‹ Nouvelles œuvres choisies de Mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 5 sur 27 · LE FEU SACRÉ · texte numérisé non relu

LE FEU SACRÉ

Il est inutile, Messieurs, de vous dire ma joie profonde. Je me retrouve au milieu de vous, et je vous retrouve ici, nombreux, fidèles; plus nombreux, plus fidèles que jamais. Après cette longue absence, je ne pouvais, assurément, ni demander à Dieu, ni rencontrer sur la terre une consolation plus vive et plus pure que celle dont vous inondez mon âme en cette heure. Certes, si ceux qui naguère encore, à Rome, me pressaient d'y demeurer, avaient pu voir le spectacle que vous deviez me donner ici, ils ne m'auraient pas pressé; ils auraient laissé, et plus tôt peut-être, à mon cœur sa liberté tout entière. Je leur disais : « Rester y> près de vous, je ne puis ; j'ai un rendez-vous ailleurs. « On insistait : "Mais pourquoi partir avant Pâques? ii — Cl J'ai, pour Pâques même, un rendez-vous ailleurs. TOAi. r. 10

» Il y a là-bas, je le sais, des milliers d'âmes, des mil- •.) liers d'iiommes qui m'attendent, et qui, depuis plu- )) sieurs années déjà, m'ont donné un rendez-vous, dans o ma cathédrale, auquel ni eux ni moi n'avons encore » manqué. " Je disais vrai. Messieurs, car je ne me souviens pas de vous avoir jamais vus ni plus empressés ni plus sympathiques que ce soir, et je dois en bénir Dieu, et vous en bénir vous-mêmes; et si un évoque, au milieu des amertumes de son ministère, pouvait jamais être heureux, je le serais en ce moment

Voilà donc qu'elle commence cette grande semaine, la plus sainte de toute l'année chrétienne, pendant laquelle Dieu s'apprête à verser ses bénédictions les plus abondantes sur vous , sur vos familles , et sur tous ceux que vous aimez.

Je ne vous adresserai , Messieurs , ce soir, pour ouvrir ces pieux exercices, que quelques courtes et simples paroles... une seule parole, la parole du retour^ l'expression vive de mon âme en vous retrouvant... et cette parole, je l'ai rencontrée ce matin dans les saintes Écritures. Elle m'a frappé par rapport à vous, comme elle m'a frappé souvent, dans la vie, pour moi-même, et pour les âmes que Dieu m'a rendues chères; et, à elle seule, elle peut suffire, pour ranimer vos cœurs, et donner un élan généreux à cette grande retraite. Cette parole, la voici : " Irjnis jjoye- « tiius ardchit in altari ' : Un feu sacré brûlera toujours )) sur l'autel.... y> C'est de ce feu, de cette flamme mystérieuse, que je viens vous parler, et je ne connais pas

1 Levit., VI, 12.

OELVRES ORATOIRES. 1V7

line asseml)lôe d'âmes où mon cœur soit plus à l'aise pour le l'aire.

Il y a donc un feu sacré sur la terre, et, grâces immortelles en soient rendues h Dieu, et à la noblesse de la nature qu'il nous a donnée, ce feu sacré ne s'éteint jamais ici-bas; et quelles que soient les défaillances des temps, des esprits et des caractères, il y a toujours quelques nobles âmes où il brûle : Ignis i^erpetuus. A certains moments, ces âmes sont rares : on les cherche, et on ne les trouve pas! On les appelle, elles ne répondent pas! Mais enfin, il y a toujours, dans les sphères les plus élevées, et souvent aussi dans les régions les plus humbles de la société, quelques âmes bénies de Dieu , où se conserve le goût de la grandeur, l'inspiration des grands sentiments, des grandes vertus, et chez lesquelles brûle la flamme du feu sacré. On les reconnaît à je ne sais quel rayon qui brille sur leur front, à l'accent doux et fort de leur parole, à la tendresse pure, à la flamme vive de leur regard, à leur attitude, à leur sainte et noble démarche ici-bas : elles tendent manifestement à un but sublime.

