LES BELL ES -MER ES
L'argument, Messieurs, peut voua semblei
Mais un pareil rôle, Quoi qu'on puisse dire, a aon beau côté.
Une belle mère a, clans ma pensée,
Sa place fîiée Au rang le plus haut de l'humanité.
Que la moindre crainte un jour la réclame
Près de votre femme, A son dévouement elle met le sceau ; Au chevet du lit on la trouve encore
Bien avant l'aurore.
Comme on Ja trouvait auprès du berceau.
Au plus vain caprice on la voit qui plie ;
Elle multiplie Ses soins empressés et pleins de douceur ; On la voit répandre à flots autour d'elle
Son amour fidèle Et tous les trésors qu'elle a dans le cœur.
9* LES BELLES-MÉBES
Je sais qu'elle dit : — Il faut qu'on observe
Un peu de réserve ; N'allez pas, mon cher, toujours au galop I Les fruits trop norub^eus font casser la bri
Chacun d'eux retranche De longs jours à ceux qui font notre lot. —
Mais cela se dit sans acrimonie, ■
Par quelle manie Voudrait-OQ tirer d'un tel argument Qu'une belle-màre est la bête noire ?
On écrit l'histoire Quelquefois, Messieurs, bien étrangement.
D'ailleurs, pour forcer vos derniers refug* Prenons tous pour juges
Nos bébés. Voyez les airs triomphants
Que bonne-maman toujours leur inspire !
Quels yeux ! quel sourLi'e I
Fiez-Youe au goût des petits enfants.
Ces grands-mèi'es là sont vos belles-mères.
Laissez-moi conclure, et vous attester Que, s'il n'existait dans chaque ménage,
Ce cher apanage, Je dirais bien haut qu'il faut l'inventer.