I. Mtftdeleine Bé)ard^née en 1618,. morte en K
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Le troisième jour des fêtes, le 9 , les trais plus belles actrices de la troupe, représentant Alcine et les nymphes de sa suite, récitèrent des vers en l'honneur de la reine mère ; c'étaient M^ du Parc, M"«^ de Brie et M"** Mo- Bère.
Lé quatrième jour, 10 mai, la troupe qui, on le voit, ne s'était pas épargnée, se reposa.
Le II mai, Molière et ses camarades jouèrent dans les salons la comédie des Fâcheux,
Le 12, on joua le^ trois premiers actes de Tartufe. Voici, à propos de cette représentation, ce que dit Molière lui-même :
« Le soir Sa Majesté fit jouer les trois premiers actes d*une comédie nommée Tartufe, que le sieur Molière avait faite contre les hypocrites ; mais, quoiqu'elle eût été trouvée
très-divertissante, le roi connut tant de conformité entre ceux qu'une véritable dévotion met dans le chemin du ciel et ceux qu'une vaine ostentation de bonnes œuvres n'empêche pas d'en commettre de mauvaises^ que son extrême délicatesse pour les choses de la religion eut de la peine à souffrir cette ressemblance du vice avec la vertu, et quoiqu'on ne doutât pas des bonnes intentions de l'auteur, il défendit cette comédie pour le public jusqu'à ce qu'elle fût entièrement achevée et examinée par des gens capables d'en juger pour n'en pas laisser abuser à d'autres moins capables d'en faire un juste discernement ^ »
Le 13 mai, septième jotunée des fêtes, Molière et sa troupe jouèrent le Mariage
I . Œuvres iê M^liirt. Paris, Poiriony me Saint-Jacques, A l'Empereur, 1753 ; 8 vol. petit in«i3. Le$ Fétês iê Vtrsàilks {1664).
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forcée et le lendemain 14, le roi quitta Versailles et se rendit avec la cour à Fontainebleau.
Je ne sais ce que coûtèrent ces fêtes splendides, mais si l'on n'a pas le détail de l'argent dépensé à ce propos, j'ai eu du moins la bonne fortune de trouver un document qui indique la somme que l'on donna à Molière et à ses camarades pour la part qu'ils prirent à ces divertissements; c'est la pièce suivante :
RÔLE des parties et fommes de deniers ordonnées être payées et délivrées comptant, de l'ordonnance du Roi, par meffire Michel d'Aligre, confeiller de Sa Majeilé et tréforier des menus plaifîrs et affaires de fa chambre, pour gages, appointemens et entre-
I. J'emprunte à M. Soulié les détails du costume de Molière dans le Mariage forcé : t Haut-de<hau8ses et manteau de couleur d'olive, doublé de vert, garni de boutons violets et argent faux, et un jupon de satin à fleurs aurore, garni de pareils boutons faux, et la ceinture. > {Recherches sur Molière, p. 276.)
tënement d'officiers, chantres, poftes et chevaucheurs de fon écurie,' et autres dépenfes ordinaires et extraordinaires, et ce tant pour les menues néceÛités de ladite chambre de l'année mil iîx centfoixante-quatre, qu'au Roi, notre feigneur, comptant en fes mains et aux ci-après dénommés, le tout et ainli qu'il eft contenu en chacun article de ce préfent rôle.
A Jean-Baptide Pocquelin de Molière, comédien de Monfieur, frère unique du Roi, tant pour lui que pour fa troupe, pour les comédies qu'ils ont repréfentées au château de Verfailles, et pour leur féjour, la fomme de quatre mille livres tournois.
Audit Jean-Baptifte Pocquelin de Molière, comédien de Monfieur, frère unique du Roi, pour une nouvelle comédie ' qu'il a faite, et qui a été repréfentée par fa troupe à Verfailles, deux mille livres tournois.