‹ Nouvelles pièces à direChapitre 44 sur 50 · LA LETTRE RU Q[I\HTIER-MAITRE · texte numérisé non relu

LA LETTRE RU Q[I\HTIER-MAITRE

J'en connaissais ane superbe ;

Je la voyais chaque matin

Tenant dans sa main une gerbe

De fleurs moins fraiuhes que son leinl.

C'était une trèsielle fille.

Un jour qu'il ventait fort par là, Le vent me montra sa cheville, Et même un peu plus que cela.

La magnifique créature S'en allait droit, debout au vent, Inclinant sa belle mâture Et son riche gaillard d'avant.

Et, mon cœur se livrant carrière Devant cet éclat printanier, J'allai vers elle vent arrière Sans prendre un ria dans le hunier.

LA lettri; du quartier -xr

Et je lui dia : ~ Mademoiselle, Le mistral me conduit à point ; Foi de marin, vous êtes belle. . .

De grâce 1 ne vous fdcliez point.

Excusez-moi si mon langage Vous semble rude ou vous déplaît, Mais mon cœur est pris d'un tangage Qui le secoue au grand complet. —

Elle m'écoutait sans colère ; Et comme je joignais les mains, Elle dit : — Cherchez à me plaire, C'est le plus direct des chemins. —

Ces mois valaient u)ie fortune ; Et depuis, comme de raison.

Ainsi qu'un gabier dans !a hune, Je la cherchais dans l'horizon.

LA LETTRE DD QDARTIËR-^^AITHE

Et j'étais iieureux de l'entendre :

Toufson cœur passait dans sa voix ; Enfln, pourquoi te faire attendre Le dénouement que tu prévois?

Écrit avec de la bonne encre Un bon contrat nous a liés, Puis, nous nous sommes mariés :

Je suis au port : j'ai jeté l'ancre.

REPONSE AU QUARTIER-MAITRE

Tu l'es marié, mon vieux cams Loin de notre rade.

C'est un fait réel et très avéré.

Tu t'es a

Mais tu n'as pas va la grosseur du câble.

Nul n'est impeccable, Je le sais, pourtant que n'as-tu souvent

Consulté le vent 7

Il t'aurait donné, dans le meilleur style,

Un avis utile ; Il aurait montré devant tonclieraÎQ

L'écueil de demain.

HÊPONSE au QUARTIEB-JIAITPE

Car pour noue, marins que la biise emporle,

L'alïeclion forte, La tendresse vraie et grande toujours

Comme aux premiers jours.

Ce qui tient noa cœurs, la chose fixée

Dana notre pensée, Ce qui, malgré tout, nous est le plus cher.

Vois-tu, c'est la mer.

Nous avons toujours pour celte maîtresse

La même tendresse, Bien que ses baisers soient faits par moments

De rugissements.

En vain nous voulons nous séparer d'elle;

Sa vois nous appelle Sur un Ion câlin, par les plus doux noms,

Et nous revenons.

RÉPONSE AU QUARTIER-MAITRE

C'est plus fort que nous, c'est involonf aire :

Nous avons à lerre, Loin (les llols riant aux yeus éblouis,

Le mal du pays.

Le venl l'aurait dit lout ee!a, sans doute:

Ce que je redoute, C'est que ce mal -là ne te prenne un jour

Malgré Ion amour.

N'importe, mon vieux, je te complimBnte ;

Ta femme est charmante, Et dans son gréement que lu peins si bien,

Il ne manque rien.

Sous un vent d'amour ouvre donc tes voiles.

Va dans les étoiles, Suis le zodiaque et prends de doux mois

Devant les Gémeaus.

REPONSE AU QUARTIER-MAITRE

Explore à Ion gré ces charmants parages ;

Les plus beaux mirages Pour loi ne sont rien en comparaison

D'un lel horizon.

Ecoule pourlant ce que je conseille :

Va loin de Marseille, Va loin de ces vois qu'on entend souvent

Passer dans le vent,

Evite avec soin un tel voisinage,

Carie vieil adage Dit avec raison qu'on revient toujours

Aux premiers amours.

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