T. XLI. (SÉANCES
les-Yaux, dans une petite marnière en forme de fer à cheval creusée dans la pente de la hauteur de Mimont, se trouva;ent, en septembre 1894, une vingtaine d’individus de ce Cirse; ils étaient exposés de façon que la plupart ne recevaient les rayons du soleil que très obliquement; quelques-uns, protégés par la paroi verticale et sud de l’excavation, ne voyaient la lumière que très tard et au moment où déjà les rayons étaient très affaiblis. Les seuls individus placés ainsi à l’ombre presque tout le jour offraient tous la prolifération sur le plus grand nombre de leurs capitules.
Une sommité que nous décrivons sur le vif porte six anthodes. L’inférieur, semi-globuleux, a 20 petits capitules très serrés insérés sur le disque subligneux; des écailles entourent chacun d’eux.
Les quatre anthodes immédiatement supérieurs s’allongent; les petits capitules ont des pédoncules qui varient entre 4 et 9 millimètres de haut, un peu laineux et munis vers la partie moyenne d’écailles épineuses au sommet.
L’anthode supérieur a 30 millimètres de long; les capitules ont des pédoncules très laineux, filiformes, variant entre 7 et 20 millimètres de haut. Les plus courts de ces pédoncules sont munis de capitules réduits à un involucre de bractées filiformes et spinescentes; les autres ont, à leur milieu ou un peu au-dessus, un involucre semblable qui a l’apparence de bractéoles verticillées, et l’axe se prolonge encore quelques millimètres pour porter les capitules qui ont 3 millimètres de large et 4 de haut en moyenne. Gomme on peut s’y attendre, aucun fleuron n’est fertile et les organes sexuels sont remplacés par des paillettes où l’on ne distingue ni étamines,
ni corolles, même rudimentaires.
Il nous semble que, dans cet anthode supérieur, il y a double prolifération; car les verticilles de bractées à la partie moyenne des longs pédoncules ne sont autre chose que des capitules portant eux-mêmes les capitules supérieurs. Ce fait s’explique du reste par l’ascension de la sève qui se porte toujours de préférence aux parties supérieures, et c’est une conséquence logique de ce que nous avons observé sur l’anthode inférieur de cette sommité, la prolifération de ce dernier étant plutôt indiquée que complète.
• Selon nous, il n’est guère permis de douter ici de l’influence qu’a exercée l’ombre sur cette monstruosité; la disposition, la forme de la marnière, l’exception faite par les individus mieux exposés, plaident en faveur de notre conclusion.
GAGNEPAIN.
0° Lonigera Periclymenum L.— Cueilli au village Gaudry, près Cercy, sur le côté de la route des Bresillats exposé au nord, et croissant au bas du talus (2 août 1894).
Fleurs en capitules terminaux très compacts, vircscents. Pédoncules de4-5 millimètres de long,recourbés, peu glanduleux; calice à cinq dents très courtes, à tube glanduleux n’ayant pas 2 millimètres de haut et autant de large.
Tube de la corolle ayant 2 millimètres de large à la base et 4 millimètres de haut, couleur verdâtre ou jaune verdâtre; corolle à deux lèvres, la supérieure quadrilobée, l’inférieure unilobée, vertes au sommet, de 1 centimètre de large et 5 millimètres de haut non compris le tube.
Étamines à lilets velus, renflés au-dessous de l’anthère, jaunâtres; anthères stériles tachées de noir sur toute l’étendue de la commissure des lobes; 5 millimètres de haut, dont 2 millimètres pour l’anthère.
Style caché au fond du tube, très vert et très glanduleux : haut de 4 millimètres, bifide sur la moitié supérieure, une des parties plus minces, ordinairement celle qui est opposée à la lèvre supérieure de la corolle; ovaire paraissant toujours stérile.
Dans bien des fleurs les étamines sont converties en feuilles vertes ; les deux stigmates le sont eux-mêmes, ce qui a l’apparence d’un calice anormal.
Sur les tubes des corolles des pucerons aptères à différents états, des dépouilles peu nombreuses de ces insectes desséchés. Sur d’autres capitules ayant subi cette déformation accompagnée de virescence, il n’y a pas traces de pucerons et sans doute il faut rejeter l’idée que ces insectes ont été la cause du phénomène.
Deux corollaires découlent de la description précédente : 1’ L’allongement du pédoncule est en relation directe et constante avec la phyllomorphie de la corolle et des organes générateurs. 2 8 Les fleurs centrales des glomérules supérieurs conservent plus facilement la coloration naturelle; les inférieures ou latérales
atteignent la coloration des feuilles.
Il ne faudrait sans doute pas penser que l’ombre est la cause exclusive de cette monstruosité, car l’extrémité de la branche se trouvait au-dessous des racines par la disposition du talus et la faiblesse de la tige.