Oui , il y a ici-bas un feu sacré, et toujours aussi des âmes dignes de le conserver à la terre : le feu sacré, c'est le nom populaire de tout ce qui se fait avec un enthousiasme et un élan généreux ; et la popularité de ce grand nom n'est pas une vaine chose parmi les hommes : Ignis j^erpetuus.

Voilà, Alessieurs , le mot dont je veux ce soir vous faire méditer avec moi le sens profond : ce ne sera

donc pas un discours, mais un mot, une simple parole sur la nature, les origines, les hautes manifestations et les puissants effets dans l'àme, de ce feu sacré ; — et si Dieu me faisait la grâce de Vallumer au fond de vos cœurs, à tous, ah! quelle admirable transformation ce serait parmi nous!...

Et d'abord, Messieurs, veuillez remarquer la nature de ce feu sacré : Ardehit in allari; il s'allume et brûle sur un autel; sur l'autel de notre cœur : rien de grand, rien de sacré sur la terre, si le cœur n'y est pas; et, je l'ajoute, sur l'autel du Dieu vivant : rien de pur, rien qui puisse avoir une pureté durable, si Dieu n'y est pas. Ah ! oui , il faut le dire bien haut , tout ce qui est grand ici-bas est grand par le cœur : quand le cœur manque quelque part, l'intelligence la plus pénétrante et le génie lui-même défaillent tristement : un génie sans cœur ressemble à ces pâles soleils des régions glacées du Kord, qui éclairent et qui n'échauffent pas, qui n'ont plus ni rayonnement, ni force, ni fécondité : on ne trouve là que des fruits sans saveur, des fleurs sans parfum ; c'est la stérilité , c'est la mort.

Quoi qu'il en soit, les hommes ont dit le feu sacré du génie, et ils ont bien fait. Oui, le génie est un feu sacré, allumé par la main même du Dieu vivant dans des créatures d'élite. Quand se rencontrent dans une âme, par une rare bénédiction du Créateur, une intelligence lumineuse, une imagination vive, une sensibilité ardente, quand ces trois grandes puissances sont en harmonie entre elles, et s'élèvent à leur plus haute

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force, qui est la force créatrice, alors c'est le génie : ou plutôt, non, le génie, même quand il brûle du feu sacre le plus généreux, ne crée pas, il découvre.

La vérité est éternelle, et la destinée, la gloire du génie n'est pas de la créer, c'est de la découvrir, et de la révéler aux autres hommes. La vérité se cache quelquefois, comme le soleil derrière les nuages, comme les étoiles dans les profondeurs du firmament, comme le nouveau monde derrière les tempêtes de l'Océan.

Mais de là, de ces régions lointaines et inexplorées, il vient quelquefois jusqu'à nous, vers la terre, des clartés inattendues, des voix mystérieuses, des brises embaumées, des parfums exquis : le génie les pressent, les aspire, et s'élance vers les rivages inconnus que les signes précurseurs lui révèlent. La foule inattentive ne sait rien de tout cela; et toutefois, grâces en soient rendues à Dieu, qui a répandu dans tout cœur et toute intelligence d'homme une étincelle au moins du feu sacré , la foule ne demeure pas indifférente à ces grandes découvertes du génie; et on la voit saluer de loin ces hardis navigateurs, qui s'en vont, à travers les flots soulevés, découvrir un monde nouveau, une vérité féconde; et quand ils reviennent triomphants de leur conquête, quelquefois, vous le savez, ils ne rencontrent dans leur ingrate patrie que des fers; mais bientôt le genre humain tout entier se lève, applaudit à leurs efforts, et les bénit, et malgré ces autres tempêtes des passions humaines, plus redoutables que les tempêtes de l'Océan, le nom de ces Christophe Colomb de l'intelligence demeure, bon gré mal gré, immortel.

