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Nouvelles Notes Tératologiques

jusqu’à la base du style, où elles confluent dans Je canal stvlaire. 11 n’y a donc pas ici d’avortement partiel dans le pistil, comme chez les Lysiana.

Ces caractères sont précisément ceux des Elytranthées du groupe desMacrosolénées. Mais la plante diffère de toutes les Elytranthées, notamment des Macrosolen, qui ont aussi les fleurs en grappe simple, par l’absence totale de bractée sous l’ovaire, ainsi que par la tétramérie de la fleur. Elle devient ainsi le type d’un genre nouveau : ce sera YAlepis flavida (llooker fil.).

M. Colenso a récolté à la Nouvelle-Zélande, dans le bois de Norsewood, comté de Waïpawa, en 1884, parasite aussi sur le Fcujus Solcindri, une Lorantliacée qu’il a nommée Loranthus polychrous. Par tous ses caractères, notamment par son inflorescence en grappe dressée, à pédoncule épais et quadrangulaire, à pédicelles décussés, entièrement dépourvus de bractée sous la fleur, par son calice gamosépale tétramère, etc., cette plante se montre très voisine de YAlepis flavida et se rattache très probablement au même genre. L’élude delà structure de l’ovaire, quand elle pourra être faite, en fournira la preuve définitive. Ce sera YAlepis polychroa (Colenso).

Ainsi caractérisé, avec les deux espèces qui le composent poulie moment, le genre néo-zélandais Alepis prendra place, dans le groupe des Macrosolénées, à côté des Lepostegeres et des Lysiana, dont il diffère par l’inflorescence en grappe, par l’absence de bractée sous-florale et par la tétramérie de la fleur.

M. Gagnepain fait à la Société la communication suivante :

NOUVELLES NOTES TÉRATOLOGIQUES; par

La fasciation paraît assez fréquente sur le Frêne. Une branche seule sur tout un arbre présente ordinairement cette monstruosité, et l’insertion latérale ou sommitale ne peut intervenir d’une façon certaine dans la cause de cette déformation, puisqu’on trouve dans les branches fasciées des exemples de l’une et l’autre insertion.

Qui n’a remarqué aussi avec quelle fréquence le Cichorium Intybus L. est comprimé sur toute l’étendue de sa tige et même de ses rameaux? Dans les sols pierreux, l’exception parait être la règle. Tout récemment encore le pédoncule d’un Taraxacum

officinale des environs de Cercy, cueilli dans un maigre terrain calcaire, était large de 15 millimètres et à peine épais de 1 millimètre et comprimé de la base au capitule, qui atteignait lui-mème une largeur extraordinaire. Enfin une tige à’Asparagus officinalis qu’on cultive dans le jardin de l’école, s’est reproduite invariablement plusieurs années avec une fasciation très complète.

Parmi plusieurs cas de fasciation du Frêne, nous ne citerons que le suivant qui nous paraît le plus remarquable.

1° Fraxixus excelsior L. — A Cercy, au confluent de la Canne, sur un individu vigoureux, à 3 millimètres de hauteur environ, croissait horizontalement une branche de deux ans qui a acquis une longueur totale de 60 centimètres étant développée et de 40 centimètres en ligne droite. Sa base, à section elliptique régulière, a 2 centimètres de grand axe et 1 de petit; à 25 centimètres de là, la section transversale s’amincit à une de ses extrémités, de sorte que la branche offre grossièrement la forme d’une lame de rasoir ayant 25 millimètres de large, sur 8 et 3 d’épaisseur avec des côtes longitudinales bien accusées. La branche s’iniléehit progressivement vers la droite, fait un coude arrondi vers la gauche et s’élève ensuite sous un angle de 75° avec l’horizontale, de telle sorte que l’extrémité constitue une surface héliçoïdale d’à peu près

un tour de spire et mesurant 12 centimètres dans sa plus grande largeur.

Première pousse .— La branche a crû sur une longueur de 45 centimètres la première année jusqu’au coude qui accuse nettement I hélice; en ce point, la branche est un ruban avec des côtes plus nombreuses et plus accusées qui se terminent toutes par un ramusculeou un bourgeon latent. Enfin l’extrémité de la première pousse porte une vingtaine d’yeux avortés et contigus qui se sont formés a 1 aisselle de feuilles ou d’écailles foliacées sur la forme et la nature desquelles il est difficile de se prononcer, car elles ont disparu

et ne laissent comme trace qu’une cicatricule.

Deuxième pousse. — Elle n’a que 15 centimètres de longueur environ ; la fasciation est aussi prononcée que possible, car le ruban héliçoïdal mesure G centimètres de largeuFavec toujours la présence des côtes longitudinales aboutissant à un bourgeon latent. Les convexités ne sont autre chose que les contreforts aisselliers des bourgeons ou des rameaux, contreforts toujours très pronon-

cés dans le Frêne et qui offrent ici une longueur démesurée en raison de l’extrême fasciation.

La branche finit par une frange d’yeux contigus et avortés au nombre de cinquante environ.

Phyllotaxie. — Dans la branche normale d’un Frêne, les yeux sont opposés deux à deux; ici pas de symétrie dans la disposition des yeux et par conséquent des feuilles, qui ont poussé sans ordre et sans souci de la phyllotaxie. Enfin quelques ramuscules, s’étant développés pendant la deuxième année sur la pousse de la première, offrent cette particularité remarquable qu’ils s’éloignent perpendiculairement de la surface qui les porte. Comme on pourrait s’y attendre, ceux qui sont nés à la partie inférieure devraient remonter pour trouver la verticale ascendante, ce qui est le propre de la végétation épigée ; non seulement il n’en est rien, mais encore les rameaux qui naissent à la face inférieure ne sont pas sensiblement plus courts que ceux de la face opposée. D’autres différences qu’on s’attendrait à trouver n’existent pas, et les uns et les autres ont des yeux opposés comme dans leurs homologues normaux. D’autres ramuscules naissant exactement sur les tranchants de la branche optent pour l’une ou l’autre direction :

Le premier vers la base de la branche en haut ;

Le deuxième — en bas ;

Le troisième — en haut ;

Le quatrième (avorté) — en haut;

Le cinquième — en bas.

