‹ Nouvelles pages de critique et de doctrine (volume 2)Chapitre 20 sur 38 · PREFACE XXIII · texte numérisé non relu

PREFACE XXIII

temps, c'est d'avoir, dans nos livres, noté avec exactitude un peu de réalité humaine. Ce n'est pas non plus une formule très neuve. Elle n'est pas très ambitieuse. Elle résume ce que m'a appris de moins contestable un long apprentissage qui n'est pas fini et que j'espère continuer jusqu'au deleatur de la dernière épreuve. On excusera, chez un vétéran de la plume, cette traduction professionnelle du classique :

a ... mors ultima linea rerum est. »

Le numéro où paraissait cette étude portait donc la date du i8 juillet 1914. Deux semaines plus tard, la guerre éclatait et, « la France, » comme l'écrivait un des moniteurs du régime, i<. se sauvait elle-même » en dépit des impréparations et des chimères de ce régime, par un de ces sursauts d'énergie profonde comme en produit, aux heures de suprê?ne danger, cette force mystérieuse d'une vitalité qui veut durer. Les vieux médecins l'appelaient natura medicatrix. Elle fonctionne dans les organismes nationaux comme dans les autres. Hélas! Les difficultés que la France éprouve à exploiter sa victoire à l'extérieur et son état de malaise à l'intérieur démontrent trop que les inquiétudes de Renan sur V expérience politique tentée chez nous depuis 89 étaient justifiées. Le deuxième volume des Nouvelles Pages est consacré pour une partie à l'examen de quelques problèmes posés par cette expérience pendant et après cette guerre, gagnée grâce à un violent et instinctif retour aux vertus ancestrales, suivi d'un autre retour aux dangereuses façons de raisonner d'auparavant. Cette suite de ré-

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