‹ Nouvelles promenades archéologiques:Chapitre 71 sur 94 · Æn., IX, 117. — 2. Ibid · texte numérisé non relu

Æn., IX, 117. — 2. Ibid

OSTIE ET LAVINIUM

temps primitifs qu’ils nous dépeignent, les hommes ont coutume de i apporter à une influence divine tout ce qui leur arrive. S’ils assistent à quelque violence des éléments, s’ils sentent s’élever dans leur cœur quelque ardeur furieuse, ils sont tentés de croire que la divinité n’y peut pas être étrangère. « Est-il vrai, dit un des héros de Virgile, que les dieux m’inspirent un grand dessein; ou chacun de nous ne se faitil pas un dieu des passions de son âme^? » C’est pour entrer dans cette idée que les poètes antiques représentent si souvent Mars, Minerve, Apollon, qui parcourent les champs de bataille, et, au moment critique, apparaissent à un combattant pour exciter son ardeur ou lui suggérer quelque entreprise : il se trouve presque toujours qu’ils ne lui conseillent que ce qui a dû lui venir spontanément à l’esprit. Quand Virgile nous montre Alecto soufflant la colère aux Italiens, à l’arrivée d’Énée, nous ne pouvons nous empêcher de penser que les Italiens devaient être par eux-mêmes fort irrités de voir un étranger qui débarque chez eux et vient sans façon s’établir sur leurs terres, sous prétexte que les dieux les lui ont données. Ailleurs, il nous fait voir Junon, Vénus et Cupidon, qui complotent ensemble de rendre Didon amoureuse d’Énée : avions-nous besoin de l’intervention de tant de divinités pour nous expliquer comment il se fait qu’une femme jeune et belle, qui a beaucoup aimé, s’éprend un jour d’un héros qui lui raconte d’une manière si touchante ses malheurs et ses aventures? On n’est pas surpris qu’Énée, quand

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