André Boiron, dit Baron, né vers 1600, mort en i
6. Jeanne Âu7.ou épousa, en 1641, à l'âge de 16 ans, le comédien André Baron ; elle mourut en 1662. « La mère de Baron était aussi comédienne et si belle femme, que l'on raconte que lorsqu'elle se présentait pour paraître à la toilette de la Reine, Sa Majesté disait aux dames qui étaient présentes : « Mesdames, voici la Baron ! » et aussitôt elles prenaient la fuite. » (Leris : Dictionnaire portatif dts Théâtres, p. 387.)
Lefquelles parties en la préfence et par Tavis et confeil de leurs paretis et amis ci-après nommés, favoir :
De la part dudit futur époux, de Etienne Bézard, écuyer, confeiller du Roi, tréforier payeur des gens d'armes de Sa Majefté ;
Noble homme Qean] Racine', confeiller du Roi, tréforier de France ;
Jean Le Pape ;
Jean de laThuilIerie^ ;
Et Jacques Breton fîeur de Haulteroche3, amis ;
Et de celle defdits fieur Le Noir, damoifelle fa femme et leur fille, de Pierre Le Noir, fieur de la Torillière4;
Pierre Regnault Petit-Jean fieur de la Roche, grand-oncle ;
Françoife Petit-Jean, veuve de Jacques de la Traverfe, bourgeois de Paris, tante ;
1. L'admirable talent de Racine était alors dans tout son éclat; 1675 est l'année de la première représentation à*Iphigénie.
2. Jean Juvenon, dit de la Thuilerie, comédien de l'Hôtel de Bourgogne, où il débuta en 1672 ; il avait épousé une fille de son camarade Raymond Poisson. Il mourut d'une fièvre chaude le 13 février 1688, à peine âgé de 37 ans.
3. Noël ou Jacques Le Breton, dit de Hauteroche, comédien de l'Hôtel de Bourgogne, mort en 1707, à l'âge de 90 ans.
4. Pierre Lenoir de la Thorillière, fils de François et frère de la future femme de Baron, né en 1659, mort en 173 !> doyen des comédiens du roi.
1 54 Baron.
FiançcÂsde la Traveffe', couûn;
Pierre Corneille ^ écayer ;
Raymond Poiflbn 3 ;
Et maître Charles Duchefne, procureur au Châtelet, amis, ont fait et accordé entre eux les traités et accords de mariage, dons, douaires» conventions et chofes qui enfuivent.
C'efl à favoir que lefdits fieur et damoifelle de la ToriUière ont promis et promettent donner ladite damoifelle leur fille, de fon confentement, audit fieur futur époux qui l'a promis prendre à fa femme et légitime époufe et icelui faire et folempnifer en face de notre mère Sainte Ëglife, fous la licence d*icelle, dans le plus bref tems que faire fe pourra et qu'avifé et délibéré fera entre eux, leursdits parens et amis, aux biens et droits à chacun d'eux appartenant, pour être, comme de fait ils feront, uns et communs en tous biens, meubles et conquèts immeubles, fuivant la coutume de Paris, nonobllant toutes autres auxquelles ils ont par les préfentes dérogé et renoncé.
Ne feront tenus aux dettes Tun de l'autre faites et
1. François de la Traverse, fils de Jacques de U Traverse et de Françoise Petitjean, était aè en 1^58. Il ae fit comédien et portait, au théâtre, le nom de Sévigny ; il n'avait aucun talent.
2. Le vieux Corneille renonça, cette année-U, au théâtre. La dernière tragédie qu'il fit représenter est Smrina.
3. Raymond Poisson, comédien fameux de l'H6tei de Bourgogne, où il entra en 1660 ; il quitu le théAtre en 1695 et mourut en 1690. . .
NouveUes pièces. 155
créées auparavant Ja célébration àoéàt futur mariage, ains û aucunes y a, eUes foront pa3^s et acquittées par celui qui les aura faites et ifbr Ton ^kn, fans que ceuKiie Tautre ^en foient tenus.
Ledit fîmir ^époux prend ladite future époufe ai» :biens et droits qui hti appartiendront et échèront par les décès de^Hts iieur et xlamoiirdle £es père et mtsx. £t en attendant les ouvertures de leurs fucoeffions, l»omettent et s'obligent lefdits fieur et damoifelle de la Torittiève fdidairenxeiit, l'un pour Tautie, diacnn d'eux feùl et pour le tout fans drvKton, renonçant aux bénéfices et excédions 4efdits ikoits, bailler et payer auxdhs fieur et damcÂifelle futurs époux, par chacun an, aux quatre -quartiers, la fomme de cinq cens livres de rente, dont le premier terme 4e paye* ment échéra trois mois après la -célébration de leur inariage est ainû x^ontinuer ju^ifau jour du décès dudit fieur de Ja TorilHère, père de ladite damoifelle future époufe ; lequel arrivant ladite rente demeurera éteinte et ladite damoifelle de la Torillière mère dédiargée du cooics et continuation d'icelle rente: quoi faifant les biens de la fucceffion dudit âeur de la ToriliÂèite feront partagés entre iceUe fiiture époufe et fes fkaèses et fœurs. Defquels biens qui échèront à ladite damoiCdie future époufe tant par le décès dudit ûeax ùm pèi>e que par cehù de ladite damoifelle, fa mère, il en' entrera en ladite communauté et en fera ameubli aux futurs époux le tiers et les deux
156 Baron.
autres tiers demeureront propres à ladite damoifelle future époufe et aux liens, de fon côté et ligne.
