Nouvelles Observations Sur La Déhiscence Du Fruit Des Orchidées
de l’entrenœud inférieur, la plante vient flotter près de la surface. Vous en jugerez par le petit échantillon que je vous envoie.
En retournant au village, nous rencontrâmes, à notre grande surprise, YAldrovanda dans des flaques où l’eau ne persiste pas toute l’année, qui du moins, et bien positivement, étaient complètement à sec à la mi-décembre dernier.
M. le Président fait remarquer que les plantes de la famille des Hydrillées présentent un phénomène qui a quelque analogie avec celui que M. Durieu de Maisonneuve a observé chez XAldrovanda.
M. Prillieux fait à la Société la communication suivante :
par
M. Éd. PRILI.IKUX.
Dans une précédente communication (1), j’ai montré que les fruits de toutes les plantes de la famille des Orchidées ne s’ouvrent pas de la même façon.
J’ai signalé sept modes différents de déhiscence, tout en émettant des doutes au sujet de l’un d’eux, que \<* n’avais observé que sur des plantes conservées en herbier.
J’ai l’honneur de soumettre aujourd’hui à la Société un fruit de Phalœnopsis grandiflora parvenu à maturité dans nos serres; on y verra un bel exemple du mode de déhiscence que je n’avais indiqué qu’avec doute et dans lequel les trois valves de la capsule restent soudées entre elles (2), de telle sorte que le fruit s’ouvre par une seule fente longitudinale qui le coupe dans toute sa longueur du sommet à la base.
Tous les fruits d’Orchidées dont j’ai jusqu’ici décrit le mode de déhiscence étaient uniloculaires; j’étais fort désireux de savoir comment s’ouvrent ceux dont la cavité est divisée par des cloisons en plusieurs loges : on connaît en effet quelques Orchidées à ovaire triloculaire. M. Brongniart a signalé (3) cette structure très remarquable dans 1’ (Jropedium Lindenii, (pie l’on cultive dans les serres; mais jamais, je crois, on n’a jusqu’ici observé le fruit mur de cette plante, ni celui d’aucune autre Orchidée à ovaire triloculaire. Notre confrère, M. Léon Lcguay, est le premier et le seul à ma connaissance qui ait vu mûrir dans ses serres un fruit d '(Jropedium. C’est à lui (pie je dois celui que j’ai l’honneur de présenter à la Société.
Ce fruit est très allongé, cylindrique, légèrement trigone; sa longueur est d’environ 12 centimètres, son diamètre de 4-5 millimètres seulement. Sa surface est couverte de poils courts qui lui donnent un aspect un peu velouté.
(1) Voyez le Bulletin, t. IV, p. 803, et Lindley, Folia orchidacea, part. VIII.
(2) Folia orchidacea, fig. VII.
' (3) ,4nn. sc. nat. série 3, t. XIII, p. 113, pl. 2.