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Nouvelles Observations Sur Les Pinguicula

mai 1871, à Thémines (canton de la Capelle-Marival, Lot). L’état de la plante indiquait qu’elle avait dû fleurir, cette année-là, dans le courant d’avril. Il est vrai que l’hiver avait été long et rigoureux.

M. Drevaull dit qu’il a vu le Galanthus nivalis en fleur dans le bois de Vincennes, le 23 mars dernier.

M. Coslantin, secrétaire, donne lecture de la communication suivante :

NOUVELLES OBSERVATIONS SUR LES PlNGUICULA,

par U IV V UAXGELIRD.

Nous avons précédemment signalé quelques particularités anatomiques du Pinguicula vulgaris (1); une étude plus complète du genre m’a fourni les résultats généraux suivants :

1° L’endoderme existe dans la tige de toutes les espèces que nous avons étudiées : Pinguicula vulgaris L., P. lusitanica L., P. alpina L., P. alpina var. bimaculata Wahlenb., P. lutea Walt., P. longifolia DC.; les cellules de cette assise sont le plus souvent rectangulaires. Les membranes peuvent présenter de nombreuses stries (P. alpina, P. alpina var. bimaculata)-, parfois les cellules de celte assise contiennent[un suc de couleur violette (P. vulgaris ); l’endoderme se continue dans les racines et dans les feuilles.

2° Le faisceau qui passe dans la feuille provient de deux sympodes différents; autant que j’ai pu en juger, ces sympodes suivent dans la tige une course analogue à ceux du Primula spectabilis, de VAndrosace septentrionalis (2); ils contrarient leurs courbures en formant un réseau dont, d’après Kamienski, la forme et la grandeur des mailles sont sous la dépendance du cycle foliaire. Ces sympodes affectent deux manières d’être différentes :

Enfin, d’après une note de MM. de Selys-Lonchamps et Ghaye, publiée dans le Bulletin de l’Académie royale de Bruxelles (t. XX, l re partie, p. 349), lTiivcr ayant été très doux cette année-là, le Galanthus nivalis se montra en (leur dès le 12 janvier 1853 à Waremme (Belgique).

Il est permis de conclure de ce s citations que l’époque moyenne de la floraison du Galanthus nivalis est en février ou en mars suivant les localités ; dans les cas extrêmes, selon que l’hiver est très doux ou au contraire marqué par des froids prolongés, elle peut être observée au commencement de janvier ou retardée très exceptionnellement jusqu'à la fin d’avril. Il est sans doute extrêmement rare de rencontrer le Perce-neige en fleur avant le 1" janvier ou après le I" mai.]

(1) P. A. Dangeard et Barbé, La pobjslélie dans le genre Pinguicula ( Bulletin de la Société botanique de France, 1887).

(2) Van Tieghem, Traité de botanique, p. 736-737.

DANGEARD.

a. Les sympodes en section horizontale forment un anneau régulier; cet anneau est visible à l’œil nu sur des sections de la tige du Pinguicula alpina; par exception, cette espèce peut être assez facilement étudiée sur des échantillons d’herbier. A la partie interne de l’anneau, les trachées sont disséminées dans le parenchyme, elles sont peu nombreuses. Plus extérieurement se trouvent les formations ligneuses secondaires; les vaisseaux à paroi ponctuée réticulée qui les constituent sont, les uns disposés suivant l’axe, leur section est assez régulièrement quadrangulaire, ils tendent à s’orienter en files suivant le rayon ; les autres se dirigent horizontalement. On trouve ensuite une large bande libérienne, séparée

de l’endoderme par une ou deux assises de parenchyme (péricycle) ; les trachées qui passent dans la feuille partent horizontalement à partir du milieu de chaque sympode. La moelle est large, l’écorce est normale avec un tissu subéreux superficiel plus ou moins développé ( P. alpina, P. alpina var. bimaculata).

b. Les sympodes ont chacun une section plus ou moins arrondie. Lors du départ d’une feuille, le faisceau foliaire bilatéral emprunte ses trachées à la soudure de deux sympodes ; le départ effectué, les deux sympodes s’isolent, l’endoderme entoure complètement chacun d’eux; ils renferment un, deux ou trois îlots de trachées disposés de façon variable, à peu près autant d’îlots grillagés, le tout entouré par un réseau radicifère extrêmement développé, recouvert lui-même par quelques assises de cellules (péricycle) [P. vulgaris , P. lutea, P. lusitanica, P. longifolia DC.]. C’est à celte disposition du sympode que nous avons donné le nom de stèle, afin de bien marquer l’analogie qu’elle présente avec la structure des Auricules, telle que MM. Van Tieghem et H. Douiiot l’ont décrite récemment (1). Le réseau radicifère est formé par un grand nombre de vaisseaux à parois ponctuées, qui s’entre-croisent dans toutes les directions; lorsque se forment les premières trachées dans le bourgeon, le péricycle est très large et les cellules les plus internes dans chaque sympode ne sont point encore dillérenciées en vaisseaux; elles multiplient leurs éléments, c’est plus tard seulement que la membrane

se crible de fines ponctuations (P. vulgaris).

La position assez variable des premières trachées et des îlots grillagés

n’a rien qui puisse nous surprendre; nous envisageons les stèles comme résultant de sympodes analogues à ceux de la section a, qui se recourbent

à droite et à

gauche intérieurement pour arriver à rejoindre leurs bords

et se trouver finalement sous un endoderme complet.

A sa partie inférieure la tige souterraine peut ne posséder que deux

(1) Van Tieghem et H. Douiiot, Sur la polystélie (Annal des sc. nat., 7* série, Bot. t. III).

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