‹ Nouvelles œuvres choisies de Mgr. DupanloupChapitre 31 sur 49 · P. XX · texte numérisé non relu

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* Dictionnaire des sciences médicales, articles Aaie, Esprit, Idée, Vie.

C'est-à-dire, selon la remarque de la Revue médicale^, " que le mot dmCj, dans la définition positiviste 1) et matérialiste, signifie tout juste qu'il n'y a plus M d'âme dans l'iiomme, plus d'àme du tout « .

ce Une idée est le produit d'une combinaison analogue î) à celle de l'acide formique ; la pensée dépend du 5) phosphore contenu dans la substance cérébrale ; la w vertu, le dévouement et le courage, sont des courants )) d'électricité organiques, etc. « Voilà, selon Xdi Revue médicale, le dernier fond de la doctrine ^ Et c'est ce que M. Taine exprimait avec précision lorsqu'il disait : « Le vice et la vertu sont des produits, comme le sucre « et le vitriol ^ . »

Ce matérialisme abject, je le retrouve dans nombre d'articles des grands journaux ou des grandes revues.

Je lisais au mois d'août dernier : " Les manifesta- 5) tions intellectuelles sont à la substance nerveuse ce » qu'est la pesanteur à toute matière ''. i)

c; La science postérieure (à Descartes et à Leibnitz) a 05 reconnu que, puisqu'zY n'existe aucune différence « anatomique absolue entre le cerveau de V homme et le » cerveau des hêtes, et non plus aucune difi'érence foncî) tionnelle absolue par rapport aux facultés, les phéw nomcnes sont de même ordre, et qu'une psi/ c h olo g ie M quinte ce fait , ime philosophie qui se fonde sur cette y) psychologie, soivT avortées \ »

1 15 février 1866, p. 134.

2 Ibid.

3 Histoire de la littérature anglaise, introduction, p. xv. * Philosophie positive, 15 août 1866.

5 Ibid.

Donc, chez Fliomme, point d'âme, substance imma térielle distincte du corps. La matière, rien que la matière et ses opérations , ou , comme ils disent , « sa ré- « sultante « .

M. Renan va jusqu'à dire : « La matière est une con- » dition nécessaire de la pensée, v — Et ce ranclenne 5) hypothèse de deux substances pour former l'homme » , c'est-à-dire la doctrine que l'homme est un être composé d'une âme et d'un corps, ils la rejettent, et ils ne voient dans l'âme ce qu'une résultante ' » .

A cet enseignemenfTlu manuel classique médical, des grands journaux et des grandes revues , ajoutons celui des grandes chaires de Facultés et des livres.

Le matérialisme moderne , dit la Revue médicale j a dans sa méthode d'enseignement et selon le tempérament des professeurs , deux manières de procéder à l'égard de l'intelligence humaine :

et Si le professeur est très-absolu , il enseigne nette- « ment le plus franc matérialisme , et si le professeur 5) est prudent ou habile, il le dissimule sous des mots « transparents : ce qui faisait dire à un matérialiste al- » lemand , M. Moleschott , qui ne comprend pas les ré- 5) serves de nos compatriotes : Ou vous ignorez la doc- » trine matérialiste, ou x^ous n'avez point le courage « d'avouer la dernière conséquence, sans crainte comme n sans égards ^ . «

Mais voici un médecin matérialiste, cité par la Revue médicale j et qui, lui, du moins, ne dissimule rien :

1 M. Rena\, Revue des Deux-Mondes, t. XIV. ^ Reçue médicale, février 1866.

« La loi de transformation universelle des diverses » espèces de mouvement nous montre ce qu'il faut 5) penser de la vieille hypothèse de Vâme humaine ' . «

Et je lisais ce matin encore ^ dans V Avenir national^ que L^AME, à laquelle croyait le docteur Stahl , rànie , principe supérieur et immatériel , s'en est allée et au

5) GARDE-MEUBLE DES VIEILLES IDEES, et le méritait bien. 1)

En effet : «t C'est vraiment bien la peine «, ajoutait le journalavec une étonnante logique, " que toutes cho- « ses en notre corps soient réglées par un principe d'es- « sence supérieure et presque divine , pour, voir des » maladies se développer, des plaies se cicatriser de 55 travers. «

