir de répandre des vérités utiles ; partout j'ai été accueilli avec u ne bienveillance dont mon cœur est profondément touché. Je saisis la seule occasion qui me reste d'exprimer à tous mes vifs et sincères remercîments.

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