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YA certes, c'est à lion droit, Messieurs : car le genre humain leur doit deux fois sa reconnaissance, et pour les lumières qu'ils lui apportent, et pour les labeurs au prix desquels ils les ont conquises. Ah! on admire l'auréole qui resplendit au front de ces hommes; mais on ne sait pas assez ce qu'elle leur coûte : ce feu sacré du génie est un feu latent au fond de l'âme , qui ne jaillit que sous le coup de la souffrance et du travail. Sans le travail, il reste enfoui; il faut l'eflbrt, quelquefois il faut la douleur, il faut entr'ouvrir la terre, il faut briser son âme, pour faire jaillir la flamme divine.

C'est ici l'application admirable d'une loi divine, que la sagesse païenne elle-même avait proclamée : Rien, rien n'est donné à l'homme sans travail, et sans grand travail : N^il sine magno vita lahore dédit mortalibus ' . L'homme est glorieusement condamné à ne manger qu'à la sueur de son front le pain de l'intelligence comme le pain matériel : In siidore vultûs tuivcsceris pane^. Je dis glorieusement. Messieurs; car Dieu a châtié l'homme comme on châtie un être noble qu'on veut relever par son châtiment mêrne. Et c'est pourquoi il a caché au fond de la sentence, dans la loi du travail, pour l'homme, le secret de sa fécondité et l'honneur de sa vie. Et c'est pourquoi tous, qui que nous soyons, rois ou peuple, hommes de science, hommes de puissance, hommes de guerre, hommes de génie, nous devons labourer la terre à la sueur de

\ HoRACK, Kpitres.

2 Gcn., m, 19.

OEUVRES ORATOIRES. lô!

notre lisage ; tous nous avons notre charrue à traîner, notre champ à sillonner, nos ronces et nos épines à arracher; et l'homme qui sue le plus ici-bas, ce n'est pas l'homme des champs, c'est l'homme de génie.

Ah! TOUS avez vu quelquefois les sueurs de l'homme des champs, qui tombent, à grosses gouttes, sous le soleil ardent , sur une terre aride ; mais avez-vous vu tomber du front de l'homme d'intelligence, sous l'action intérieure et violente du feu sacré, cette autre sueur plus délicate et plus noble qui l'épuisé, qui révèle ce travail de l'ànie, si profond, si douloureux, mais sans lequel rien de vraiment beau, ni d'achevé, ni de glorieux ne peut venir à la lumière? Aussi quel homme de génie apparut jamais qui ne fût marqué au sceau de la souffrance comme au sceau de la gloire ?

Voilà* ce qu'est le feu sacré du génie.

Eh bien ! Messieurs , il y a ici-bas un plus beau feu encore, c'est le feu sacré de la vertu.

Et c'est ce qu'indique le texte dont je vous citais quelques paroles : Ignis perpetuus ardehit in altari.

Ce feu qui ne s'éteint pas, qui brûle perpétuellement ici-bas, c'est sur l'autel de notre cœur et sur l'autel du Dieu vivant qu'il s'allume; et la loi de ce feu sacré, dit l'Ecriture, c'est une loi de sacrifice et d'immolation : Lex sacrifie ii\

Et c'est ce qu'il faut comprendre et approfondir, si

1 Lecit., VI, 14.

152 XOUVELLES OEUVRES CHOISIES.

on veut entendre quelque chose à la vie chrétienne et à la conquête de rétcrnité; car tout est là, selon cette parole de Kotre-Seigneur : « Le royaume du ciel « souffre violence. «

Xotre nature étant donnée , avec ses faihlesses et ses misères, il est évident qu'il n'y a pas de vertu possible sans la lutte, sans le sacrifice, sans l'immolation. Il faut, pour que la vertu s'établisse dans une âme, que toutes les misères soient refoulées et abattues. Tant qu'elles subsistent et qu'elles triomphent, tant que la vieille créature, le vieil homme, comme disait saint Paul, n'est pas vaincu et transformé par l'homme nouveau, la vie chrétienne, la vertu ne régnent pas dans une àme.

