LA LIBERTE
Tyrans adulateurs ! caresses mensongères I
O honte ! . . . Asie , Afrique > où sont tous yos sultans?
Que leurs sceptres sont doux, et leurs ciiaines légères
Près de ces bourreaux insultans !
Rends gloire^ ô foule abjecte en tes fers assoupie,
Au TÎl monstre d'Ethiopie ,
Par un fer jaloux mutilé !
Gloire aux muets cachés au harenï du prophète ! Gloire à resclave obscur , qui leur livre sa tête y
Du moins en silence immolé !
/ Le sultaii , sous des murs de jaspe et de porphyre,
Jetant à cent beautés un dédaigneux sourire ,
Fotde la pourpre et For, et l'ambre, et le corail;
Et de loin ^ en passant , le peuple peut eonnaitre
* Où sont les plaisirs de son maître j
A la tête , qui pend aux portes du sérail. i
Peuple heureux ! ëveOIant la révolte hardie , Parmi ses toits troubles , dans Fombre , bien souvent, Uinquiet janissaire égare Finoendie
Sur Faile bruyante du vent.
Peuple heureux ! d'un visir sa vie est le domaine 5
Un poison , que la mort promène ,
Flétrit son rivage infecté^ L'esclavage le courbe au joug de l'épouvante : Peuple trois fois heureux ! divins Sages qu'on vante,
n n'a pas votre Liberté !
France ! c'est au Ciel , qu'en nos jours de colère,
K fui la Liberté , mère des saints exploits -,
11 faut , pour réfléchir cet astre tutélaîre ,
Que , pur dans tous ses flots , le fleuve populaire
Coule, à l'ombre du trône appuyé sur les lois.