Lettres à sa sœur du 10, du 15 mars
qui ne songe qu'à exalter la créature chérie qu'elle a perdue, qu'à répéter le deuil subit, le deuil cruel qui, par traîtrise lui broya le cœur. A la fin même, le courage dïmaginer des scènes lui échappe ; le roman se termine par des sortes de lamentations rythmées où revient de page en page cette phrase :
Ah! comme on souffre et comme on pleure sur cette terre d'épreuves quand Dieu vient cueillir nos fleurs vivantes pour en parer le ciel * ! »
Pourtant Mlle Fleuriot était croyante, mais non par le libre choix de sa volonté. Si bien qu'après avoir écrit :
Je croisa ton bonheur, ô mon beau lys sans tache!...
Oui! tu refleuriras près du Verbe Eternel!...
Et mon cœur donne au tien rendez-vous dans le ciel!...
un doute lui traversait l'esprit et sa foi n'était pas assez vive pour Tempêcher de s'écrier :
Mais nos cris de douleur, dis-moi, les entends-tu ? Mon cri, ma sœur, ce cri qui déchire mon âme, Traverse-t-il des ci eux les sombres profondeurs Et vois-tu ton cercueil qui pèse sur mon cœur?
Une diversion d'idées s'imposait; elle finit pai