Oui, Messieurs, pour être vertueux, pour demeurer fidèle au bien, au devoir, il faut la lutte; la lutte est partout et toujours nécessaire; partout il faut la force, la violence contre soi-même, le dévouement, l'abné gation, le sacrifice. Partout la légèreté, la mollesse, l'insouciance, l'oisiveté, doivent être chassées de la vie. Partout il faut réfléchir, s'étudier, connaître ses faiblesses, pour les fouler aux pieds, ses passions, pour les purifier, les modérer, les dompter au besoin , ou bien les diriger, les ennoblir, les sanctifier.

Sans doute , c'est une lutte intime , profonde , douloureuse, quelquefois à mort! Mais par là même, c'est le plus noble spectacle, c'est la lutte la plus magnifique, la plus glorieuse victoire qui fut jamais.

Pour moi, je ne connais pas dans toute l'humanité une gloire comparable.

Oui, le chrétien aux prises avec ses passions, est le plus sul)]ime athlète qui se puisse voir.

Et loilii pourquoi le feu sacré de la vertu , c'est-àdire le feu du sacrifice et rimmolation des plus vifs penchants de l'âme, est le plus beau, le plus noble feu qui puisse brûler dans le cœur humain. Et voilà aussi pourquoi il faut proclamer, nonobstant les réclamations de la nature frémissante, qu'il n'y a rien de plus grand que de s'immoler soi-même, parce que c'est la vertu, et que toutes les découvertes du génie et toutes les splendeurs de la science pâlissent devant la flamme et l'immolation d'un généreux sacrifice.

Mourir à soi-même! expression nouvelle et étrange, qui est pourtant le Cliristianisme tout entier, le \'endredi saint tout entier : voilà pourquoi vous avez une Semaine sainte , un Jésus-Christ , et une croix ! En un mot, mourir à soi-même, voilà le pur esprit de l'Évangile, voilà le feu sacré de la grande vertu chrétienne, tel qu'il brûle dans le cœur des vrais chrétiens, tel qu'il épouvante les lâches, tel qu'il enflamme les généreux.

Mais d'où vient-il ce feu sacré? d'où rayonne-t-il dans le cœur de l'homme? Vient-il de la terre, ou du ciel? Si nous cherchons son origine, c'est au ciel. Messieurs, que nous la trouverons. Il y a, il doit y avoir au-dessus de nous un foyer d'éternelle lumière et d'éternel amour; ce qu'il y a dans nos âmes de lumière et d'amour vient manifestement de plus haut que nous; ce foyer d'éternelle lumière et d'éternel

15V XOLVELLES OEUVRES CHOISIES.

amour, c'est Dieu même. Xotre Dieu, dit rÉcriturc, considérez, Messieurs, cette remarquable parole, iVotre Dieu, est un feu qui consume : Etcnim Deiis noster ignis consumens e^^ '. A'otre Dieu est un feu, c'est-àdire une lumière et une flamme; parce qu'il est la Vérité, et parce qu'il est la Charité. Deus Veritas estj, Deus Charitas est'. Et c'est de là, de ce foyer éternel et divin, que tombe dans le cœur de l'homme cette flamme qui fait les génies et qui fait les Saints.

Aussi, Messieurs, une chose qui m'a toujours vivement frappé, quand je lis les saintes Ecritures, c'est de voir, à l'origine de toutes les grandes œuvres de Dieu , de toutes les grandes effusions de sa puissance, de sa vérité, et de son amour, toujours le même symbole, le feu, la flamme. Laissez-moi vous rappeler ici les faits divins.

Il y a eu trois grandes choses sur la terre, la Loi, la Prophétie, l'Evangile. Eh bien, dans ces trois grandes manifestations de Di€u à l'humanité, le Dieu vivant et éternel s'est révélé toujours par la présence et l'effusion du feu sacré.

