‹ Nouvelles odesChapitre 1 sur 51 · CHEZ LADVOCAT. LIBRAIRE · texte numérisé non relu

CHEZ LADVOCAT. LIBRAIRE

Voici de nouvelles preuves pour ou contre le système de composition lyrique indiqué ailleurs * par l'auteur de ces Odes, Ce n'est pas sans une défiance extrême qu'il les présente à l'examen des

* Voy, la note placée en tête du premier voinme d' Ode»,

à partir de la a« édition .

gens de goût ^ car , s'il croit à def théerîes nées d'études consciencieuses et de méditations assidues , d'un autre côté , il' croit fort peu à son talent. Il prie donc les hommes éclairés de vouloir bien ne pas étendre jusqu'à ses principes littéraires l'arrêt qu'ils seront sans doute fondés à prononcer contre ses essais poétiques^ Aristote n*est-il pas innocent des tragédies de l'abbé d'Aubignac?

Cependant , malgré son obscurité , il a déjà eu la douleur de voir ses principes littéraires , qu'il croyait îrréprocbables , calomniés ou du moins mal interprétés. C'est ce qui le détermine aujourd'hui à fortifier cette publication nouyeUe d'une déclaration simple et loyale , laquelle le mette à l'abri de tout soupçon d'héresîé dans la querelle qui divise aujourd'hui le public lettré. 11 y a maintenant deux partis dans la littérature comme dans

Téut^ et la guerre. poétique ne parait pas deyoir être moins acharnée que la guerre sociale n'est furieuse^ Les deux camps semblent plus impatiens de combattre que de traiter. Ils s'obstinent à ne Tfuloir point parler la même langue 5 ils n'ont d*autre langage que le mot d'ordre à l'intérieur, et le cri de guerre k l'extérieur : ce n'est pas le moyen de s'entendre.

Quelques voix importantes néanmoins se sont élevées , depuis quelque tems , parmji^es clameurs des deux armées. Des conciliateurs se sont présentés avec de sages paroles entre les deux fronts d^attaque. Ils seront peutrétre les premierjs immolés, mais n'importe ! (Test dans leurs rangs que Tauteur de ce livre veut être placé , dùt-il y être confondu. Il discutera , sinon avec la même autorité y du moins avec la même bonne foi. Ce n'est pas qu'il ne s'attende aux imputations les plus

étranges , aux accusations les plus singulières. Dans le trouble où sont les esprits , le danger de parler est plus grand encore que celui de se taire ^ mais quand il s'agit d'éclairer et d'être éclairé , il faut regarder où est le devoir, et non où est le péril) il se résigne donc. Il agitera, sans hésitation , les questions les plus délicates , et , comme le petit enfant thébain , il osera secouer la peau du lion.

Et d'aborA, poiu: donner quelque dignité à cette discussion impartiale , dans laquelle il cbercbe la lumière bien plus qu'il ne l'apporte , il répudie tous ces termes de convention que les partis se rejettent réciproquement comme des ballons vides , signes sans signification , expressions sans expression ^ mots vagues que chacun définit au besoin de ses haines ou de ses préjugés , et qui ne servent de raisons qu'à ceux qui n'en ont pas. Pour lui , il

ignore profondëment ce que c^est que le genre classique et que le genre romantique» Selon unefemme de génie , qui, la première , a prononcé le mot de UttércUure romanUcjue en France , cette division se rapporte aux deux grandes èresdumonde, celle qui a.précédéV établissement du christianisme et celle tpd fa suivi *, D'après le sens littéral de cette explication , le Paradis perdu serait un poème classique et la Henriade une œuyre romantique. Il ne paraît pas rigoureusement démontré que les deux mots importés par madame de Staël soient aujourd'hui compris de cette façon.

