‹ Nouvelles pièces sur Molière et sur quelques comédiens de sa troupeChapitre 26 sur 36 · Id., ih.f p · texte numérisé non relu

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1 54 AfoHèrt.

Mbotalàtit j ce personnage, d^à veuf, éisst dors âgé àe 59 ans. On voie <pie M"* Pai^ quelln fit un mariage de raison*.

On a ait, mais tout pone à aotre que c'est là uns indigne cakimnie, on a dit que vers 1685 la fille de Molière s'était Élit enlever par ce Montalamet qu'Annande Béjazd, indignée de cette conduite, avait refusa son consentemrait à Ea légitimation de leur union. Ce que dit Grim^artst de rairaiigeraent de la conduite de M"' Poquelin dénient fiarmelte^ mem cette acctisation, et, de plus, pourquoi Madeleine- Esprit aurait-elle attendu l'année 1705 pour épouser Montalant, alors qu'Armande Béjard, qui, disait-on, lui refusait ce consentement, était morte depuis la fin du mais de novembre de l'an 1 700 ' ?

1673. — 4, 6 et 7 mars.

y 'an mil fix cent foixante-treize, le famedi qua* X.«trième mars, par-devam nous Jean Le Camus, confetller du Roi en tous fes eonfeils, maître des re* quêtes ordinaires de fon Hôtel et lieutenant civil de la ville, prévôté et vicomte de Paris, font comparus les païens et amis de damoifelle Marie-Magddeine- Efprit Pocquelin de Molière, fille de défunt Jean- BaptiAe Pocquelin de Molière, vivant tapiffier et valet de chambre du Roi, et de damoifelle Claire-Élifabeth-' Armande-Gréfinde Béjard, fa femme, à prient fa veuve, à fxvoir : André Boudet, marchand tapiffier à Paris, oncle paternel à caufe de Marie Pocquelin, fa £emme ' ; Nicolas Gamard, marchand à Paris, couiin paternel^ ; Louis Creûjé, marchand tapiffier à Paris, coufin iffii de germain paternel ; Armand- Léon Greffe, aufB marchand tapiffier à Paris, pareillement coufm iffu de germain paternel ; Charles Leprévofî, auffi marchand tapiffier à Paris, coufin iffu de germain paternel à caufe de Marie Greffé, fa femme 3 ;

X. André Boudet, marchand tapissier, avait épousÀ Marie-Madeleine Poquelin, sœur de Molière, le 15 janvier 1651. (Jal : Dictionnaire, p. 989.)

2. Ce Nicolas Gamard était le fils ou le petit-fils de Marin Gamard, tailleur d*habtts, qui avait épousé, en zéi8, Marie Poquelin, tante de Molière. (Eud. SouLiâ : Reeh, sur Molière, p. 128.)

3. La mère de Molière se nommait Marie Cressé ; ces deux Cressé étaient les petits-fils de deux de ses frères. Même observation poiir Marie Cressé, femme de Charles Le Prévôt.

13e Molière.

Nicolas Maillard, bourgeois de Paris, allié du côté pa- , ternel '; Marguerite Béjard, veuve Martial Margerie, commiffaire des guerres, coufine maternelle * ; Louis Béjard-Léguifé, oncle maternel 3, et fieur Jean-Baptifte Aubry, fieur des Carrières, paveur ordinaire des bâtimens du Roi, aufli oncle maternel à caufe de Geneviève Béjard, fa femme 4, comparans favoir : lefdits fleurs Gamard, Greffé, Prévoft et Maillard, parens paternels, en perfonne et lefdits fieurs et damoifelle Béjard, Boudet et ûeur Aubiy, par M« Claude Guébrant, procureur en cette cour, fondé de leur procuration paflée par-devant Le Vafleur et fon compagnon, notaires en cette ville, le dernier février dernier.

Lefquels parens préfens et Guébrant audit nom^ nous ont dit qu'à icelle mineure ell befoin d'élire un tuteur et fubrogé-tuteur pour, dorénavant, régir et gouverner leur perfonne et biens, nous requérant lui en vouloir pourvoir.

1. Jean Poquelin, second frère de Molière, avait épousé une demoiselle Marie Maillard, en 1656. ( Jal : Dictionnaire^ p. 989.)

2. Elle était fille de Pierre Béjard, frère de Joseph Béjard, grandpère de Madeleine-Esprit Poquelin de Molière. Cette Marguerite Béjard était née en 161 1, elle mourut en 1680. (Jal : Dictionnaire, p. 176 et 184.)

3. Louis Béjard, sieur de l'Éguisé, avait fait partie de la troupe de Molière, qu'il quitta pour prendre du service dans les armées du roi. Il mourut en 1678. (Jal : Dictionnaire, p. 182.)

4. A cause de son mariage contracté, le 19 septembre 1672, avec Geneviève Béjard, tante de la mineure. (Jal : Dictionnaire^'^. 185.)

