‹ Nouvelles pages de critique et de doctrine (volume 2)Chapitre 19 sur 38 · XXII NOUVELLES PAGES DE CRITIQUE · texte numérisé non relu

XXII NOUVELLES PAGES DE CRITIQUE

« En terminant ces notes hâtives, je m'aperçois que j'ai trop peu parlé de cet art littéraire auquel j'ai consacré toutes mes forces depuis que j'ai eu la liberté de leur emploi. C'est qu'aussi bien, l'art littéraire tient tout entier dans cette ligne de Fénelon : « Ne se servir « de la parole que pour la pensée et de la pensée que « pour la vérité. » L'effort d'esprit dont j'ai essayé de caractériser la direction s'est empreint, dans des œuvres d'inégale valeur, de tendances pareilles. Je n'en ferai pas ici rénumération. Elle serait inutile et risquerait d'être incomplète. Parmi ces œuvres et parmi celles de nos devanciers, lesquelles dureront? Répondre à cette question avec des titres et des noms serait également impossible. Il me semble possible en revanche de dire quelle qualité peut assurer cette durée : c'est ici que je me permettrais d'invoquer mon expérience. Depuis l'année 1872, où s'imprimait mon premier article sur Spinoza dans une revue : la Renaissance, noblement dirigée par le poète Emile Blémont, jusqu'à cette année 1914 où je viens de publier mon quarante-neuvième ou cinquantième volume, j'ai lu bien des ouvrages, approché bien des écrivains, vu naître et mourir bien des gloires. De toutes ces rencontres et des réflexions qu'elles m'ont suggérées, je n'ai tiré qu'une certitude, mais absolue, c'est que la première condition pour rester, pour survivre aux déchéances de la mode, à nos propres erreurs d'idées, à celles de notre

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