En littérature, comme en toute chose , il n'y a que le bon et le mauvais , le beau et le difforme , le vrai et le faux. Or , sans établir ici de comparaisons qui exigeraient des restrictions et des dé-

De V Allemagne.

veloppemens , le beau *> dana Shakspeare est tout aussi classique (si classique signifie digne d'être étudié) que le beau dans Racine ^ et le Jaux dans Voltaire est tout aussi romantique (si romaniùpie veut dire, mauvais) que le /aux dans Calderon. Ce sont là de ces vérités naïves qui ressemblent plus enjcore à des pléonasmes qu'à des axiomes ^ mais où n'est-on pas obligé de descendre pour convaincre l'entêtement et pour déconcerter la mauvaise fol?

On objectera peutrétre Ici que le^^deux mots de guerre ont depuis quelque tems changé encore d'acception, et que certains critiques sont convenus d'honorer désormais du nom de classique toute production de l'esprit antérieure à notre

* n est inutile de déclarer que cette expression est employée ici dans toute son étendue.

époque , tandis que la qualification de romaniûfue serait spécialement restreîAte & cette littérature qui grandit et se développe avec le dix-neuyième siècle. Avant d'examiner en quoi cette littérjsiture est propre à notre siècle ^ on demande en quoi elle peut avoir mérité ou encouru une désignation exceptionnelle. Il est reconnu que chaque littérature s'empreint plus ou moins profondément du ciel , des mœurs et de l'histoire du peuple dont elle est Texpression. Il y a donc autant de littératures diverses qu'il y a de sociétés différentes. David , Homère , Virgile , le Tasse , Milton et Corneille ;; ces hommes , dont chacun représente une poésie et uue nation , n'ont de commun entr'eux çne le génie. Chacun d'eux a exprimé et a fécondé la pensée publique dans son pays et dans son tems. Chacun d'eux a créé pour sa sphère sociale un ^ monde d'idées et de sentimens^ approprié au mouvement et à l'étendue de cette sphère. Pourquoi

donc envelopper d'une désignation vague et collective ces créations qui , pour être toutes animées de la Toème ame , la Vérité , n'en sont pas moins dissemblables et souV^t contraires dans leurs formes, dans leurs élémens et dans leurs natures? Pourquoi en même tems cettecontradiction bizarre de décerner à une autre littérature , expression imparfaite encore d'une époque encore incomplète , l'honneur ou l'outrage d'une qualification également vague , mais exdusive , qui la sépare des littératuréîs qui l'ont précédée? Gomme si elle ne pouvait être pesée que dans l'autre plateau de la balance ! Goname si eUe ne devait être inscrite que sur le revers du livre des fastes littéraires ! D'où lui vient ce nom de romantique? Est-ce que vous lui avez découvert quelque rapport bien évident et ]o^eTL intime avec la langue romance on romane?. . Alors expliquez-vous 3 examinons la valeur de cette allégation 3 prouvez d'abord qu'elle est fondée 3 il

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TOUS restera ensuite à démontrer qu'elle n'est pa^ insignifiante. «

Mais on se garde fort aujourd'hui d'entamer de ce côté une discussion qui pourrait n'enfanter que le ridicidus mus; on veut laisser à ce mot de romantique un certain yague fantastique et indéfinissable qui en redouble l'borreur. Aussi , tous les anatbèmes lancés contre d'illustres écrivains et poè'tes contemporains peuyent-îk se réduire à cette argumentation : « — Nous condamnons la litté- ^ rature du dix-neuyième siècle parce qu'elle est

romantique — Et pourquoi est-elle rom^-

tique? — Parce qu'elle est la littérature du dixneuvième siècle. — »0n ose affirmer ici, après un mûr examen , que l'évidence d'un tel raisonnement ne parait pas absolument incontestable.

Abandonnons enfin cette question de mots, qu!

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ne peut suffire qu'aux esprits superficiels, dont el]^ est le rîsible labeur. Laissons en paix la.procession des rhéteurs et des pédagogues apporter gravement de Teau claire au tonneau vide. Souhaitons longue haleine à tous ces pauvres Sisyphes essoufflés , qui vont roulant et roulant sans cesse leur pierre au haut d'une butte ^

Palus inamàbilisyndd AJUgai, et noifies Stjrx interfusa coercet.