Le futur époux a doué et doue ladite future époufe de la fomme de trois mille cinq cens livres de douaire préfix pour une fois payé, à avoir et prendre fitôt qu'il aura lieu fur tous les biens dudit futur époux préfens et à venir et fans qu'elle foit tenue d'en faire demande en juflice.
Le furvivant defdits futurs époux aura et prendra par préciput et avant-part, des biens meubles de leur communauté,^ tels qu'il voudra choifir réciproque^ ment jufqu'à la fomme de mille livres, fuivant la prifée de l'inventaire qui fera alors fait et fans crue, ou ladite fomme en denier^^comptans au choix dudit furvivant.
Sera loifible à ladite future époufe et aux enfans qui naîtront dudit mariage de renoncer à ladite communauté; auquel cas ils reprendront franchement et quittement tout ce qu'elle aura apporté audit mariage et tout ce qui pendant ledit mariage lui fera advenu et échu par fucceflion, donation, et encore ladite da* moifelle future époufe lefdits douaire et préciput tels que defTus; le tout franchement et quittement fans par eux être tenus aux dettes de ladite communauté, encore qu'elle y eût parlé, s'y fût obligée ou y eût été condamnée, dont ils feront acquittés par ledit futur époux et fur fes biens, pour quoi ils' auront hypothèque de ce jourd'hui.
S'il eft vendu, aliéné ou racheté. aucuns biens et revenus propres à l'un et à l'autre des futurs époux, remploi en fera fait en autant d'héritages ou rentes pour fortir même, nature de propre à celui du côté duquel elles feront procédées ; et fi au jour du décès du premier mourant ledit remploi ne fe trouvoit fait, ce qui s'en défaudra fera repris fur les biens de ladite communauté, s'ils fufiifent, ûnon, à l'égard de ladite damoifelle future époufe, fur les propres et autres biens dudit futur époux.
En faveur dudit mariage et pour l'amitié que ledit fieur Regiuult Petit-Jean fieur de la Roque a pour ladite damoifelle future époufe, fa petite-nièce, lui a fait don par ces préfentes de la fomme de trois mille livres, laquelle il a préfentement baillée et fournie audit ûeur futur époux et à ladite damoifelle fa future époufe, qui de lui la confeflent avoir reçue, dont ils fe contentent, le quittent et déchargent et remercient.
Comme auffi en faveur dudit mariage et pour l'a^ mitié particulière que ledit futur époux porte à ladite damoifelle future époufe et par ces préfentes fait don entre-vifs et irrévocable et en la meilleure forme que don peut avoir lieu, à icelle future époufe, ce acceptante, de tous et chacuns les biens, meubles, acquêts et conquets immeubles qui fe trouveront appartenir audit futui* époux au jour de fon décès et en quelques Heux et endroits qu'ils fe trouveront fitués et afTis,
158 Baron.
pour du tout jonîr^ faire, et difpoferpar kditedamoifelle âiture époufie en pleine propriété, ainfi qu'elle aviiiéra bon être ou comme de chofe à elle apparte-nant, au moyen de ces préfentesy à la^réferve fioute»fois de là fomms de miEe livres dont il pouna diGpofer pan tefiament, donat&on aa autrement, ainû qu'il jugera à propos, à la condition aaffî que ladite* damoifeile future époiaiiè le furvivant et que de: lencdit mariage,, il n'y ait aucuns enfiuis vivaaas,. nés. et procréés d'icelui, etc.
Fait et paiTè à» Paris en; bc demeure d'iceux fieur et damoi&lle de la. Torillîère, l'an mil fix cent foikantequînze, le 13 « jour die ieptembore avant nudt.
Beauval
BEAUVAL (Jean Pitel dit) et Beauval (Jeanne Olivier Bourguignon dite).
Ces deux comédiens se connurent à Lyon et s'y marièrent dans des circonstances assez singulières, dont M. Jal a reproduit les détails dans son Dictionnaire '.
Beauval était simplement moucheur de chandelles d'une association de comédiens ambulants, dans laquelle la jeune Jeanne Bourguignon tenait au contraire les premiers emplois. La première des pièces que je publie plus loin, sur ces deux person-
z. Jal: Dictionnaire, p. i$$.
i6o BeauvaL
nages, nous les montre essayant, mais en vain, de faire rompre le contrat qui les attachait à la troupe de Monsieur le Prince. Ce n'est qu'en 1670 qu'ils parvinrent à quitter les comédiens de campagne et qu'un ordre du roi les attacha définitivement à Molière'. A la mort de ce dernier, ils passèrent à l'Hôtel de Bourgogne, puis en 1680, lors de la réunion en une seule de toutes les troupes royales, ils allèrent jouer sur le théâtre de la rue Guénégaud.
Jean Pitel dit Beauval, né vers 1635, mourut en 1709, et sa femme Jeanne Olivier Bourguignon, dont la naissance remonte à peu près à l'année 1649, lui survécut onze années et décéda en 1720^.