Pline, Epist., il, 17. — 2. Ibid.f i
croire qu’en fouillant le sol à cet endroit on pourra en retrouver quelques débris, c’est une illusion et une chimère. Les demeures des particuliers ne sont pas faites pour durer des siècles; celle de Pline, depuis Trajan jusqu’à Théodose, a dû souvent changer de propriétaire; et, comme chacun de ses nouveaux maîtres a voulu sans doute l’accommoder à ses goûts et à sa fortune, il est probable que, si elle existait encore à la fin de l’Empire, ce n’était plus la même maison. Nibby a donc bien raison de dire qu’il ne reste plus rien d’elle que l’agréable description que Pline nous en a laissée.
Tor Paterno — Caractère des ruines qu’on y trouve. — La villa de Commode. — Marche d’Énéc sur Laurente. — L’embuscade de Turnus. — Situation probable de Laurente.
Après avoir parcouru ce désert pendant plusieurs kilomètres, nous apercevons enfin devant nous une vaste habitation, aux formes étranges et massives. C’est Torre di Paterno, ou, comme on dit ordinairement, Tor Paterno, une très grande ferme, qui appartient au roi dTtalie. Elle est située à peu de distance de la mer, à laquelle conduit une allée d’arbres qui se termine par un petit pavillon construit au milieu des sables du rivage.
Ce qui fait pour nous l’importance de cette ferme, c’est que presque tous les savants prétendent qu’elle
LAURENTE
est bâtie sur l’emplacement de Laurente. L’illustre antiquaire Fabretti fut, je crois, le premier qui émit cette opinion L A propos d’une inscription qu’il étudiait, et qui avait été trouvée dans cette contrée, il raconta qu’il avait vu à Tor Paterno des ruines considérables, et qu’il ne doutait pas qu’elles ne fussent le dernier débris de la ville de Latinus. Il ajoutait que, comme il avait quatre-vingts ans, il craignait beaucoup de n’avoir ni la force ni le temps d’en donner la preuve. En effet, il ne l’a donnée nulle part, mais on l’a cru sur parole, et son opinion a fait fortune. Quand on arrive à Tor Paterno, les yeux sont d’abord frappés par une belle inscription moderne, qui affirme que nous sommes bien à Laurente, dans le pays même qui a été le berceau de Rome i
LAVRENT VM
ROMANAE VRBIS INCVNABULA.
L’inscription rappelle ensuite que, le 13 octobre 1845, le pape Grégoire XVI, amateur zélé de l’antiquité, a visité ces lieux, et que « les campagnes ellesmêmes tressaillaient d’allégresse de l’honneur que leur faisait le souverain pontife». Cette noble visite semblait consacrer officiellement le droit de Tor Paterno à se confondre avec Laurente.
Il est certain qu’on trouve à Tor Paterno et dans les environs des ruines considérables, et qu’on est tout d’abord porté à croire qu’un lieu où l’antiquité