‹ Nouvelles odesChapitre 22 sur 51 · ODE ONZIEME · texte numérisé non relu

ODE ONZIEME

Fils <iu cîél , je fuirai les honneurs de la terre y DaDs raoïk abaidsetnént je mettrai mon orgueil 5 Je suis le roi bann! , superbe et solitaire ,

Qui veut le trône ou le cercueil.

Je hais le brult du monde, et je crains sa poussière .*

La reUtdte , paisftld et ûhte ,

Réclamé un eoeur indëp&ndant ; Je ne veux point d'esclave , et ne veux point de maftre ^

Laissez-moi rêver seul aa désert de mon être : — Tj cherche le buisson ardent.

Toi, qu'aux douleurs de rhommeunDieucachéconyie, (!!ompagne sous les cieux de Thumble humanité , Passagère immortelle , esclave de la yie ,

Et reine de l'étemitë , Âme ! aux instans heureux comme auxheures funèbres,

Rayonne au fond de mes ténèbres;

Règne sur mes sens combattus } Oh ! de son sceptre d'or romps leur chaîne fatale, Et nuit et jour , pareille à l'antique Yestale y

Veille au feu sacré des yertus.

Estrce toi dont le souffle a yisité ma lyre , Ma lyre , chaste sœur des harpes de Sien } Et qui yiens dans ma nuit, ayec un doux sourire ^ Gomme une belle vision?

Sur mes terrestres fers , 6 Vierge glorieuse ,

Pose Taile mystérieuse

Qui t'emporte au ciel dévoilé j Viens-ta m'apprendre / écho de la yoix infinie y Quelque secret d'amour, de joie ou d'harmonie ,

Que les anges t'ont révélé ?

Yis-tu ces tems d'innocence , Où , quand rien n'était maudît , Dieu y content de sa puissance , Fit le monde et s'applaudit?

Vis-tu , dans ces jours prospères ^ Du jeune aïeul de nos pères , Eve enchanter le réveil 5 . Et y dans la sainte phalange , Au front du premier archange * Luire le premier soleil ?

Vis-tu des Wrrens jde l'être., Parmi de brùlans sillons ^ Les astfes , joyeux de naître y S'échapper en touii)illons $ ' Quand Dieu , dans sa«paix féconile , Penché de loin sur le monde , Contemplait ces grands tableaux , Lui , centre commun des âmes , Foyer de toutes les flammes , Océan de téus les flots?

Suivais-tu du Seigneur la trace solennelle , Lorsque TEsprit pprta la parole étemelle De l'abîme des eaux aux régions du feu ^ Au jour où l menaçant la. terre virginale , Comme , d'un char léger pressant l'ardent essieu

Un roi yaincu refuse une lutte inégale ,

Le Chaos éperdu s'enfuyait devant Dieu?

Â&-ta TU y loin des cieux , cMtiant ses complices , Le Roi du mal , armé du sceptre des supplices , Dans le gouffre où jamais la terreur ne s'endort? Lieu funèbre , où pleurant les songes de la terre , * Le crime se réveille , enfantant le remord , £t qu'un Dieu visita , revêtu de mystère , Quand d'enfer en «nfer il poursuivit la Mort?

Montre-moi l'Étemel, donnant, comme unroyaimie, Le tems à l'éphémère et l'espace à l'atome 5 Le YÎde obscur , des nuits tombeau silencieux ) Les foudres se croisant dans leur sphère tonnante \

£t la. comète rayonnante , • Traînant sa chevelure éparse dans les cieux.

loo L*AME.

Mon esprit sur ton aile , ô puissante compagne , Yole de fleur en fleur, de montagne en montagne, Remonte aux champs d^azur d'où Thomme fut banni ^ Du secret merveilleux lèye le yoile austère;

Car il Yoit plus loin que la terre :

Ma pensée est un monde errant dans riofinS*

Mais la vie , ô mon ame ! a des pié^fes dans l'ombre.

Sois le guerrier captif qui garde sa prison ,

Des feux de Tennemi compte avec s(Sn le nombre,

Et sous le jour brûlant ainsi qu'en la nuit sombre , Surveille au loin tout Thorizon.

Je ne suis point celui qu'une ardeur vaine enflamme, Qui refuse à son cœur un* amour chaste et saint , Porte à Dagon l'encens que Jéhovah réclame y

ODE XI. loi

Et. , voyageur sans guide , erre autour de son ame , Gomme autour d'un cratère ^éteint.

Il n'ose y offrant à Dieu sa nudité parée , Flétrir les fleurs d'Eden d'un souffle criminel -, Fils banni , qui traînant sa misère ignorée, Mendie et pleure , assis sur la borne sacrée De l'héritage paternel.

Et les Anges entre eux disent : « Voilà l'impie ! « n a bu des faux biens le pbiltre empoisonneur ^ «Deyant le juste heureux que son crime s'expie^ « Dieu rejette son ame ! elle s'est assoupie « Durant la yeille du Seigneur. »

Toi , puisses-tu bientôt , secouant ma poussière , Retourner radieuse au radieux séjour!

Tu remonteras pure à la source première ^

Page 1