Passons , et abordons la question de choses , car la frivole querelle des romantiques et des classiques n est que la parodie d'une importante discussion , qui occupe aujourd'hui les esprits judicieux et les âmes më^tatlves. Quittons donc la Batrachom)ramachie pour VlUade, Ici du moins les adversaires peuvent espérer de s'entendre, parce qu'ils en sont dignes. Il y a une discordance absolue entre les rats et les grenouilles , tandis qu'un intime

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rapport de noblesse et de grandeur existe entre Achille et Hector.

S faut en conyenir, un mouyement yaste et profond trayaille Intérieurement la littérature de ce siècle. Quelques hommes distingués s'en étonnent, et II n'y a précisément dans tout cela d'étonnant que leur surprise. En effet, si après une révolution politique qui a frappé la société dans toutes ses sommités et dans toutes ses racines , qui a touché à toutes les gloires et k toutes les infamies y qui a tout désuni et tout mêlé y au point d'ayolr dressé Féchafaind à l'abri de la tente , et mis la hache sous la garde du glalye^ après une commotion effrayante qui n'a rien laissé dans le coeur: des honomes qu'elle n'ait remué, rien dans Tordre des choses qu'elle n'ait déplacé , si, disonsnous , après un si prodigieux éyènement , njul cliatkgement n'apparaissait dans l'esprit et dans le

caractère d*un peuple , n'est-ce pas alors qu'il faudrait s'étonner, et d'un étonnement sans bornes?. . — Ici se préseiite une objection spécieuse et déjà déyeloppée avec une conyictîon respectable ^>ar des hommes de talent et d'autorité. C'est précisément , disent-ils , parce que cette révohuion littéraire est le résultat de notre révolution poUtùjue, que nous en déplorons le triomphe , que nous en condamnons les ceuvres. — Cette conséquence ne parait pas juste. La littérature actuelle peut être en partie le résultai de la révolution , sans en être rexpression, La société , telle que l'ayait faite la réyolution , a eu sa littérature > hideuse et inepte comme elle. Cette littérature et cette société sont mortes ensemble , et ne reyiyront plus. L'ordre renaît de toutes parts dans les institutions^ il renaît également dans les lettres. La religion consacre la liberté : nous avons de^ citoyens. La foi épure l'imagination j nous avons des poètes. La vérité

reneiki partout , dans les mœurs , dans les lois , * dans les arts. La lîttératuite nouvelle est vraîe. Et qu'importe qp'eUe soit le résultat de la révolution? La n&CHSSon est-elle moins belle paître qu^elle a mûri sur le volcan? Quel rapport trouvez-vous entre les laves qui ont consumé votre maison et Tépi de blé qui vous nourrit ?

Les plus grands poètes du monde sont venus après de graines calamités publiques. Sans parler des cbantres sacrés, toujours inspirés par des malheurs passés ou futurs , nous voyons Homère appan^tre après la cbùte jde Troie et les catastrophes de TArgoUde^ Virgile, après le triumvirat.' Jeté au milieu des discordes des Guelfes et des Gibelins y Dante avait été proscrit avant d'être poète. Milton rêvait Satan cbez Ci*onnrell. Le meurtre de Henri IV précéda Corneille. Racine ,

Molière, Boileau y avaient assisté aux orages de la

I^Hi^^d s'élèye , ç|; la propprtîon ^st gardé^r

gt aa npus ^toiii^pn» peint de eette liaison re- Ii[^^^^}q eptra les grandes époques politiques et 1^^ lieUes époques littéraires. La marohe sombre et imposante des éyénemens par lesquels le pouYoir d'en haut se manifeste aux pouvoirs d'ici bas, Fm^îté éterpeHe de leur cause , Taceord sojeiiiiel 4e leurs pé^ultets y ont quelque cbo|^ qni frappa profpniléço^cint la pensée. Ce qu'il y a de sublime e.t d'inni^oFtel à^i^ Vbamme se réyeille oompie en i^l^sant I au b?nit do toutes ces Yoii p^ryeOleuaes qni ay@rt]$^n( 4^ m^n. L-espijt déa peuples , eti i^n religiçui^ fUoi^pe , entend king<^téiQa retentir d^ çsifaçtroplie ^n oatastropbe la parole myalérieus^ q\4 ^f^i»îg&6 d^n^ 1^ ténèbres; '

