‹ Nouvelles odesChapitre 40 sur 51 · ODE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ODE VINGT-QUATRIÈME

Vous avez dans le port poussé ma voîle errante j Ma tîge a refleuri de sève et de verdeur 5 Seigneur , je vous bénis ! à ma lampe mourante Votre soujffle vivant a rendu sa splendeur.

Surpris par Touragan comme un aiglon sans ailes , Qui tombe du grand chêne au pied de Târbrisseau,

196 ACTIONS DE GJIACES.

Faible enfant , du mallieur j*ai su les lois crueUes : L'orage m'assaillit voguant dans mou berceau.

Oui , la yie a pour moi commencé dès l'enfance , % Quoique le ciel jamais n'ait foudrojé-nle fleurs , Et qu'il ne yeuille pas qu'un être sans défense Mêle au calice amer l'amertume des pleurs.

La jeunesse en riant m'apporta ses mensonges, Son ayenir de gloire , et d'amour et d'orgueil; Mais quand mon cœur brûlant poursuiyait ces beaux

songes , Hélas ! je m'éyeillai dans la nuit d'un cercneil.

Alors je m'exilai du milieu de mes frères.

Calme , car ma douleur n'était pas le remords , J'accompagnais de loin les pompes funéraires : L'hymne de l'orphelin est écouté des morts.

L'œil tourné vers le ciel , je planais sur l'abime ^ Bien souvent, de mon sort bravant l'injuste affront^ Les flammes ont jailli de ma pensée intime , Et la langue de feu descendit sur mon front.

Mon esprit de Patmos connut le saint délire , L'eiLtase qui l'amène et l'effroi qui le suit ; Mais mon âme était triste , et les chants de ma lyre Étaient comme ces voix qui pleurent dans la nuit.

J'ai vu sans murmurer la fuite de ma joie ,

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