Quant à la doctrine qui élimine Tâme , et « qui con- 55 siste à ne voir dans les phénomènes de la vie que la 55 mise en jeu de forces purement naturelles 55 , c'est-àdire purement physiques ou chimiques, V Avenirnational déclare que « ainsi pensent aujourd'hui Mi\I. Robin, 55 Berthelot , Claude Bernard , et avec eux plusieurs 55 générations de discijAes. 55

On n'a pas oublié, du reste , ce professeur de médecine à la Faculté de Montpellier, lequel enseignait qu'il n'y a pas de différence entre l'homme et l'animal. et L'intelligence est un phénomène cérébral ; la preuve, 55 c'est qu'elle est en raison directe de la masse encé- 55 phalique ... On n'admet la supériorité intellectuelle 55 de riiomme sur l'animal, que parce que l'on compare 55 les extrêmes ; mais en se tenant dans la moyenne on

1 Revue médicale, avril 1866.

2 27 novembre 1806.

-» arrive à une conclusion différente. Ainsi un orang- « outang est plus intelligent qu'un naturel de Van » Dienien \ î?

Le Dictionnah^e des sciences médicales est absolument du même avis :

« La raison n'est pas l'apanage exclusif de l'homme...

» Les animaux mammifères ont un cerveau fondamen-

1) talement disposé comme celui de Thomme » , et il y a

(.^passage entre les deux raisons « : la raison humaine

ei la raison animale ^ (Art. Raigo.v.)

En conséquence de ces belles découvertes de la science , voici comment l'homme est défini — comme s'il n'y avait en lui que l'animalité pure — : "L'homme « est un AAIMAL MAMMIFÈRE , de l'ordrc des primates « (classe de singes), famille des bimanes, caractérisé « taxinomiquement par une peau à duvet ou à poils T) rares, etc. ^ . 'j

Laissons parler maintenant les disciples et les victimes de cet enseignement.

La Libre Pensée ^ répudie hautement toute hypo- » THÈSE admettant une espèce d'âme » ; elle se moque du divin Platon, qui, avec son idée de Dieu et de l'àme,

1 La Gazette du Midi , citée par V Union.

- Et encore : « La sociabilité est un résultat de l'organisation... ti de telles et telles espèces d'ammaux, de l'homme ex particulier, 5 selon le degré et le développement de leurs instincts altruistes, v [Art. Sociabilité.)

Et même :

tt Beaucoup d'animaux nous surpassent en énergie, en circon- •^ spection, en persévérance, et peut-être même par l'ensemble de •a ces qualités, j

^ Dictionnaire des sciences médicales, art. Hojlme.

« a égaré rimmanité par de grands mots et de creuses w rêveries, m

i^ Il n'y a 15, dit-elle nettement, (.^qu'une matière y) toujours ondoyante «; et elle définit l'être vivant, riiomme par conséquent, « un agrégat de fibres et] de » cellules absorbant et sécrétant y c'est-à-dire vivante v

La Revue du Progrès ne voilait pas davantage son matérialisme , et ce qu'il y a de remarquable ici , c'est la docilité d'éclio de ces pauvres disciples du matérialisme : ils ne se donnent pas la peine de changer les paroles des maîtres, ils les répètent mot à mot.

ce II est sûr que les animaux peuvent être comparés V à l'homme sous le rapport intellectuel « , disait la Revue du Progrès. " Certains singes sont même plus in- « telligents que certains hommes ; I'orang-oijtang , par w exemple, a l'entendement plus développé qu'un natu- 0) rel de Van-Diemen. «

On le voit, c'est mot à mot la leçon apprise à la Faculté de médecine de Montpellier.

M. Renan a écrit cette phrase : « Ce n'est pas d'un w raisonnement , mais de l'ensemble des sciences que 55 sort ce grand résultat : il n'y a pas de surnaturel. 5> (C'est-à-dire d'être au-dessus de la nature, de Dieu par conséquent.)

La Revue du Progrès répète pour son compte la même phrase : « Ce n'est pas d'un raisonnement parti- 5) culier, ni d'une exposition limitée, mais bien de tout » l'e^nsemble des sciences naturelles, que ressort ce

^ La Libre Pensée, 21 octobre 1866.

5) grand résultat : Fame est une chimère , et son immor-

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