^ Confidéré lequel réquifitoîre, avons auxdits parens

préfens et audit Guébrant audit nom fait faire le ferment de nous donner bon et fidèle avis fur ladite élection. Et après ledit ferment fait, nous ont dit, favoir : lefdits Gamard, Louis et Armand Léon Greffe, Prévofl et Maillard, parens paternels préfens, qu'ils nomment et élifent ladite damoifelle veuve mère tutrice conjointement avec ledit fieur André Boudet, oncle paternel à caufe de fa femme, et pour fubrogé-tuteur ledit Maillard qui, dès à préfent, nomme ledit Gamard, à la charge qu'ils ne pourront rien gérer ni négocier en la tutelle en quef«tion que conjointement ; et ledit Guébrant audit nom de procureur defdits André Boudet, oncle paternel à caufe de fa femme; Louis Béjard Léguifé, oncle

^ maternel ; Marguerite Béjard, coufine maternelle et

Jean-Baptifle Aubry, oncle maternel, qu'ils nomment et élifent ladite veuve mère feule tutrice à fadite fille mineure et pour fubrogé-tuteur la perfonne dudit Boudet qui, de fa part, nomme ledit Béjard. Defquelles comparutions, dires, élections et avis avons donné lettres auxdites parties, et avant d'y faire droit, ordonnons que le préfent procès-verbal fera mis en nos mains pour être par nous fait rapport au Confeil.

Et depuis vu le préfent procès-verbal il efl dit par délibération du Confeil que ladite veuve Pocquelin de Molière ed et demeurera feule tutrice de ladite

138 MoHèrt.

MaTk^Magdelein&-£rprit Focquelia de Molière^ fa âlle et ledit André Boudet pour fubrogé>tuteiir, fans Tavis et préfence duquel kdîte veuve de Mollèire ne pourra recevoir aucun achat et etnpiot des deniers appartenant à ladite mineure, et que k£iits veuve Pocquelm de Molière et Boudet comparoitront pour accepter lefdttes charges et faire k ferment en tel cas accoutumé.

Signé : Le CamUS.

Jugé le 6 mars 1675.

Et le mardi feptième defdits mois et an font cornparus lefditS' damoifelle Claire-Élifabeth-Armande- Gréfinde Béjard, veuve Pocquelin de Molière, etfieur Boudet, lesquels pour fàtiffaire à la fentence ci* Kie0us, ont volontairement pris et accepté lefdites charges de tutrice et fulnrogé-tutetir aux conditions y portées et fait le ferment accoutumé, aux proteftations faites par ladite damoifelle de Molière que la préfente acceptation ne lui pourra nuire ni préjudicier à la garde bourgeoife qu'elle entend requérir et accepter de ladite mineure.

Signé : Armande-Grésinde Béjard ; A. Boudet.

XVU.

Acte conservatoire fait à îa requête des héritiers d'Armande Bljard, vewue de Molière et femme de français Guèrin,^ lors de la mort de François Caurier, qui était décédé leur débiteur.

(Axciiives nationales, Yj z 5464. )

RMANDE BÉjARD décédî à Parfs le jo novembre 1700. Elle laissait de ses deux mariages deux enânts, une fiUe, Marie-^Madeleine-Eisprit Poquelin de Molière, et un fils, Nicolas-Ârmand-Martial Guérin ; son second mari, Isaac-François Guérin, lui survécut. Quand il fallut procéder au partage de sa succession, une vente fut jugée nécessaire et les héritiers chargèrent de cette opération un

140 Molière.

huissier-priseur (nous dirions aujourd'hui un commissaire-priseur) du nom de Jean Caurier. Cet individu fit la vente, dans laquelle sans doute furent compris nombre d'objets ayant appartenu à Molière, et cette opération produisit probablement une assez forte somme d'argent, puisqu'après avoir donné aux héritiers un à-compte, l'huissier-priseur se trouva encore leur débiteur d'environ quatorze cents livres. Malgré de nombreuses réclamations, deux sentences du Châtelet et une obligation notariée, Jean Caurier ne remboursa jamais ces quatorze cents livres.

Il mourut, le 28 septembre 1706, dans son domicile situé au coin des rues de la Tacherie et Jean- Pain -Mollet. Les trois héritiers d'Armande Béjard intervinrent alors comme créanciers et présentèrent leurs réclamations. Mais le défunt était insolvable ; son dénû-

ment était affreux, et je suis convaincu que les quatorze cents livres furent à jamais perdues. Ces petits détails, que j'extrais de la pièce mentionnée plus bas, m'ont engagé à la transcrire malgré le peu d'importance qu'elle a d'ailleurs.

Lé fils d'Armande Béjard et de Guérin du Tricher mourut à Paris, le 8 mars 1708, à l'âge de 30 ans ; il n'était pas comédien.

La fille de Molière, devenue madame de Montalant, décéda à Argenteuil près Paris le 23 mai 1723.

Isaac-François Guérin du Tricher, le second mari d'Armande, ne mourut que le 29 janvier 1728, à l'âge de quatre-vingtdeux ans.

Quant à M. de Montalant, le mari de Madeleine - Esprit PoqueUn, il décéda le 4 juin 1738 à Argenteuil.

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