ODE VINGT-TROISIEME
Le parfum d'un lys pur , Tëclat d'une auréole ,
La dernière rumeur du jour , La plainte d'un ami qui s'afflige et console , L'adieu mystérieux de l'heure qui s'envole ,
Le doux bruit d'un baiser d'amour,
L'écbarpe aux sept couleurs que l'orage en la nue
igo SON NOM.
Laisse, comme un trophée , au soleil triomphant, L'accent inespéré d'une voix reconnue , Le vœu le plus secret d'une vierge ingénue , Le premier rêve d'un enfant ,
Le chant d'un chœur lointain , le soupir qu'à l'aurore
Rendait le fabuleux Memnon , Le murmure d'un son qui tremble et s^évapore,... Tout ce que la pensée a de plus doux encore ,
O lyre , est moins doux que son nom!
Prononce-le tout bas , ainsi qu'une prière j Mais que dans tous nos chants il résonne à la fois ! Qu'il soit du temple obscur la secrète lumière ! Qu'il soit le mot sacré qu'au fond du sanctuaire Redit toujours la même voix !
O mes amis i avant qu'en paroles de flamme ,
ODE XXIIL 191
Ma muse , égarant son essor , Ose aux noms profanés qu'un yaîn orgueil proclame, Mêler ce chaste nom , que Tamour dans mon âme
A caché , comme un saint trésor ,
II faudra que le chant de mes hymnes fidèles Soit conoune un de ces chants qu'on écoute à genoux^ Et que l'air soit ému de leurs Yoix solennelles , G)m]ne si , secouant ses invisibles ailes , Un ange passait près de nous !
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Tai présenté mou cœur au dieu de l'innocence.
Gilbert.
Ceux qui auront semé dans les larmes moissonneront dans Falégresse.
Salomon. Ps. cxxv, V. 5.