, , *^dmonet, çt magna testaiur yoceper umbras^.

Qu^ques aipes çhçtsies recueillent cette parole et

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s'en fortifient. Quaiid elle a àesaé de totabët* dans les éTènëmenfe^ elles la fbnt éclater dans leurs inspirations , et c^est ainsi que les enseignetnens célestes se continuent par àeê oliants. Telle e^t là mission du génie, ses élus sont ces sentinelles laissées par le Seigneur sur les tours de iérnsalem , et qui ne se tairont ni jour , ni nuit.

ha littérature présente, telle que Potlt créée les ChÀteaubriand , les Stàêl, les Lamennais, n'ajipartient donc eii rien à la réyolution. De même qbe^ les écrits sophistiques* et déréglés des Voltaire, des Diderot et des Helyétius, otit été d'ayance Texpression des innoyations sociales, écloses dans la décrépitude du dernier siècle^ la littérature aetttelle, que Ton attaqué aVéc tatit d'instinct d^uncàté^ et si peu de sagacité de l'autre, estPexpreésion anticipée de la société religieuse et inonarchique qui sortira sans doute du milieu de tant

d'anciens débris , de. tant de ruineft récentes. U .faut le dire et le redire y oe n^est pas un besoin de .nouveauté qui tourmente les esprits , c'est um besoin de yérité -, et il est immense.

Ce besoin de vérité y la plupart des écrivains supérieurs de Fépoque tendent à le satisfaire. Le goût , qui n'est autre chose que l'autorité en litté^ rature , leur a enseigné que leurs ouvragée , vrais .pour le fond ^ devaient être également vrais dans la forme -, sous ce rapport , ils ont fait faire un pas à la poésie. Les écrivains des. autres peuples et deâ autres tems, même les admirables poètes du grand siècle, ont trop souvent oublié, dans l'exécutioii , le principe de vérité dont ils vivifiaient leur composition. On rencontre fréquemment dans leurs plus beaux passages des détails empruntés k des mœurs, à des religions ou à des époques trop étrangères au sujet. Ainsi V horloge, qui, au grand amu-

sèment de Voltaire , désigne au Bmlifs dé Shakt^ peare Theure où il doit frapper César , cette horloge, qui existait, comme on voit, bien ayant qu'il n'y eut des horlogers, sç retrouve, au milieu d'une brillante description des dieux mythologiques , placée par Boileau à la main du Tebis. Le canon, dont Caldéron arme les soldats d'Héraclius, et Milton les archanges de ténèbres, est tiré,*dans Vode sur Namur, par dix nulle vaUlans ÂLcmn , qui en f ont pe'tiller les remparts, Eteertes, puisque les jilcides du législateur du Parnasse tirent du canon, le Satan de Milton peut, à toute force, considérer cet anachronisme comme de bonne guerre. Si dans un siècle littéraire encore barbare, le père Lemoyne , auteur d'un poème de Saint-Loiùs, fait sonner les vêpres siciliennes par les cors des noires Euménides, un ige éclairé nous montre J.-B. Rousseau , envoyant (dans son Ode au comie

duLuc, dont le mouve.mentlyrîque est fort remar-

quable ) 9 uu prophetb fidhle jûscjUe chez les Bi£irx^ interroger le Sort; et eâ tl'ouTant fbrt ridicules les Néréldeis dont Camoëns obsède les eom-

pagnons de Gama ^.on dégîreriit ^ dans le célèbre passade du Bhin de Boil^au * , voir autre chose que des Ncâades çraùiiiyes fuir devant Louis , par