Multiplication anormale des yeux. — L’examen comparatif de plusieurs branches d’égale longueur et de force ordinaire ne nous a donné qu’une moyenne de douze yeux par année; or, sur celle qui nous occupe, il y en a cinquante environ sur la première pousse et plus de cent dans la deuxième.

Avortement d'yeux. — A la base de la pousse de la deuxième année se trouvent un grand nombre de cicatricules en accent circonflexe retourné. Plusieurs de ces cicatricules, produites par la chute des feuilles, ne sont voisines d’aucun œil visible, même à la

loupe.

C’est un cas qui se montre très rarement dans les branches normales et qui doit être une conséquence immédiate de la multiplication des yeux.

Atrophie partielle de la branche. — La partie gauche très amincie est desséchée à l’intérieur de l’hélice ; soit que, contournée ainsi, la branche était gênée par son propre voisinage ou soit que la sève a toujours manifesté une tendance à se diriger vers la droite, c’est-à-dire vers l’intérieur.

En résumé cette branche avec la fasciation offre encore :

\° Anomalie de direction par elle-même;

2° Anomalie de direction par ses ramuscules ;

3° Asymétrie complète des yeux ;

4° Multiplication extrême de ces organes ;

5° Leur avortement partiel, ce qui produit le cas remarquable de feuilles n’ayant pas d’yeux à leur aisselle;

6° Atrophie partielle de l’arête gauche ou interne.

2° Ranunculus piiilonotis var. iiirsutus. — Cueillie près du pont de Chaumigny, commune de Saint-Gratien-Savigny (Nièvre), la tige de cet individu, haute de 40 centimètres environ, est aplanie un peu torse; elle a 2 centimètres dans sa plus grande largeur. Sa direction est verticale avec déviation au tiers supérieur qui est falciforme.

Très striée longitudinalement, elle se termine par une seule tête qui montre très bien, par des vestiges de pétales, que la fleur a dû être monstrueuse. A 15 centimètres du sommet se montre une touffe de feuilles caulinaires à segments linéaires lancéolés; chaque teuille porte à son aisselle élargie un long rameau dont l’ensemble dépasse le sommet de la tige principale. Au-dessus, à 5 centimètres de la touffe, quelques autres feuilles prennent naissance, très semblables aux premières, mais plus petites à mesure qu’elles se rapprochent du capitule qui en porte une petite à sa base.

.Les neuf rameaux, et par conséquent les feuilles de leurs bases, sont irrégulièrement disposés, isolés ou géminés; ils ne présentent aucun cas de fasciation bien tranché et portent des tètes normalement constituées où presque tous les akènes sont bien développés.

Le capitule terminal de la tige principale est creusé à sa partie centrale qui porte des vestiges de pétales surnuméraires; les akènes, au nombre de plus de cent, disposés en couronne, sont tous avortés, sauf un seul. Le calice et la corolle ont dù être formés

d’un nombre considérable de parties, car le capitule est 4-5 lois plus gros que dans une plante normale.

Conclusion. —Tout indique ici que nous avons affaire à une fasciation par soudure.

En effet, dans le type de cette variété, il y a toujours 2-6 tiges, quelquefois plus, naissant dès la base, et ici nous n’en avons qu’une seule grosse, fistuleuse, à côtes, qui semblent indiquer la soudure.

Dans le type, les feuilles sont espacées sur chaque tige et fixées ordinairement aux dichotomies ; ici, les feuilles sont disposées en touffes et sans ordre comme il résulterait en rapprochant les dichotomies du type, ce qui mettrait les feuilles à diverses hauteurs assez voisines les unes des autres.

Dans le type, les capitules présentent rarement plus de vingt akènes ; ici, il y en a plus de cent, et la fleur terminale porte des parties foliacées ou pétaloïdes comme en porterait un groupe de fleurs qu’on aurait rapprochées.

Ce fait que la plante était poudrée par les végétations d’une Péronosporée (peut-être Peronospora Ficariœ Tul.) ne prouve certainement pas la cause de la fasciation.

3° Nous ne citerons que pour mémoire un commencement de fasciation par soudure remarqué sur Viola seqetalis Jord. Le pédoncule de la fleur inférieure était soudé sûr plusieurs centimètres de long, presque jusqu’au niveau des bractées placées sur la courbure, de telle sorte que la fleur immédiatement supérieure semblait inférieure à première vue. Dans toute l’étendue de la soudure, la tige, plus large, présentait un léger sillon qui différenciait parfaitement d’avec la tige le pédoncule de la fleur en question.

4° En septembre, nous avons récolté dans la prairie du Mazou, à Forêt, commune de Chasnay (Nièvre), un Bellis perennis dont le capitule mutilé par le pied ou la dent du bétail était réduit à quelques fleurons ou demi-fleurons ; un fleurai au centre avait un pédoncule de quelques millimètres qui portait un anlhode à

plusieurs fleurs bien constituées.

Ce cas de prolifération par mutilation est une transition naturelle pour arriver au cas suivant de prolifération par exposition.

5° Cirsium arvense Scop. —AUsseau, commune de l’arigny-

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