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formé en club, chaque caté — et il y en avait beaucoup __ arborait sa cocarde. Les muscadins aux lourds gourdins et aux collets noirs avaient fait du Café de Foy leur quartier général. En juillet 1791, après les en avoir chassés, les Jacobins purifièrent l'établissement : ils y brülèrent du genièvre et plantèrent à la porte une potence aux couleurs nationales; le lendemain, les ci-devant, revenus en force, reprenaient possession de leur local saccagé et à leur tour y allumaient de l’encens !
Louis XVI est condamné à mort et le 20 janvier 1793, veille de l’exécution, dans les caves du traiteur Février,
manège, transformable en salle de bal et de fêtes. Un sieur Rose le loue et en fait un théâtre, où se mélangent la politique et les plaisirs. On y joue la comédie ou l’on y donne un concert suivi de bal, et, le lendemain, on loue la salle aux Amis de la Constitution, au club de la Bouche de fer ou au Club ‘social, dont Claude Fauchet, évêque constitutionnel du Cavaldos, qui s’intitulait « Procureur général de la vérité », présida l'une des premières séances.
En 1798, ce cirque, après une dernière transformation en Lycée des Arts, brûla définitivement.
En même temps qu'on élevait le cirque et pour remplacer un cadran solaire insuffisant, on installa le petit canon du Palais-Royal sur la ligne du méridien de Paris, qui passe par le jardin du Palais- Royal.
A midi, en été, le canon tonne, et une gravure des « Modes et Manières du Jour » nous montre un fort lot de Parisiens et d'étrangers remontant gravement leurs montres au moment précis où éclate cette minuscule artillerie.
Cette innocente bouche à feu, qui n'a pas subi les transformations modernes, continue à renseigner les boutiquiers du Palais-Royal sur l'heure du méridien. et est inscrite au budget de la Ville pour une somme de 450 francs, frais de poudre et d'entretien.
au jardin « Égalité » (tel était alors le nom nouveau du Palais-Royal), l’ex-garde du corps Päris, transperce de son sabre le conventionnel Lepeletier qui y prenait son repas entre deux séances de la Convention, et c’est chez un coutelier installé sous l’arcade 177 que, le samed: 13 juillet 1793, Charlotte Corday acheta pour deux francs le couteau de cuisine qu’elle plantait le soir même dans la poitrine de Marat. | Pendant toute la période révolutionnaire, le Palais- Royal héberge les irréductibles gastronomes auxquels le terrorisme n’avait pas coupé l'appétit (1). Là également se rencontraient les rares plaisirs « secouant leurs grelots » sur Paris apeuré. Il y avait bien quelques ombres à la gaieté publique !.. Ainsi, les dîneurs sortant de chez les restaurateurs Méot, Beauvilliers (2), Masse et Véry, où ils venaient de vider quelques bouteilles poudreuses prove- nant de la cave du « ci-devant tyran » et de choisir entre. les « seize espèces de liqueurs indiquées sur la carte », se
(1) Les fédérés boivent, au Café du Caveau ou à la Grotte Flamande, des bouteilles de bière anglaise ; les Feuillantistes se réunissent au Café de Valois, rue des Bons-Enfants; alors, les Fédérés du Caveau envahissent le Café de Valois, déchirent le Journal de Paris et ‘bâtonnent les Feuillantistes… Au coin de la rue Montpensier, les pro-. vinciaux se pressent au Café Mécanique, où le service se fait par les colonnes creuses des tables. Le propriétaire, esprit rétrograde, es: sabré pour avoir voulu s'opposer aux chants sanguinaires du Ça Lre e. les sept arcades du Café de Foy sont, dès 1789, les portiques de la Révolution. PET: ,
(2, En 1790, Beauvilliers s'était rendu acquéreur de trois arcades du Palais-Royal au prix de 157.500 livres. LR,
croisaient parfois, vers les six heures du soir, en $e rendant au Vaudeville de la rue de Chartres — sur l’emplacement actuel du ministère des financés, — avec les charrettes des condamnés à mort gagnant par le faubourg Saint-Honoré la place de la Révolution! Mais la vie humaine comptait alors pour si peu que l’on n'avait pas le temps de s’attendrir à ces menus incidents. On échan-