ODE SIXIEME
LoRSQu'^AUx dieux de rOlympe immolant l'ÉTangQe , Et d'un vil tribunal prêtant Fappui fragile
A leur temple odieux , Le juge avait proscrit des Chrétiens pleins de joie , Tictimes qu'attendaient , acharnés sur leur proie ,
Les tigres et les dieux }
5a LE REPAS LIBRE.
Rome offrait uu festin à leur élite sainte ^ G)mme'si , sur les bords du calice d'absynthe ,
Versant un peu de miel ^ Sa pitié des martyrs ignorait l'énergie , Et voulait consoler , par une folle orgie y
Ceux qu'appelait le ciel.
La pourpre recevait ces convives austères :
Le Faleme écumait dans de larges cratères
Ceints de myrthes fleuris } Le miel d'Hybla dorait les vins de Malvoisie , Et y dans les vases d'or, les parfums de l'Asie
Lavaient leurs pieds meurtris.
Un art profond, mêlant les tributs des trois mondes, Dévastait les forêts et dépeujplait les ondes
ODE YI. 53
Pour ce libi*e repas ; On eût dit q[u*épuisaat la prodigue nature , Sybaris conviait aux baii<{uets d'Épicure
Ces élus du trépas.
Les tigres cependant s'agitaient dans leur chaîne : . Les léopards captifs de la sanglante arène
Chercliaient Taffreux chemin 5 Et bient6t y moins cruels que les femmes de Rome , Ces monstress'étonnaientd'étre applaudis parrhomme,
Baignés de sang humain.
On jetait aux lions les G)nfesseurs , les Prêtres, lélle une main servile à de dédaigneux maîtres
Offre un mets savoureux.
Lorsqu'au pompeux banquet siégeait leur saint conclave ,