‹ Nouvelles Observations Sur Les PinguiculaChapitre 2 sur 3 · SÉANCE DU 27 AVRIL · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 27 AVRIL

sympodes ( P . vulgaris), formant un anneau ligneux comme dans VAu-

ricula reptans (pi. XIII, fig. 2) (1).

Donc, au point de vue anatomique, le genre Pinguicula peut être divisé en deux sections : dans la première, a , les sympodes forment un anneau ligneux normal; dans la seconde b, il en est de même à la partie inférieure des tiges; plus haut l’anneau ligneux ne pouvant se dilater se fractionne, chaque sympode se recourbant intérieurement à droite et à gauche, suivi par le réseau radicifère, le péricvcle et l’endoderme; c'est cette disposition qu’il est commode de désigner sous le nom de polystélie, impliquant ici non une soudure d’axes, mais un fractionnement de l’axe unique primitif.

La formation des racines sur la tige, leur mode de sortie ont lieu exactement comme chez les Aurieules.

Le Pinguicula vulgaris passe l’hiver au moyen de bourgeons hibernants ; les grandes feuilles de la rosette terminale tombent; il ne reste plus qu’un petit bourgeon protégé par quelques feuilles très petites imbriquées étroitement. Les cellules de ces feuilles renferment un gros noyau et beaucoup d’amidon ; les racines adventives ont tous leurs tissus sclérifiés; c’est à la base de ces bourgeons que nous avons observé en grande quantité les propagules étudiées récemment par M. Maurice Hovelacque (2).

En résumé, nous avons le premier signalé dans le genre Pinguicula la présence d’un réseau radicifère très développé, l’existence générale d’un endoderme bien caractérisé, la course des sympodes et leurs relations avec le faisceau bilatéral de la feuille, la façon dont se comportent ces sympodes, ce qui nous a permis d’établir deux sections dans le genre, ces caractères étant de nature à rapprocher étroitement au point de vue anatomique les Pinguicula des Primula et des Auricula.

11 aurait été intéressant de soumettre à l’analyse toutes les espèces du genre Pinguicula ; les matériaux nécessaires nous ont fait défaut.

À la suite de la communication précédente, M. Maurice Hovelacque présente les observations suivantes :

Au cours le nos recherches sur les organes végétatifs de quelques Utriculariées, nous avons étudié le Pinguicula vulgaris. Dans les nombreux échantillons que nous avons examinés, nous n’avons jamais observé le fractionnement du système libéro-ligneux de la tige en plusieurs stèles.

(1) Van Tieghem et H. Douliot, loc. cil-

(2) Maurice Hovelacque, Sur les propaqules du Pinguicula vulgaris (Comptes rendus n° 7, 1888).

SÉANCE nu 11 MAI 1888.

Nous avons constaté 1 insertion de bourgeons axillaires à la partie inférieure et à la partie supérieure de l’axe principal. Les bourgeons axillaires inférieurs constituent les propagules dont nous avons fait connaître la structure. Les bourgeons axillaires supérieurs sont, ou bien des hampes llorales, ou bien des tiges fenillées. Quand on étudie des tiges souterraines complètement développées, les systèmes libéro-ligneux de ces branches axillaires supérieures peuvent donner l’apparence d’un axe se fractionnant, mais ce n’est là qu’une apparence très vague, et une élude complète de ces tiges, par la méthode des coupes transversales successives, permet de reconnaître, avec toute la certitude désirable, que leur système libéro-ligneux ne se partage pas en plusieurs stèles. Ou voit, au contraire, que, dans la région supérieure de la tige du Pinguicula vulgaris, il n’y a que des axes secondaires insérés à l’aisselle des dernières feuilles.

Nous bornerons nos observations à cette remarque, nous réservant, s'il y a lieu, de répondre, plus longuement, à la Note de M. Dangeard, après sa publication dans le Bulletin de la Société.

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