‹ Nouvelles promenades archéologiques:Chapitre 12 sur 94 · Ëpist., J · texte numérisé non relu

Ëpist., J

LA MAISON DE CAMPAGNE d’HORACE. ^ 49

toge. En les voyant ainsi accoutrés Tassistance éclatait de rire, et Mécène riait comme les autres. Je ne crois pas que ces railleries aient été fort sensibles à ceux contre lesquels elles étaient dirigées. Virgile, qui était distrait, ne s’en est pas aperçu ; Horace les acceptait de bonne grâce; mais, comme il était malin, il s’en est vengé à l’occasion. Ces grands seigneurs avaient leurs travers aussi et leurs ridicules, qui ne pouvaient échapper à un esprit aussi perspicace. La vie du monde était devenue alors fort exigeante et très raffinée, elle possédait son code et ses lois. Les dîners surtout avaient pris beaucoup d’importance, et on les regardait comme une véritable affaire d’État. Varron, toujours pédant et grave, même dans les choses légères, se chargea d’exposer didactiquement toutes les conditions que doit réunir un repas pour être accomplit C’était une science très compliquée: dans l’entourage de Mécène on se piquait de la pratiquer en perfection. Horace s’est moqué de cette prétention dans deux de ses satires : l’une où il nous montre l’épicurien Catius occupé à recueillir des préceptes de cuisine; l’autre où il raconte le dîner de Nasidienus, un de ces prétendus docteurs dans l’art de bien traiter les convives. Les deux peintures sont fort plaisantes; l’épicurien nous amuse par la gravité avec laquelle il débite ses préceptes, l’autre nous égaye par les soins fastidieux qu’il se donne pour maintenir sa réputation et les contretemps comiques qui dérangent ses projets. Ces railleries atteignaient des personnages connus, des amis de Mécène, et l’on

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