^ L«s personnes de bonne foi comprendront aisément peturi]W nous citons ici fréquernihent le noih de Boileau. Les Cantesdé go4t , da\is un homme d^nn goût aussi pur, ont quelque chose de frappant^ qui les tend d^Un utile exemple.' Il faut que l'absence de vérité soit bien' contraire à la poésie , puisqu'elle dépare même les yers de Boileau. Quant aux critiques malyeillans, qui voudraient voir dans ces citations un manque de respect à un grand nom , ils sauront que nul ne pousse plus loin que Tauteur de de livre Pestime pour cet excellent esprit. Boileau partage avec iiotre Racine le mét-î^ unique d'avoir fixé la làttgiid françaùe , ce qui siàffirait pour prouver que lui ausfti avait un g^Ue èréateur.

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la grâce de Dieu , roi de France et de Na variée, aecWDj^gnë de ses iiiar^faaux.«des-camj>9-et-armée5.

Dés citations de ce genre se prolongeratéttt à l*infini , mais il est inutile de les multiplier. Si de pareilles fautes dé vériië se présentent frë<{Uëmfm«m dans nos meilleurs auteurs, il faut se gàrdct de leur en faire un crime. Ils auraient pu sans doute se bôiner à étudier les formes pures des d>- Ythité3 grecques , sans leut* emprunter leurs attrîbuts pafens* Lorsqu'à Aôitie Oh voulut convertit eu Smrii-Pierre *n Jupiter olympien , on con^ mençfi du moins par 6ter au maître du tonnerre l^aigle qu'il foulait soiis ses pieds. Mais quand on considère les immenses services rendus à la langue etaus lettres pur nos preâiiers grands poètes, on s'humilie detant leur gëtiie , et on ne se, sent pas la force de leur reprocher un défaut de goût. Certainement ce défaut a été bieû funeste , puisqu'il

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a introduit en France je ne sais quel genre faux , .qu'on a fort bien nommé le genre scholastique, genre qui est au classique ce que la superstition et le fanatisme sont à la religion ^ et qui ne contrebalance aujourd'hui le triomphe de la yraie poésie que par Tautorité respectable des Illustra maîtres chez lesquels il trouve malheureusement des modelés. On a rassemblé ci-dessus quelques exemples .pareils entre eUx de ce faux goût , empruntés k la Iqis aux écrivains les plus opposés, à ceux que les scholastiques appellent classiques et à ceux qu'ils qualifient de romantiques; on «spère parla .faire voir que si Calderon a pu pécher par excès d'ignorance, Boileau a pu faillir aussi par excès de science y et que si , lorsqu'on étudie les écrits de

ce dernier, on doit" suitre religieusement les règles imposées au langage par le critique '^ , il faut

* Insistons sur ce point , afin d^ôter tout prétexte aux malH^ojrans. S'il est utile, et parfois nécessaire, de rajeu-

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en même tems se garder scrapuleusemeiit «Tàdopter les fausses couleurs employées qadquefois par

lepoëte.

£t remarquons , en passant, que , si la littérature

nir quelques tournures usées , de renouveler quelques TÎeilles expressions , et peut-^tre d'essayer encore d*embellir notre yersification par la plénitude du mètre et la pureté de la rime, on ne saurait trop répéter que, là, doit s^arréter l'esprit de perfectionnement. Toute innovation contraire à la nature de notre prosodie et au génie de notre langue doit être signalée comme un attentat a«x premiers principes du goût.

Après une si franche déclaration, il sera sans doute permis défaire observer ici aux hjrper-cntiqites que le vrai talent regarde avec raison les règles comme la limite qu'il ne faut jamais franchir, et non comme le sentier qu'il faut toujours suivre. Elles rappellent incessamment la pensée vecs un centre unique, le beau; mais elles ne la cir-

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