Jal: Dictionnaire, p
1667. — 26 mars.
Sentence des requîtes de T Hôtel réglant une contejtation élevée entre Beauval, fa femme et les comédiens de la troupe de Monfieur le Prince,
(Archives nationales, V^ 38t.)
ENTRE Jean Pitel fieur de Beauval et Jeanne Olivier, fa femme, l'un et Tune des comédiens et comédiennes de la troupe de M. le prince de Condé, demandeurs aux fins de l'exploit du 11 février 1667, tendant à ce que attendu qu'Angélique Defmarets, femme de Jean Monchingre fieur de Philandre', s^eft retirée de ladite troupe et qu'icelle troupe n'eft plus complète comme elle a été, le contrat qui a été pafié entre les demandeurs et les défendeurs ci-après nommés le 31 octobre 1665 demeurera et fera par la Cour déclaré nul et réfolu et en cas de contravention, condamner les défendeurs aux dépens, par maîtres Robert et Charles RoUet, leurs avocat et procureur, d'une part ;
Et Jean Monchingre fieur de Philandre et ladite Defmarets, fa femme, défendeurs, par maîtres Jacques Corbin et Dupin, leurs avocat et procureur, aufli d'une part ;
I. J'ai donné plus haut des détails sur Philandre et sur sa femme.
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i62 * BeamaJ,
Et Antoine Lefebvre, Henri Pitel fieur de Longchamp', Charlotte Legrand, fa femme, Marc- Antoine de Houy-Derval fieur de Rozange, Michel Duviewi et Anne Pinel*, fa f€mme,.auffi défendeurs, par maîtres Jacques Pouffet, Blondeau et. Pierre Giry, leurs avocats et procureur, d'autre part ;
Et entre ledit Jeaa Monchingre et ladite Defmarets, fa femme, demandeurs en requête judiciaire £ahe en plaidant tendant à ce q^'il plût àr la Cour leur donner acte de la déclaration par eux faite aa greffe d'icelle le i6 mars 1667 du remerciement et congé par eux demandé à mondit iieur le Prince et à eux accordé qu!ils n'entendent plus continuer fa comédie dans ladite tzoupe ni dans aucune autre attendu leur grand âge qui les rend incapables, il leur fût permis de fe retirer d'icelle, les demandeurs pour avoir infîilé aa contraire condamnés aux dépens, par lefdits maîtres Jacques Corbin et Dupin, leurs avocat et procureur, encore. d-aut]£ part ;
Et Lefdits Lefebvre, Pitel, ùl femme,, Rozange, ledit Durieux et fa femme encore défendeurs, par lefdits maîtres Jacques Pouffet, Blondeau et Pierre Giry, leurs avocats et procureur, d'autre ;
1. Henri Pitel était le frère de Beauval. En 1691, il ne jouait plus la comédie et était commis h la recette des billets du parterre au théâtre des Comédiens français.
2. Elle était peut-être la fille de ce Georges Pinel, maître écrivain, qui fit partie, en 1643, de la troupe de Vlllustre Tbédtre. (Eud. Sovtit : Reehtrches sur Molière, p. 3$.)
La Cour, parties ouïes et le fieur do Tillet, avocat du Roi, après les déclarations des parties de.... et Blondeau qu'ils confentent (Jue la femme de Philandre foit payée de la part et portion à elle appartenant dans la Société, d'entre les parties encore qu'elle ne joue pas et ne foit point actrice; fur la demande des parties de Corbin et Robert en réfolution du traité de Société a mis et met les parties hors de cour et de procès, û mieux n'aiment les demandeurs payer la fomme de 2 mille livres tournois par an portée par le- traité.
Du 26 mars 1667.
1685. — 2 novembre.
Plainte de Beauval contre Jacques Dejhayes qui avoii commencé par enlever fa file Louife, avant de Vépoufer.
(Archives nationtilet, Y, 13032.)
L'an 1685, le vendredi 2« jour de novembre, huit heures du matin, en l'hôtel de nous Etienne Duchefne, commiffaire au Châtelet, eft venu Jean Pitel fieur de Beauval, officier du Roi, demeurant rue Mazarini, lequel nous a rendu plainte à rencontre de Jacques Defhayes, bourgeois de Paris, demeurant rue Mazarini, en continuant celle qu'il a ci-devant
ié4 BeauvaL
rendue et lâ pourfuite extraordinaire qu'il â faite à rencontre de lui . et nous a cfit que ledit Defhayes ayant enlevé damoifelle Louife Pitel*, fille du plaignant, environ le mois de juin dernier, duquel enlèvement et rapt il a rendu plainte, il feroit revenu un mois après apportant au plaignant un certificat de mariage difant avoir été marié en la paroifTe de Saint- Prix, vallée de Montmorenci ; le plaignant auroit difcontinué fes pourfuites croyant que le mal étoit fans remèdes et que, par la voie de la douceur, il pourroit porter ledit Defhayes au bien et à vivre en honnête homme avec fa femme : Même auroit avec ledit Defhayes et fadite prétendue femme pafé deux actes, Tun en forme de compte de la tutelle etadminiflration des biens que ledit plaignant a eue de la perfonne et biens de ladite Louife Pitel, fa fille, lors prétendue femme dudit Defliayes, et l'autre une obligation que ledit Defhayes et fadite femme lui ont pafTée folidairement pour des habits de théâtre fournis par ledit plaignant à fadite fille, le tout dans la penfée que leur mariage étoit fincère et véritable et qu'ils agifibient de bonne foi. Mais le plaignant a été
I. Louise Pitel, née à Lyon vers i6$$y et comédienne comme ses parents, était déjà veuve de Jacques Bertrand, maître perruquier, lorsqu'elle se laissa enlever, en juin i68$, par Jacques Deshayes, qu'elle épousa le 27 octobre suivant, à i'insu de son père, à Saint-Eustache. Louise Pitel, devenue veuve une seconde fois, se remaria en troisième noces, le 14 juin 1694, à l'acteur Baubourg. (Jal: Dictionnaire, p. 158.)
