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ODE SEPTIÈME

QuAivD l'impîe a porté Foutrage au sanctuaire ^ Tout fuîtle temple en deuil , de splendeur dépouillé ; Mais le prêtre fidèle , à genoux sur la pierre y Prodigue plus d'encens ,. répand plus de prière , Coorbe plus bas son front devant Fautel souillé.

Non, sur nos tristes bords, 6 belle yoyageuse ! Sœur auguste des Rois, fille sainte de Dieu, Liberté ! guide pur de la gloire orageuse $ Non , je ne Vai point dit adieu !

58 LA LIBERTfÉ.

Mes hymnes dévoues ne vont point sur Tarène , Traînant dans la lutte une chaîne , Mais du manteau d'azur yétus *.

Mon luth n'est point de ceux dont les voix importunes Ne savent pas pleurer toutes les infortunes , Et bënh* toutes les vertus. '

DansFàge oii le cœur porte un souffle miagnammey Où rhonmie à Tavenir jette un défi sublime , Et montre à sa menace un sourire hardi ^ Avant l'heure où pérît la fleur de l'espérance ,

Quand l'ame y lasse de souffrance , Passe du frais matin à l'aride, midi^

Je disais : « O salut! vierge aimable et sévère! « Le monde y A Liberté , suit tes nobles élans;

* Les martyrs , condamnés aux bétes , descendaient y dans le cirque , couverts d'une tunique bleue.

« G)mme une jeune. épouse il t^ainie , et te réyère

« Gonime.uiie aïeule eu cheveux blancs !

« Salut ! tu sais , de l'ame écartant les entraves ,

a Descendre an cachot des esclaves

a Plutôt qu'au palais des tyrans^ « Aux concerts du Cédron mêlant ceux duPetmesse', « Ta voix douce a toujours quelque illustré promesse

« Qu'entendent les héros monrans. x>

Je disais. Souriant à mon ivresse ai^tère ,

Je vis venir à moi les Sages de la terre :

« — ^y<nci la Liberté ! plus de sang ! plus de pleurs !

« Les peuples réveillés s'inclinent devant elle»

« Viens, 6son jea|ie amant! car vokil'immortelle! • .»

Et j'accourus ^ portant des palmes et des fleurs.

Dieu! leur Liberté, c'était un monstre Immense ,

6o LA L.IBERTÉ.

Se nommant yërité parce qu'il était na , Balbutiant les cris de Tayeugle démence ,

Et l'aveu <lu vice ingénu !

La fable eht pu donner à ses fureurs impies

L'ongle flétrissant des Harpies

Et les miUe bra^ d'iËgéon ) La dépouille de Rome ornait l'impure idole :

Le vautour remplaçait l'aigle à son Gapitole y

L'Enfer peuplait son Panthéon !

Le Supplice hagard, la Torture écumante Lui conduisaientlaMorty conmie une heureuse amante» Le Monstre aux pieds f olilait tou t un peuple innocent ; Et les Sages menteurs, aux pompeuses doctrines, Soutenaient ses pas lourds, quand , f)armi les ruines, • Il chancelait , ivre de sang !

Mêlant les lois de Sparte aux fêtes de Sodome ,

ODE VII. 6i

Dans tous les attentats cliereliaiit tous les fléaux, Par le néant de l'ame il croyait grandir l'homme ,

Et réveîUaît le vieux Chaos.

Pour frapper leur couronne osant frapper leur tête,

Des Rois , perdus dans la tempête ,

Il brisait le trône avili ; Et , de l'éternité lui laissant quelque reste , Daignait à Dieu , muet dans son exil céleste ,

Offrir un échange d'oubli !

Et les Sages disaient : a Gloire à notre sagesse ! « Voici les jours de Rome et les tems de la Grèce ! a Nations , de v.os Rois brisez l'indigne frein. « Liberté ! n'ayez plus de maîtres que vous-même : « Car nous tenons de toi notre pouvoir suprême -, « Sois donc heureux et libre, à peuple souverain ! ... »

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