La Loi, c'est Moïse. Quand Dieu voulut se manifester à Moïse dans le désert, que vit Moïse au pied de l'Horeb? Un feu. qui brûlait sans se consumer, une flamme toujours ardente dans un foyer inextinguible : c'était l'apparition de Dieu même : Aj^jyaruitquc illi Dominus in Jlannnà ignis de medio riihi. Dieu lui apparut dans une flamme de feu au milieu d'un buisson; et il voyait

» Deut., I, 24.

- Jo.wx., XIV, 6. — Epist. I, IV, 8.

(jiie le Ituisson l)rùlait et n'était pas consumé : Et videhat quod ruhus ardcrct et non comhurerctur\ Et quand le peuple fut sorti trÉgypte, et que Dieu voulut donner à Moïse les tables de la loi , Moïse monta sur le Sinaï, et Dieu vint à lui visiblement, mais encore avec l'appareil du feu sacré : Dieu descendit dans un tourbillon de feu sacré, dit l'Ecriture, et toute la montagne était fumante : Descendit in igne^.

La Prophétie. Élie représente la Prophétie, comme ^lloïse représente la Loi. C'est sur la même montagne où Moïse vit Dieu dans ce feu mystérieux, qu'EIie reçut la mission prophétique : Audivit in Sina judicium^ ; et alors écoutez ce que dit l'Ecriture : Le prophète Elie se leva comme une flamme : Surrexit Elias proph''ta quasi iijnis ; et la parole, sur ses lèvres, était ardente comme le feu : Etverhum ipsius quasi faciila ardehat^

Et plus tard , l'Ecriture le montre ravi au ciel sur un char de feu , par des coursiers de feu, au milieu d'un tourbillon de flamme, pour ne plus reparaître qu'au Thabor, avec Moïse, dans la lumière rayonnante de Jésus-Christ.

Quand un autre grand prophète, Isaïe, reçut l'inauguration du ministère prophétique, c'est encore le feu sacré qui nous apparaît. Isaïe a une vision symbolique de Dieu. Dieu lui apparaît dans un. temple qu'il remplit de sa gloire. Dans ce temple, il y a un autel, et

1 Exod., m, 2.

2 Ibid., 18, 19.

2 Eccl., xLViii, 7.

« Ibid., 1.

15(i XOLVELLES OEUVRES CHOISIES.

sur cet autel, le feu sacré. Isaïe se trouble. Il se sentait homme, et indigne de représenter Dieu. Alors, dit rÉcriturc, un Séraphin vint prendre un charbon ardent sur l'autel, et il en toucha les lèvres d'Isaïe. Et Isaïe sentant passer sur ses lèvres la flamme sacrée, accepta la mission du Seigneur.

Ezéchiel eut de même, dans une vision célèbre, dont le génie de Michel-Ange a dépeint la sombre grandeur, une apparition de Dieu : et que voyait le Prophète? Dans une scène au-dessus de toute imagination humaine, où il décrit avec des couleurs ardentes les symboles divins qui passaient devant ses yeux, ce qu'il voit tout d'abord, c'est un feu et une splendeur qui enveloppe tout : Ignis et splendor in circuitu '.

L'Evangile enfin, Messieurs! La suprême manifestation de Dieu, celle que la Loi et la Prophétie préparaient, c'est la révélation évangélique, dernière et éternelle effusion de la lumière et de l'amour, c'est-àdire encore du feu sacré. Voyez le Précurseur, voyez Jésus-Christ lui-même, voyez les Apôtres.

Jésus-Christ devait avoir un Précurseur, Jean-Baptiste. Et ce Précurseur, Xotre-Seigneur lui-même en a tracé le portrait : Ille erat lucerna ardens et lucens ' : c'était un flambeau ardent et brillant, qui jetait la flamme et la lumière.

Les Juifs demandaient à Jean-Baptiste : t. Etes-vous » le Christ?» Il répondait : aXon, je ne le suis pas. Mais " il y en a un au milieu de vous , que vous ne connais-

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