furpris que le vendredi 26 octobre dernier, heure de midi, étant devant fa porte, ledit Defhayes feroit venu à lui lui difant : « Tu empêches ton frère de venir à nos aâaires, Mordieu ! je m'en f.., et de toi auffi ! » A quoi le plaignant n'auroit rien répondu et fe feroit retiré. Mais le furlendemain, 27 dudit mois d'octobre, il auroit encore appris que la femme dudit Defhayes n'auroit agi avec lui dans les deux actes qu'il avoit paffés que par tromperie et fuppofition ; que le mariage qu'ils difoient avoir été célébré à Saint-Prix étoit faux et fuppofé, que le certificat qu'il en avoit exhibé au plaignant étoit une pièce fuppofée, et que le même jour, 27 octobre, ils avoient été mariés en la paroiffe Saint-Euftache de cette ville après une feule publication de bans et fur la fuppofition qu'ils ont faite à l'Églife qu'ils étoient demeurants dans l'étendue de ladite paroifie quoiqu'ils fuffent demeurans rue Mazarini^ paroiiTe Saint-Sulpice, au tems dudit mariage et en laquelle ils demeurent encore préfentement. Et comme le procédé dudit Defhayes eft criminel puifqu'il a commis le crime de rapt en la perfonne de la fille du plaignant ; que le mariage prétendu folennifé en l'églife Saint-Euftache n'eft pas tant un mariage qu'une fuite du rapt et féduction dudit Defhayes puifqu'il eft fait contre ledit Defhayes et au préjudice et mépris de l'autorité paternelle fans le confentement du plaignant qui efl père et tuteur, et encore contre les canons et décrets
i66 Beauval.
de l'Ëglife, d'autant qu'il n'a été précédé que d'une feule publication de bans et que ledit ban et prétendu mariage n'a pas été publié et célébré daiis la paroiâe des parties, il a été confeillé de nous venir rendre la préfente plainte.
Signé : Beauval ; Duchesne.
1692. — 13 août.
Plainte de Beauval contre unefervante voleufe,
(Archives nationales» Y, 14S00.)
L'an 1692, le mercredi 13» jour du mois d'août, neuf heures du matin, requis que nous avons été, Céfar-Vincent Lefrançois, commiffaire au Châtelet, en notre hôtel fis rue Beaurepaire, fommes tranfporté rue aux Ours en une maifon vis à vis la Rofe-rouge, chez un tourneur où étant monté dans une troifième chambre ayant vue fur ladite rue aux Ours, avons trouvé Jean Pitel fieur de BeauVal, officier du Roi ; lequel nous a dit qu'il y a environ fix jours, il auroit rendu plainte à M" Bizoton, aufii commififaire au Châtelet, et fait informer du vol qui lui auroit été fait par Angélique Bonnard, femme de chambre, de laquelle il auroit fait diverfes perquifitions depuis lundi 8 jours en cette ville de Paris et enfin auroit découvert que ladite Angélique Bonnard étoit logée
dans la chambre où nous fommes arec Ton .mari, auroit retrouvé dans fes hardes deux cornettes, une de petite dentelle du- Havre et Tautre d'une grande 4entelle large de ûx. i^gts de Malinesà double refeau, deux autres cornettes de linon rayé avec une petite dentelle à bride, un bonnet doublé de fiitâîne avec une dex^telle à bride et undefiftis.de bonnet aufli de linon rayé avec une petite dentelle de Malines à bride, une chemifeline à ufage d'homme; la dentelle faifànt le tour d*un corfetde fataine que' ledit fienr de-BeâUval auroit reconnus faire partie du Vol qui lui- a été fait. Ladite Angélique lui ayant emporté, otitre léfdites bardes, dans fon cabinet 56 louis d'or neufs et 14 écus neufs. Pourquoi* requiert notre tranfport à l'effet d'interroger ladite Bonnatd^.
Signé : Jean Pitel ; LEi^kANçois.
1694. — 4 juillet.
Plainte de Beauval contre des individus qUÎ avoietit coupé du feigle lui appartenat^t dans une pièce de terre attenant à fa mai/on de campagne de Monceaux.
(Archives nationales, Y, 13180.)
'an 1694, le dimanche 4® jour de juillet, fur les neuf heures du matin, en l'hôtel et par-devant